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« La vie est belle » : Les Parisiens déclarent leur amour pour la Ville Lumière à travers d’intimes témoignages

« La vie est belle » : Les Parisiens déclarent leur amour pour la Ville Lumière à travers d’intimes témoignages

Paris est bien plus qu’une ville : c’est un véritable symbole. De liberté. D’amour. Mais aussi de résistance. Et que serait Paris sans ses Parisiens ?

Ces hommes et femmes riches de traditions, de religions et de cultures différentes mais unis dans le respect des autres.

Fiers de leur capitale, les Parisiens prennent la parole pour exprimer ce qui fait de Paris une Ville Lumière illuminant les rêves de chacun. Car oui, la vie est belle à Paris !

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François, 33 ans,

rencontré à la Cantine des pieds nickelés

 

« Paris, j’y débarquai le coeur pincé voici treize années. Bourguignon de racines, j’y apportai mon amour des vins, de la chère, mes passions dévorantes et mon appétit d’enfant pour les technologies qui emplissent notre quotidien. Parce que Paris, plus que toute autre ville de ce cher pays, on y apporte tous de nous, ce n’est pas un temple immuable, un monde figé dans lequel il faut trouver sa place. Cette place, on la creuse avec son âme, avec sa joie, avec son coeur. C’est une entité vivante, une ville dont on prend le pouls sur le bord d’une terrasse, accoudé au comptoir matinal, le café à la main à écouter deviser des habitués du quartier. Paris, c’est une vaste lilipute où l’on se croise allègrement, où chacun se connaît de loin en loin.

Encore étudiant, mon tuteur d’anglais nous avait fait cette étonnante remarque “Paris is a walkable city” (traduisez “Paris se laisse arpenter à pied”)… Tellement vrai ! Alors, les métros étaient mon antre, je ne connaissais Paris que par bouffées, par quartiers que reliaient le réseau centenaire. Jamais encore je n’avais eu l’idée de déambuler entre deux rendez-vous, de me promener au gré du hasard. Ce n’est qu’alors que je compris Paris, ses troquets, ses ruelles, ses villages, ses mille ambiances, cette vie papillonnante aux terrasses fleuries et caféinées. Il me fallut bien des années pour apprivoiser ce monde trépidant, cette vaste fourmilière aux cent quartiers, aux mille clochers, aux millions d’âmes. Paris, j’y ai pris mes aises, en ai goûté les quartiers, de la rue des Cinq Diamants, au square des Batignolles ; du parc Montsouris, au parc des buttes Chaumont.

Depuis, j’ai élu domicile au centre de la bête, dans le plus à l’étroit de ses arrondissements, dans cet amas de rues où se côtoient pêle-mêle cent monuments mondialement connus, de l’opéra Garnier au Louvre en passant par la Comédie Française, le Palais Royal ou le Palais Brogniart. C’est un quartier grouillant, où l’on peut à toute heure se délecter des meilleurs okonomiyakis du pays, rue Sainte-Anne, humer les odeurs de café fraîchement torréfié, rue des petits champs, faire un détour passage Vivienne, dans ce vestige bourgeois des passages couverts du XIXème siècle, pour enfin se poser à son aise à l’un des centaines de troquets, bistrots, bars et restaurants qui jalonnent le chemin nous ramenant à l’ancienne Halles aux grains, depuis Bourse du commerce, qui marque l’entrée dans le quartier des Halles. On pourrait en faire le tour mille fois et y découvrir encore quelques traces oubliées du passé parisien.

En treize années, j’y ai fait mes souvenirs, dont celui-là que je vous livre et où quelqu’un se reconnaîtra. C’était, voici sept années, lors des premiers frimas. Attablé dans un petit restaurant feutré en hauteur de Montmartre, j’attendais un ami, le calepin sur la table à griffonner quelques mots. Les souvenirs sont encore frais, son sourire toujours aussi carnassier, ses cheveux en pétard et les confits d’agneau piqués d’une branche de romarin fumante qui s’avançaient vers nous en embaumant la salle. De verres de vin en tasses de thé, la soirée s’avança sans que nous y prenions garde. Je décidai alors de finir la soirée au grand air de novembre. L’ami m’accompagna et nous descendîmes la butte pour rouler doucement au gré de nos échanges jusqu’au creux de la Seine, sur une berge de pierre à regarder miroiter les lueurs de la ville sous un vieux saule qu’on avait laissé là. C’était un de ces soirs de romance, un moment hors du temps dans cette ville qui ne vieillit pas… »

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Alyssa, 37 ans, et sa fille Stella, 5 ans,

rencontrées dans le Marais

 

« J’ai quitté Paris pour la Province en 2010 après y avoir vécu pendant une dizaine d’années. Paris me manquait, la tranquillité du Sud n’a pas pu me faire changer d’avis et je suis revenue avec ma fille, Stella, âgée de 5 ans.

Malgré ce que nous pouvons entendre concernant cette ville stressante, ses gens pas souriants, ses problèmes de transport, son insécurité… Paris reste belle parce que je la découvre chaque jour, elle est riche en Histoire, en culture et en diversité, et nous pouvons y faire des rencontres étonnantes.

Je suis heureuse de montrer à ma fille tous les endroits que j’aime tels que la rue Daguerre du 14ème arrondissement dans laquelle j’ai vécu et le magnifique jardin du Luxembourg du 6ème, où nous aimons flâner. J’adore aller au théâtre avec elle pour la voir « pleurer de rire ». J’ai encore tant de choses à lui faire découvrir…

Bien évidemment, après les tragiques événements de ces derniers jours, j’ai peur pour elle, peur de l’avenir que nous réservons à nos enfants. Mais nous devons être solidaires, être moins individualistes, tendre la main à ceux qui en ont besoin si nous avons la capacité de le faire, profiter de chaque instant, librement.

Originaire de l’Asie du Sud-Est, ma mère a fui la guerre pour que ses enfants aient la chance d’avoir une vie meilleure dans un pays libre et a toujours été reconnaissante envers la France, notre pays d’accueil, notre pays de cœur. Elle nous a inculqué avec sagesse et humilité le respect des valeurs humaines et c’est le plus bel héritage qu’un parent puisse donner à son enfant.

Je garde l’espoir que ma fille puisse se souvenir d’une enfance sereine et positive que nous soyons à Paris ou ailleurs… et c’est pour cela que nous continuerons à vivre en toute liberté, égalité et fraternité. »

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Bilal, 24 ans,

rencontré sur le Pont de Bir-Hakeim

 

« Je suis parisien depuis ma naissance.
Je suis né, j’ai grandi et je vis à Paris.

J’adore cette ville car on est tout le temps en découverte de lieux qui deviennent des « place to be », que cela soit quelques temps ou pour toujours.

En se baladant dans Paris on peut découvrir la beauté de certains bâtiments, de certains lieux, l’endroit où on rencontre une personne que l’on va aimer ou avec qui on va juste devenir de bons amis. Paris est vraiment une ville où je suis content d’habiter, de travailler, de me promener, de sortir avec mes amis car ce sont ces souvenirs que je n’oublierai jamais.

Je suis assez attaché au Marais pour toutes les sorties que j’ai pu faire, mais ce que j’aime par dessus tout, c’est de me balader près des monuments surtout Montmartre et le Champs de Mars.

L’expérience parisienne et mes origines moitié algériennes font que je comprends Paris dans tout ce mélange de population et de catégories sociales.

Et c’est ce qui fait que j’adore par-dessus tout cette ville. »

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Virginia, 33 ans,

rencontrée devant le Bataclan

 

« J’ai voulu venir à Paris…
Tu es devenue ma fantaisie, j’ai fait mes valises et déménagé ici.

Je me suis laissée engloutir par ce rêve gigantesque…
En réponse, tu m’as prise dans tes bras.

Aveuglée, je n’ai jamais connu la solitude…
En récompense, j’ai eu une bande d’amis-héros magnifiques.

Toujours infantilisée, je t’ai suivie comme on suit un oracle, avec détermination et confiance. Je me suis retrouvée dans une drôle d’aventure, j’ai appris un milliard de choses, oublié une centaine d’autres et ça aurait été impossible sans toi.

Je te parle souvent Paris, tu as l’identité d’une grande dame qui donne et qui enlève avec grâce, et je t’en suis très reconnaissante car, parfois en m’enlevant des choses, tu m’en as toujours données, toujours dans une position de sœur ainée, et j’ai compris…

Qu’ici c’est chez moi, que c’est la magie, que c’est Paris, et que Paris…
Je t’aime beaucoup Paris. »

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Aurélien, 24 ans,

rencontré près des Invalides

 

« J’ai choisi de vivre dans le 14ème en raison de la densité de population moins forte que dans d’autres arrondissements, notamment de la rive droite de Paris.

Je m’y suis immédiatement plu.

Mon appartement donne sur une petite rue piétonne bordée de maisons, ce qui me donne l’impression de vivre dans un petit village. Pas de bruit de voitures, ni de sirènes de pompiers ou de police.

J’aime beaucoup fréquenter les petits commerces alentours : me rendre chez mon caviste et mon fromager que j’ai appris à connaître. Je vis à proximité du Parc Montsouris, immense espace vert et réservoir d’oxygène très propice aux promenades le week-end.

Enfin, j’apprécie déambuler dans les petites rues près de chez moi pour me libérer l’esprit, car mon arrondissement regorge de ruelles cachées qui contribuent à véhiculer une atmosphère provinciale. »

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Asmaa, 18 ans,

rencontrée au Café Martin

 

« Je souhaitais partager ce que j’ai sur le coeur à travers un poème.
Mon amie Amina m’a aidé à trouver les mots.
Voici :

Pas de place pour la haine
L’heure est à la peine
Nos larmes ne sont pas vaines
Français de souche ou réfugiés
Tous unis nous sommes venus pour toi prier
Nos origines sont diversifiées
C’est ce qui fait ta beauté
Ne laisse personne te l’ôter
N’oublie jamais :
Bleu, couleur de la fraternité
Blanc, couleur d’espoir et de paix
Rouge, couleur des sangs mêlés
Blanc, noir, beur
Vendredi, ils ont tous été tués
Retirés des âmes avec énorme lâcheté
De là renaît la solidarité
Tous unis pour ta liberté
Paris, mon amour
D’Est en Ouest, on t’a chanté
Du Nord au Sud, on t’a pleuré.

La peur tente de triompher
Mais il ne faut surtout pas céder
Paris, ville de lumière et de gaieté
Aux parfums de printemps,
Aux balades sur tes boulevards,
Aux amoureux sur tes quais de la Seine,
Au jardin du Luxembourg ensoleillé,
À la foule sur le parvis des Droits de l’Homme,
À la place du Panthéon agitée,
Au stress des passants à Châtelet,
Aux artistes de rue aux Champs Elysées,
À l’art dans tes plus beaux musées,
À tes bars et théâtres animés,
À tes écoles et universités prestigieuses.
Pour tout ton patrimoine,
Paris, reste forte
Paris, n’aie pas peur
Paris, ville de l’amour, de fête,
Ne baisse surtout pas la tête.
Tous unis pour te soutenir
Prends-nous la main
Pour retrouver ensemble le sourire
Pour un meilleur lendemain
Sans pleurs ni haine ni amalgames

Pour l’amour et l’égalité
Pour la joie et la fraternité
Je t’en supplie assume ta pluralité
De mille couleurs, tu nous éblouis
Crois en tes enfants
Grand, petit, noir ou blanc
Athée, Chrétien, Juif ou Musulman
Tends leur tous ta main
N’oublie jamais que la haine n’engendre que plus de haine
Soit noble, Paris
Choisis la Paix
Et restons unis à jamais. »

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Gautier et ses deux colocataires,

Anne-Flore et Thomas, tous âgés de 22 ans,

rencontrés près de la Porte d’Italie

 

« Notre vie à trois à Paris, elle se passe dans tous les quartiers, mais elle commence tout d’abord chez nous, dans le 13ème. De retour d’un week-end à la maison, dans le Nord ou dans le Sud, nous nous réunissons autour d’une petite chicha dans le bar juste en bas de notre appartement, parfum pomme menthe ou au raisin, sans jamais oublier notre petit thé marocain. C’est aussi ça, Paris, des moments de convivialité, de rencontres et de partages. Le matin, c’est pas toujours facile du 13 au 18 ; Suresnes ou Odéon, on a chacun notre petit périple matinal. On se sépare après avoir petit-déjeuné pour retrouver nos habitudes individuelles, notre wagon et toujours les mêmes têtes ! Et évidemment, c’est la tête collée à la vitre qu’on passe le trajet…
Mais dans la vie il n’y a pas que le « métro-boulot-dodo » et ça Paris l’a bien compris !

En sortant du boulot, il y en a vraiment pour tous les goûts (et les saisons !). L’été, on se retrouve plutôt aux Invalides avec d’autres amis, c’est assez central, donc pratique. Et puis n’oublions pas les “happy hours” de Châtelet, de Répu ou de Strasbourg-Saint-Denis ! Paris a toujours un endroit atypique à nous faire découvrir. Lors des longues soirées d’été, les parcs parisiens sont les plus appropriés pour nos tournois de pétanque en famille. Car oui, Paris dispose aussi de ses flèches de la boule grise, que tu tires ou que tu pointes au final, c’est sur une terrasse éclatante de sourires que la partie se termine.

Mais Paris c’est aussi, et surtout, la tour Eiffel. Le 14 Juillet a été mémorable pour nous. Après près de 7 heures d’attente, au milieu de milliers de parisiens et autres provinciaux comme nous, nous avons été tous les trois ébahis devant la fameuse Dame de fer. Assis sur le champs de Mars, bières, saucissons à la main, soleil dans le dos et joie dans nos cœurs, attendant un feux qui aura illuminé nos yeux, Paris, dans son style simple et élégant, nous a offert un spectacle que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

Merci Paris pour les moments de joie que nous partageons dans tes lieux. Une petite balade, ou un petit verre, tant de bonheur de vivre dans la Ville Lumière. »

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charlotte-soofresh-1

Charlotte, 28 ans,

rencontrée sur les quais du canal de l’Ourcq

 

« Paris, ville de l’amour, étendard de la culture et de la liberté…

En fait à mes yeux, se réveiller à Paris chaque jour, c’est un peu comme un matin de Noël. J’y habite depuis maintenant deux ans, et je n’ai pas encore vu le 100ème de ce que cette ville a à m’offrir, et je ne suis pas sûre d’y arriver un jour, même si je venais à y passer 30 ans de ma vie, et c’est aussi ça, la magie de Paris.

La question que j’entends le plus fréquemment ici c’est « Est -ce que tu connais tel endroit ? », et au risque de passer pour la Parisienne à côté de ses pompes, ma réponse reste bien souvent la même : « Non, mais j’adorerais découvrir ». (Mais en vrai, moi, je suis ravie !)

Si je devais faire une « to-do list » rapide, j’irais dans les Catacombes, au Manoir de Paris, à la galerie Sakura, au Baranaan, au Musée d’Art Ludique, au Jardin Alpin, à la Maison Deyrolles, à celle de Nicolas Flamel aussi, à la Fondation Cartier, au Grand Rex, Chez Papillon, au Badaboum, à la Cigale, au Pont des Arts, à Notre Dame, aux Tuileries, au Quai Branly, au Sacré-Coeur, dans le Marais, aux Abbesses, rue Mouffetard… Et tellement plus encore.

En fait Paris, au fond, c’est un peu comme dans le sac de Mary Poppins, tu ne sais jamais ce que tu vas y trouver, mais tu sais que ce sera forcément cool et improbable.

Chaque jour Paris me donne mille raisons de sourire, de rire, de m’émerveiller, de pleurer aussi, de la vanter, de la soutenir, de l’aider à se relever si elle trébuche…

Je suis fière d’être Parisienne. »

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Anthony, 32 ans, et Fabrice, 41 ans,

rencontrés au Dunkerque

 

« Paris, ville de libertés. Amoureux depuis quelques mois, nous avons la chance de pouvoir nous aimer au grand jour – sans retenue – et faisons exploser notre bonheur.

À Paris, il nous est impossible de nous ennuyer : nous avons tout le temps des amis à retrouver, des endroits à explorer.

Nous profitons pleinement de la vie, auprès des gens que nous aimons.

Nous avons la chance d’aimer les choses simples de la vie. Et pour ne pas citer Léonard de Vinci : “Simplicity is the ultimate sophistication” (“La simplicité est la sophistication ultime”).

😉 »

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May, 19 ans,

rencontrée au Cent Quatre

 

« J’ai quitté Francfort-Sur-Le-Main, en Allemagne, lorsque j’avais 9 ans et je suis arrivée à Paris il y a 10 ans. Une chose est sûre, c’est que je n’avais aucune idée de la façon dont j’allais bien pouvoir « apprivoiser » cet amas de fraîcheur (symbolique, vu la pollution) qu’est Paris. Et puis, je grandis, je construis des souvenirs mais aussi des habitudes dans cette beauté qu’est Paris.

À Paris, selon le quartier, je suis une personne différente. J’imagine être cette fille raffinée quand je lis, vêtue d’un trench, La Délicatesse au jardin du Luxembourg. Je suis cette fille un peu « in » quand je me balade dans le Marais, à la recherche de LA pièce vintage dans les friperies. Je suis cette artiste qu’on dit « un peu perchée » quand je vais danser à Bastille ou au 104, près du métro Stalingrad. Je suis la hipster très agaçante mais – avouons-le – ultra attendrissante quand je parle, un mojito pas bon à 15 euros dans les mains, des enjeux du web, pendant un afterwork dans le 11e.

Je suis dans ma bulle, quand, les yeux fermés, je ressens les basses, en boîte techno ; quand, une baguette à la main, je fais un détour par Montmartre pour rentrer chez moi ; quand, de ma fenêtre, je photographie la lune jaune qui donne sur les toits de Paris (et là je pense à Ratatouille). Je me sens vivante quand, le dimanche, je brunche à La Rotonde ou au Sésame avec ma famille, avec mes amis.

Je me sens libre quand j’habite à Paris.

Libre de m’exprimer, à travers la parole ou le mouvement, libre d’aimer et de désirer, libre d’être cette Parisienne insupportable, libre d’être, tout simplement. »

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Mathieu, 25 ans,

rencontré sur la Place de la République

 

« Vivre à Paris a toujours été un rêve pour moi.

Tout petit déjà, j’étais fasciné par ces rues, ces monuments, ce flot de personnes auquel on ne peut presque jamais échapper. Je me souviens de mes premières expéditions en solo ; une boule de stress à l’estomac de peur de ne pas savoir comment retrouver l’appartement de ma tante.

Il faut comprendre que je viens de Jarnac, petite ville de Charente comptant à peine cinq-mille habitants et dont la diversité ethnique, du moins au collège, s’est longtemps limitée à trois personnes. Je ne parle ici que de la diversité dans les couleurs de peau. Les réflexions à propos de celle-ci étaient d’ailleurs légion.

Mais quand je venais à Paris, plus personne ne faisait attention à moi, j’étais enfin devenu quelqu’un de normal qui pouvait gambader au milieu de tous sans s’attirer de regards déplacés.

Vivre à Paris est donc devenu un objectif.

Après l’obtention de mon bac, je pensais pouvoir débuter mes études de droit dans la capitale mais le destin en décida autrement et je dus partir pour Bordeaux. Un contretemps de six ans que je ne regrette absolument pas mais je ne me suis jamais dit que je pourrais rester y vivre.

Enfin, me voici en mai 2014, débarquant à Paris pour un stage en création publicitaire. Le droit n’était pas fait pour moi. Par chance, je trouve un très bon plan vers Belleville, ce quartier que j’ai toujours adoré par sa diversité et son ambiance. Un village dans Paris. Il est si agréable d’y vivre que je peux faire ma vie dans un rayon d’un kilomètre autour de mon appartement.

Les prix y sont encore normaux et même parfois extraordinairement bas pour ce qui est des bars. Chose très importante, vous en conviendrez.

Par chance, mes amis aiment ce quartier et y vivent aussi. Nous sommes plus d’une dizaine de Charentais et de Bordelais à vivre à moins de 600m à la ronde.
Nous avons tous été marqués par l’accueil des commerçants, loin du cliché du Parisien que les provinciaux s’évertuent à perpétuer.

Lorsque je fais mes courses, je dois toujours prévoir plus large car je sais que je vais discuter avec mon caissier, puis mon buraliste avant de terminer par un de mes voisins. D’ailleurs, toutes ces personnes sont déjà venues à la maison pour passer une soirée. Je ne pensais pas qu’elles accepteraient mais ils m’ont prouvé le contraire.

Pour ce qui est de mes activités, j’avoue passer beaucoup de temps sur les jeux vidéo, comics, BD, livres en tout genre. Toutefois, je flâne aussi beaucoup dans les rues de Paris pour tenter de découvrir des petites rues, des bâtiments ou des parcs que je pourrai à mon tour faire découvrir à mes amis.

Vous savez, c’est comme dissiper ce brouillard de guerre dans Age of Empire. Plus vous avancez, plus vous découvrez la carte. J’ai d’ailleurs compris que je prenais le métro pendant parfois 15 minutes pour des trajets que je pouvais faire à pieds en largement moins de temps.

J’aime surtout m’asseoir dans le métro et regarder les gens y monter ou en descendre. Je fais ça en terrasse de café aussi. J’aime leur inventer des vies mais surtout, j’aime entendre toutes ces langues parlées autour de moi.

Admirer les styles de chacun en tombant parfois sur des extravagances toutes aussi remarquables qu’assumées.

C’est certain, les gens se regardent, ont des opinions sur les autres badauds mais tous ont certainement cette petite phrase en tête : « Oh et puis on s’en fout, on est à Paris. »

Vivre à Paris, c’est accepter de vivre avec l’autre tout en ayant la possibilité d’être réellement soi. »

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Geoffrey, 23 ans,

rencontré sur la Place Cambronne

 

« Ce qui m’a tout de suite plu en arrivant à Paris, c’est la diversité de ses quartiers et de ses habitants.

Mais c’est aussi la multitude des lieux où l’on peut sortir entre jeunes, pour se rencontrer, échanger et s’amuser ; rendant cette ville vivante, de jour comme de nuit.

Je réside dans le 15ème arrondissement, dans un quartier avec une véritable mixité générationnelle, puisque se côtoient des étudiants, jeunes actifs, familles, et seniors.

J’aime vraiment ce quartier, avec son patrimoine architectural, ses métros aériens, ses parcs et jardins. Aussi, bien sûr, les bars et bistrots à chaque coin de rue, qui participent à l’image d’une ville au cadre de vie agréable, une ville festive, conviviale, ouverte…

Ce Paris que j’aime tant. »

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Edwina, 31 ans,

rencontrée au Klay

 

« Dans le cœur du Sentier, Montorgueil d’un côté, les Grands Boulevards de l’autre, j’aime tout mon quartier, et même mes voisines les prostituées de la rue Saint-Denis ! Je m’y sens bien, c’est chez moi, et j’y resterai.

Il est impossible de positiver en restant enfermée chez soi devant BFMTV, j’ai une grosse envie de faire un énorme câlin à chaque personne que je croise, c’est fou comme sensation.

Depuis quelques mois, je me suis reconvertie dans le métier de l’humour, en montant une agence d’humour pour les entreprises. Ce projet qui pourrait être qualifié de léger, de divertissant, est devenu lourd de sens et engageant.

Mon client m’a demandé si on voulait maintenir un one-man-show personnalisé pour un séminaire, seulement 3 jours après le drame. Nous n’avions aucune envie de rire, mais une très forte envie de « faire rire », d’apporter de la joie, de lutter.

Être humoriste, pour moi, c’est « aimer apporter le sourire, le rire, la joie », sur scène ou ailleurs. Mais, depuis vendredi dernier, c’est également une mission sociale parisienne. La soirée de mardi n’a pas été annulée, pour d’autant plus faire « chier les fondamentalistes », et doublement puisque mon client…. c’était une marque qui vend de l’alcool.

Et ce fut un moment merveilleux, chacun a pu se changer les idées, rire, tous ensemble, et lutter, tous ensemble, pour montrer que nous sommes là.

Mes meilleurs moments dans mon quartier, c’est quand je teste un nouveau resto avec mon amoureux ou mes amis mais aussi quand je marche pour aller au théâtre, pour jouer ou voir un ami jouer. J’avoue être addict, complètement droguée à la joie de vivre d’autrui.

Et je m’éloigne un maximum des messages de haine et de division. »

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Roland, 42 ans,

rencontré lors d’un trajet en voiture

 

« J’ai beaucoup voyagé avec mon père et je peux aisément dire que Paris est la plus belle ville du monde. Je le pense sincèrement : Paris est une ville de merveilles. Pour ses monuments, son histoire profonde et l’ensemble de sa culture, j’adore vivre et travailler ici.

J’ai d’ailleurs repris mes études à 42 ans et la vie étudiante y est exceptionnelle !

Je suis arrivé à Paris lorsque j’avais 9 ans et cette ville m’a toujours rendu positif et souriant. C’est d’ailleurs ce que j’essaye de véhiculer à mes trois enfants. Ils adorent se balader dans le jardin d’acclimatation, cela leur apporte du calme et de la nature. Personnellement, j’apprécie traverser tous les ponts de Paris en compagnie de mes bambins, c’est assez rigolo de voir passer les bateaux-mouches en-dessous.

Cela me rappelle mon enfance et les balades que je faisais avec mon père. C’est peut-être bête mais le premier souvenir que j’aie de Paris, c’est la tour Montparnasse. J’ai trouvé ça incroyable ! Du haut de mes 9 ans je me disais « oh la la, mais c’est quoi ce truc ? »

C’est vrai qu’avec un peu de motivation, on peut faire à peu près n’importe quoi. Et je parle vraiment en connaissance de cause : j’ai travaillé dans une banque, j’ai collaboré avec des avocats, j’ai créé une société de transport avec chauffeurs et demain j’espère devenir pilote en aviation privée.

Paris c’est la ville de tous les possibles ! »

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Julie, 21 ans,

rencontrée dans la rue Monge

 

« Je savais pas trop quoi faire comme études à la base, je voulais juste aller en fac d’anglais mais je me suis foutue en prépa littéraire. Du coup, je me suis retrouvée à Paris, alors que j’avais vécu à Tahiti toute ma vie.

Tahiti, une île minuscule dans le Pacifique, avec 180 000 habitants. Paris ? Paris, beaucoup trop de gens, des transports tout gris, de la pluie. Elle est où la plage ? Les gens qui se connaissent tous et qui discutent en se souriant et en se tutoyant ?

Pfolala. Ma première année était catastrophique ; j’étais en banlieue, sans famille, et en prépa. Les insomnies, le stress, je prenais même pas le temps de visiter la belle capitale. Un jour, j’ai pété un câble : j’avais l’impression de devenir comme tous ces visages ternes dans le métro qui prennent même pas le temps de lever la tête pour voir qu’il y a une femme enceinte qui cherche une place.

Alors j’ai pris mes écouteurs, j’ai marché, j’ai pris n’importe quel transport et j’ai découvert la ville. Ses rues cachées, ses spots inconnus, des endroits abandonnés largement plus beaux que le Champ-de-Mars. Dans le métro, je me retrouvais à parler à des inconnus avec un grand sourire. Je n’avais pas envie de me perdre. Je me disais “merde, cette capitale consommatrice ne va pas m’achever !” Il faut que je reste moi-même : avenante, souriante, curieuse.

Et puis les années passent et je me rends compte que j’ai débarqué à Paris avec un très mauvais préjugé : les Parisiens, c’est des cons. Alors certes, les Parisiens, c’est des personnes stressées, mais c’est surtout des gens soudés et ouverts. Combien d’amis me suis-je fait en parlant avec des inconnus dans le métro, à rester assise sur un banc avec un vieux dans un square, à aider les touristes. Aider les touristes ! Je suis tellement fière de me dire que Paris est devenue ma deuxième ville au point que je peux aider des étrangers, personne que j’étais il y a encore quatre ans pour Paris.

Tahiti et Paris, c’est pas la même chose, mais je suis heureuse de voir que j’ai été capable de m’intégrer dans une si grande ville, et de voir que cette dernière m’a tout autant intégrée en acceptant ma culture.

Je ferai pas ma vie ici, je veux quand même retourner sur mon île, mais Paris restera dans ma tête : les cafés, les petits sourires entre deux personnes quand une troisième fait une gaffe dans le métro, les vieux dans les parcs, les Buttes-Chaumont, la grosse couette sous les toits par temps de pluie. Les boîtes de nuit “underground” où tu peux te ramener en Vans, les discussions avec des inconnus sur un quai à s’échanger nos bières, les kebabs. Oui, les kebabs, une putain de découverte pour moi qui mange du thon la plupart du temps à Tahiti.

Paris c’est un mélange de tout et n’importe quoi, ça donne un truc génial, une atmosphère différente à chaque rue, c’est une découverte perpétuelle. »

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Simon, 23 ans,

rencontré au Dernier Bar avant la Fin du Monde

 

« Ça va faire bientôt trois mois que je suis à Paris, et j’ai l’impression que je ne finirai jamais d’être ébloui par cette ville.

Seulement, la chose qui m’a fait choisir Paris face à d’autres villes restera sûrement l’accès à la culture. En trois mois, j’ai pu faire deux fois plus d’expos que dans le reste de ma vie. Et je vous laisse imaginer à quel point il est difficile de se procurer des comics à Jarnac (ville où j’ai grandi).

Ici, à Paris, il y une rue entière que pour les comics ! Rue de Dante, 150 mètres et 6 magasins comics/produits dérivés, en plus des deux bars sur les thèmes de la BD et de Star Wars. Je suis comme un gamin ici.

J’ai pu participer à la Comic Con de Paris en Octobre dernier, mais à Paris, on peut croiser des gens dans les bars qui ont un t-shirt Star Wars ou un tatouage Batman et simplement discuter si, oui ou non, l’essence d’avion peut faire fondre des poutres d’acier.

C’est comme avoir internet en direct, et c’est franchement pas mal. »

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Marine, 28 ans,

rencontrée à la station de métro Passy

 

« Pour certains de mes amis ne vivant pas à Paris, la ville ne paraît pas si séduisante vue de l’extérieur et semble bien impersonnelle…

Mais Paris est une ville où la vie de quartier existe et où les personnes se rencontrent, plus qu’elles ne se croisent au hasard des rues. Moi, par exemple, je les rencontre au marché, le samedi matin sur la place d’Auteuil, ce petit village que j’aime tant… Les visages anonymes sont devenus familiers, d’autres amicaux mais aucun ne laisse indifférent car nous nous sommes connus puis reconnus.

Dans le 16ème, peut-être encore plus qu’ailleurs, Paris apparaît comme une ville où l’on sait vivre et prendre ses petites habitudes comme celle d’aller le dimanche prendre un café en terrasse en lisant son journal, discuter avec sa boulangère qui sait bien comment vous aimez votre baguette, croiser la mère d’un ami et prendre de ses nouvelles, se poser au Ranelagh et se laisser réchauffer par le soleil…

Le 16ème est un quartier qui regorge d’endroits uniques cachant des merveilles d’anecdotes et de créativité.

Un quartier haut en couleurs où seuls les toits sont gris. Mais pas d’un gris morose et continu. Il s’agirait plutôt d’un dédale de différents gris qui formerait une mosaïque sous laquelle les passants s’abritent.

Une mosaïque qui nous protège, nous unit et nous rassemble en ces jours qui, eux, sont bien noirs. »

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Nous remercions chaleureusement tous les Parisiens qui ont accepté de partager leur vision de notre belle capitale avec vous.

Ce reportage vous a été présenté par Mathilde Rochefort, Erwan Roudaut, Alex Dobro et Maxime Horbez.

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