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Linge à l’histoire énigmatique, le suaire de Turin a-t-il vraiment recouvert Jésus-Christ ?

Le suaire de Turin est une véritable énigme. Ce drap de lin porte une étrange image-empreinte floue qui représenterait, selon certains, un homme avec des traces de blessures dues à un crucifiement. Une histoire rappelant celle de Jésus-Christ. Du haut de ses 4,36 m et de son 1,10 m de largeur, ce linceul déchaîne les passions. Est-il authentique ? De quand date-t-il ? Autant de questions qui taraudent l’esprit de nombreux scientifiques voulant percer le mystère du suaire. SooCurious vous en dit plus sur les secrets jamais dévoilés que recèle cet artefact mille fois étudié.

Qu’est-ce que le suaire de Turin ? 

Linceul-de-Turin

La dénomination « suaire » vient du mot latin « sudarium » et du grec « soudarion » qui désignait alors « un mouchoir pour essuyer la sueur du visage ». Le suaire de Turin ressemble lui à un linge jauni par le temps, il fait 4,36 mètres de long sur 1,10 mètre de large. On pourrait le prendre pour un vulgaire tissu mais celui-ci est en réalité au coeur d’un véritable débat, qui déchire depuis bien longtemps scientifiques, catholiques ou simples curieux.

En effet, le tissu est tâché d’une image-empreinte qui représenterait un homme avec des blessures similaires à celles de Jésus-Christ lors la crucifixion décrite dans les évangiles canoniques. Depuis, l’objet est considéré par certains catholiques comme une véritable relique, et est vénéré comme tel sous la dénomination de Saint-Suaire.

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Le suaire apparaît pour la première fois en France, en Champagne vers 1357. Sa datation est à l’époque impossible. Il est tout de même conservé comme une relique. Pourtant, encore aujourd’hui, ce mystérieux linge suscite une controverse sur son authenticité. Les débats s’enchainent, se contredisent, ou se complètent.

En effet, si le suaire s’avérait dater d’une époque postérieure à la crucifixion de Jésus de Nazareth, il ne pourrait alors pas avoir enveloppé son corps et donc ne serait en aucun cas une relique catholique. Les scientifiques se sont d’ailleurs maintes fois intéressés au sujet. L’objet ne pouvant pas être étudié sans relâche, c’est l’Eglise qui est chargée d’accepter ou non son expertise.

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L’étoffe fait l’objet d’une enquête minutieuse pendant des siècles. La première contestation a été faite par l’évêque de Troyes, quelque temps seulement après son apparition. En 1383, son successeur en arrive à la même conclusion : le linceul est un faux. C’est seulement en 1898, que Secondo Pia est autorisé à prendre des clichés du suaire de Turin. Lors du développement des photographies, l’Italien est stupéfait du rendu qui permet d’apercevoir un visage en négatif sur le tissu. Dès lors, les débats naissent autour du linge, celui-ci devient pendant près d’un siècle « l’artefact le plus étudié de l’histoire ».

Découvrez de vos propres yeux le suaire de Turin grâce à sa représentation très fidèle et numérique sur le site sindone.

 

De quand date-t-il ?

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Lors de sa première apparition, au Moyen Âge, il est très difficile de dater l’objet. Les photographies, les constatations de marques d’un corps crucifié et l’empreinte d’un visage sur celui-ci ravivent un véritable engouement à savoir si oui ou non celui-ci avait recouvert l’icône catholique. C’est pourtant bien plus tard que la première étude sur le suaire de Turin est demandée par l’Eglise, celle-ci choisit alors soigneusement les 3 laboratoires qui auraient le privilège de prélever quelques échantillons de l’étoffe. En 1988, les scientifiques sont alors autorisés à l’expertiser. Les analyses par spectrométrie de masse concluent alors que le linge mythique a été fabriqué entre 1260 entre 1390. C’est-à-dire au Moyen Âge. Malgré l’acceptation des conclusions par l’Eglise, les partisans de l’authenticité ne cessent de clamer à la nullité des résultats. Un chercheur américain explique même que l’échantillon prélevé n’était pas pertinent. D’après lui, ce morceau aurait été ajouté à l’étoffe au 16e siècle par les sœurs clarisses.

En 2011, une seconde étude est faite sur le Saint-Suaire afin de confirmer ou non les conclusions avancées par la première. Ainsi, les scientifiques utilisent la datation au carbone 14 pour confirmer, eux aussi, des origines entre le 13e et le 14e siècle après Jésus-Christ. L’un des chercheurs, le physicien britannique Timothy Jull, a même affirmé que « les analyses ont bien porté sur le tissu originel du suaire et que rien n’a pollué la datation », évitant ainsi toute contestation. Celui-ci ayant gardé un petit morceau de l’étoffe, se dit prêt à effectuer de nouvelles analyses avec l’accord de l’Eglise, il ajoute cependant qu’il faudrait alors que ces prélèvements soient « effectués dans une zone lointaine de la précédente ». Pourtant, depuis 2011, l’Eglise n’a pas annoncé de nouvelles expertises. En effet, celle-ci a déjà confirmé la première et considère le suaire de Turin telle « une icône évocatrice et non une relique » comme le précise Sciences et Avenir.

 

A quand sa prochaine sortie sur le devant de la scène ?

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C’est aussi au Moyen Âge que le linceul est montré pour la première fois. En 1357, en France et plus précisément dans la collégiale de Lirey, dans l’Aube. Depuis, peu d’apparitions en public ont été autorisées par l’Eglise. Les dernières datent d’ailleurs de 1978, 1998, 2000 et plus récemment 2010. Cette dernière présentation avait d’ailleurs rassemblé pas moins de 2 millions de visiteurs.

Malgré les confirmations sur la non authenticité du linceul par l’Eglise et par les scientifiques, les foules sont nombreuses à vouloir apercevoir le suaire de Turin, lui vouant un véritable culte. Entre temps, des ostensions télévisées ont été organisées entre 1983 et 2013 (pour la plus récente). Le tissu sera cependant dévoilé du 19 avril au 24 juin 2015 aux fidèles pour sa troisième présentation du millénaire, avec cette fois-ci, une inscription en ligne obligatoire pour voir ce mystérieux linge.

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Malgré le travail acharné des scientifiques et la foi grandissante des croyants, beaucoup d’énigmes restent en suspens. Avec toutes les technologies novatrices qui existent aujourd’hui, on espère tout de même que l’on trouvera des réponses claires aux énigmes qui entourent ce linge, et promis on partagera ça avec vous ;). Le linceul devrait être de nouveau exposé au public dès cette année. Aimeriez-vous voir ce suaire de vos propres yeux ?

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A ceux qui osent, rien n’est impossible.

— Matthew Gregory Lewis