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Des scientifiques ont découvert que la sécrétion des Myxines pourrait devenir le matériau révolutionnaire de demain

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A priori, rien ne destinait cet animal aquatique aux allures d’anguille à se retrouver un jour sous le feu des projecteurs. Pourtant, la substance que sécrète la myxine pour se protéger de ses prédateurs fascine les scientifiques : plus fine qu’un cheveu humain, elle s’avère plus résistante que le nylon. Serait-ce le biomatériau du futur ?

La myxine est une espèce aquatique anguilliforme qui passe le plus clair de son temps au fond de l’océan. Dépourvu de colonne vertébrale et de mâchoire (et donc de dents), ce drôle de « serpent » marin n’a guère évolué depuis son apparition sur Terre, il y a environ 300 millions d’années. A première vue, la myxine n’a rien de sexy. Cela dit, elle pourrait très vite se retrouver sous le feu des projecteurs. Pourquoi ?

Lorsqu’elle se sent menacée ou qu’elle est attaquée, la myxine libère dans l’eau une substance gélatineuse qui a la particularité d’étouffer les prédateurs qui osent s’en prendre à elle en venant se loger dans leur bouche et/ou leurs branchies. Bien que cette incroyable matière visqueuse fascine les scientifiques depuis plusieurs décennies, ces derniers commencent tout juste à en comprendre les propriétés et à mesurer l’étendue des possibilités technologiques qu’elle pourrait offrir.

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Ainsi, la substance gélatineuse de la myxine se forme lorsque l’eau de mer entre en contact avec deux éléments sécrétés par les glandes visqueuses : les vésicules de mucine, qui enflent et explosent rapidement dans l’eau en formant un épais filet de mucus et les fils fibreux riches en filament intermédiaire (IF). Ces fils filandreux ne mesurent que 12 nanomètres de large mais atteignent en revanche 15 centimètres de long et sont organisés de sorte à se dérouler et s’entremêler très rapidement. Ainsi, lorsque cet ensemble filaire gélatineux entre en contact avec l’eau de mer, la colle qui les maintient ensemble se dissout, libérant ainsi l’énergie élastique des filaments intermédiaires.

Les scientifiques ne sont pas les seuls à s’intéresser à cette incroyable matière. Certaines entreprises mettent tout en oeuvre pour en tirer profit en essayant de la synthétiser en laboratoire dans le but de créer un nouveau matériau aux possibilités multiples. Pour n’en citer qu’une, la start-up Benthic Labs s’intéresse à la myxine pour développer un polymère biodégradable créé à partir de composants issus de la substance gélatineuse qu’elle sécrète. Selon eux, cette matière pourrait être utilisée pour confectionner des vêtements de protection, des emballages alimentaires ou encore des tendeurs et des pansements. En effet, les fils qui composent cette substance gélatineuse ont beau être 100 fois plus fins qu’un cheveu humain, ils s’avèrent être 10 fois plus résistant que du nylon.

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Aussi encourageant que cela puisse être, un léger problème subsiste : la gélatine de myxine ne se forme et ne se solidifie qu’en entrant en contact avec l’eau de mer. Si les chercheurs de Benthic Labs arrivent à contourner cet obstacle, il se pourrait qu’ils soient en possession d’un des biomatériaux les plus solides de demain… A suivre, donc.

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Cette matière visqueuse est tout simplement incroyable : qui aurait pu penser que la myxine soit capable de générer une substance aussi robuste ? Nous sommes fascinés par le système de protection de cette espèce aquatique anguilliforme et on espère voir de nos propres yeux comment les chercheurs vont réussir à se servir de ce matériau pour concevoir les objets du quotidien. Pouvez-vous imaginez que les airbags de vos voitures soient composés un jour de cette substance gélatineuse venue des fonds marins ?

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