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9 informations fascinantes sur le sommeil que vous ne connaissez peut-être pas

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Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi nous avons besoin de dormir ? Bien sûr, nous savons que cela est essentiel mais la science du sommeil reste mystérieuse et intrigue de nombreux scientifiques qui multiplient les études. DGS partage avec vous 9 informations fascinantes sur le sommeil. 

Nous savons tous que dormir est vital pour rester en forme et être performant au cours de nos journées. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Au cours des dernières années, des chercheurs ont étudié la science du sommeil et ont découvert des choses étranges. En effet, le manque de sommeil peut se traduire par des effets secondaires bizarres comme rendre les gens plus sujets aux jeux d’argent ou même trouver les personnes qui nous entourent plus séduisantes. Ils ont également constaté qu’il est pratiquement impossible de bouleverser le rythme de sommeil que le corps impose si l’on veut conserver un fonctionnement correct de son métabolisme. Si vous avez besoin de huit heures, c’est que le corps le décide, c’est probablement de l’ordre de la génétique. Une autre analyse de cette étude démontre qu’il existe également des éléments susceptibles de nous priver de sommeil tels que la lumière du téléphone portable ou la configuration de la lumière ambiante du jour.

Pour en savoir un peu plus sur la science du sommeil, Camilo Ruiz, spécialiste du sommeil à l’Académie américaine de la médecine du sommeil, a recensé neuf faits surprenants relatifs à cette science intrigante.

1) Les scientifiques ne savent toujours pas pourquoi nous avons besoin de dormir

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Les scientifiques sont évidemment d’accord sur le fait que dormir est essentiel pour notre santé. Mais personne ne sait vraiment pourquoi. « C’est ce qui fait la beauté du sommeil », déclare Ruiz. « Nous ne savons pas pourquoi nous dormons. »

D’un point de vue évolutif, le sommeil n’a pas beaucoup de sens. Il oblige les gens à passer un tiers de leur vie à ne « rien » faire, tout en étant exposés aux prédateurs pendant une phase d’inactivité qui les rend également incapables de chasser pour se nourrir. Pourtant, la nécessité du sommeil est évidente, elle doit donc bien avoir une fonction.

Certains chercheurs pensent que le système de « nettoyage » de notre cerveau s’emballe pendant le sommeil. « Nous pensons que le sommeil est une période pendant laquelle le cerveau purge et décharge toutes les toxines que l’on accumule au cours d’une journée », explique Ruiz. « Cela permet au cerveau de se reposer et de se réinitialiser pour le lendemain. »

Une autre théorie explique que le sommeil nous aide à consolider notre mémoire en renforçant les souvenirs qui pourraient être importants tout en rejetant ceux qui ne le sont pas. Ainsi, le cerveau pourrait ne pas être en mesure de le faire aussi bien pendant qu’il est éveillé. Il existe beaucoup de recherches concernant cette explication mais les scientifiques demeurent imprécis au sujet de la compréhension des mécanismes exacts.

Le sommeil pourrait aider à soutenir d’autres fonctions corporelles. Certaines données suggèrent que le sommeil profond pourrait permettre au corps de libérer des hormones de croissance et de produire des protéines associées à la réparation des tissus. D’autres données indiquent que le sommeil pourrait être un moyen de préserver l’énergie, en particulier la nuit, quand il est plus difficile de trouver de la nourriture dans la nature. Certains experts ont même théorisé sur le fait que le sommeil pourrait réellement permettre d’échapper à certaines espèces de prédateurs, car il permet de se cacher, de s’immobiliser et de se taire pendant un long moment. Cette hypothèse est lourdement controversée puisque personne ne peut contester le fait que le sommeil rend les gens tout à fait vulnérables.

2) Vous ne pouvez pas vous entrainer à dormir moins, votre besoin de sommeil est génétique

Heures de sommeil recommandées selon l’âge :

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La Fondation nationale du sommeil aux Etats-Unis est assez claire en ce qui concerne le sommeil. Les adultes âgés de 18 à 24 ans ont généralement besoin de sept à neuf heures de sommeil. Les adultes de 65 ans et plus se suffisent souvent avec sept à huit heures. Quant aux enfants, ils peuvent avoir besoin de 17 heures de repos.

Cependant, certaines personnes peuvent parfois dormir moins que ce qui est conseillé. Malheureusement, vous ne pouvez pas vous entrainer à le faire. C’est une « chance » que tout le monde n’a pas. Une étude a montré que 80 % des besoins de sommeil chez une personne sont génétiques. Une autre recherche a constaté que seule une mutation génétique pouvait expliquer pourquoi certaines personnes peuvent se suffire en dormant six heures ou moins chaque nuit. Mais ce ne sont pas seulement les heures qui comptent. Il faut surtout atteindre un niveau de sommeil d’une qualité suffisamment élevée pour que le cerveau récupère dans son intégralité. « Vous pouvez être au lit pendant 12 heures mais si les 12 heures sont de mauvaise qualité, c’est comme si vous n’aviez pas dormi », explique Ruiz.

3) Votre cerveau peut être tout aussi actif pendant le sommeil que lorsqu’il est éveillé

 

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L’idée commune selon laquelle le cerveau « se met en veille » pendant la nuit est fausse. « Pas du tout, le sommeil est très actif. Il y a une importante activité métabolique pendant la nuit », déclare Ruiz. Selon la Fondation nationale du sommeil, le sommeil se compose de quatre phases et d’une phase REM (pendant laquelle les yeux font de rapides mouvements). Les deux premières étapes sont légères et ne sont donc pas réparatrices. Vous ne vous sentirez pas rafraîchi si vous vous contentez de ces deux seules phases au cours d’une nuit.

Les phases trois et quatre sont des phases de sommeil profond, aussi connu comme « sommeil lent ». « Nous savons maintenant qu’il y a certaines hormones qui sont sécrétées pendant la phase de sommeil profond », explique Ruiz. « Contrairement aux deux premières phases, ce sommeil est réellement réparateur et c’est celui qui permet de nous sentir rafraîchis le lendemain. » Le sommeil paradoxal (ou phase REM) est la phase la plus active du sommeil. Ruiz explique que lorsque l’on regarde les modèles d’activités électriques du cerveau pendant le sommeil, on se rend compte que celui-ci est aussi actif que lorsqu’il est éveillé. « Il existe différentes théories qui expliquent pourquoi la phase REM se produit. Nous pensons qu’au cours de cette phase, il y a une communication entre les neurones et les synapses nouvelles en cours de création. Elle contribue également à la mémoire et à la concentration. Et cela pendant que nous rêvons. »

4) La privation de sommeil peut entraîner des effets bizarres comme l’addiction aux jeux

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Tout le monde sait que le manque de sommeil est mauvais pour notre métabolisme. En effet, la privation de sommeil entraine toutes sortes d’effets négatifs, que ce soit sur la mémoire et les problèmes cognitifs ou même les maladies cardiaques. La privation excessive de sommeil (ne pas dormir pendant plusieurs jours) peut conduire à la paranoïa, à des hallucinations, à la perte de mémoire, aux sautes d’humeur ainsi qu’à des problèmes pour effectuer des gestes basiques. Mais ce n’est qu’un début.

En 2014, lors d’une réunion de l’Association des professionnels du sommeil, les chercheurs ont révélé certains effets étranges dus au manque de sommeil qu’ils avaient pu constater au cours d’une étude. Comme l’indiquait Susannah Locke, ces résultats étaient préliminaires mais tout de même frappants.

1) Le manque de sommeil fait que les hommes jugent les personnes qu’ils trouvaient moins attrayantes comme « plus séduisantes ».

2) Les personnes en manque de sommeil supportent moins la douleur.

3) Les personnes en manque de sommeil ont montré moins d’empathie en regardant des photos de mains piquées par des aiguilles.

4) Les personnes en manque de sommeil se sentent moins inquiètes lorsqu’elles perdent de l’argent en jouant.

5) Les personnes en manque de sommeil sont plus susceptibles de se sentir séparées de leur propre corps et pensées.

6) Les personnes en manque de sommeil avaient plus de difficultés à percevoir les émotions des autres.

7) Beaucoup de personnes en manque de sommeil pensaient être performantes lors d’un test de temps de réaction alors que leurs résultats étaient mauvais.

La privation de sommeil est souvent inquiétante, surtout lorsqu’elle est chronique. Si quelqu’un vient à manquer une nuit de sommeil, ce n’est pas trop grave, selon Ruiz. « Il pourra rattraper sa nuit en faisant une sieste. » En revanche, lorsque plusieurs nuits sans sommeil s’accumulent, de graves complications peuvent apparaître à long terme.

5) Les Américains dorment moins qu’auparavant… notamment à cause des nouvelles technologies

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Selon une étude publiée en 2010, le nombre d’Américains dormant moins de six heures par nuit est passé de 7,6 % en 1975 à 9,3 % en 2006.

Pourquoi un tel déclin ? Il faudrait en fait blâmer la société. Des chercheurs, dirigés par Kristen Knutson de l’université de Chicago, ont attribué cette chute du sommeil à une augmentation du travail à temps plein. D’autres études ont également permis de constater que les gens ne dormaient pas assez car les journées de travail et d’école commencent trop tôt (en effet, certains demandent déjà à repousser l’heure matinale de l’école pour permettre aux élèves et étudiants de dormir plus longtemps). Ensuite, il y a le « décalage horaire social ». « Les gens sont fatigués le lundi du fait de leurs différentes habitudes de sommeil pendant le week-end. Le week-end, la majorité des personnes ont tendance à rester éveillées plus tard pour se socialiser. Le lundi, elles doivent se lever tôt pour travailler. Cela crée un effet similaire au décalage horaire. Dès lors, le corps est obligé de s’adapter à différentes habitudes de sommeil au cours de la semaine. »

Ruiz explique que les nouvelles technologies peuvent aussi être blâmées. « Je pense que le manque de sommeil a avoir pour beaucoup avec le développement d’Internet, des téléphones portables, des smartphones et au fait que de plus en plus de personnes se retrouvent à veiller à toute heure de la nuit sur Facebook ou Twitter. »

Une expérience récente, dirigée par Anne-Marie Chang de l’hôpital de Boston, démontre que les personnes qui utilisent un iPad (ou tout autre dispositif technologique émettant de la lumière) avant de se coucher mettent plus de temps à s’endormir et se sentent moins alertes le matin à cause d’une phase REM plus courte. Cela peut s’expliquer par le fait que la lumière bleue inhibe la sécrétion de mélatonine, hormone qui indique au cerveau à quel moment il faut dormir.

6) Le Japon dort moins que les Etats-Unis. Le Canada dort plus

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Heures de sommeil en semaine
source : National Sleep Foundation, 2013

Un sondage de 2013 de la National Science Foundation démontre que les Américains, qui dorment en moyenne 6h31 par nuit en semaine, dorment moins que les Canadiens, les Mexicains, les Allemands et les Britanniques. Seuls les Japonais, qui dorment en moyenne 6h22, ont un temps de sommeil moindre. 66 % des Japonais déclarent avoir des horaires qui leur permettent d’avoir un sommeil suffisant, contre 72 % pour les Américains.

7) Vous ne pouvez pas complètement rattraper le sommeil perdu pendant le week-end

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Certaines personnes dorment moins durant la semaine (notamment à cause des horaires de travail) en espérant rattraper les heures perdues le week-end. Mais selon Ruiz, cela ne fonctionne pas. « Votre cerveau n’a pas la capacité d’effectuer ce rattrapage. Il a une fonction routinière et aime avoir ses sept heures de sommeil, sept soirs dans la semaine. »

Une petite étude des chercheurs de l’université de Penn State a permis de constater que dormir trop le week-end n’élimine que certains déficits accumulés au cours de la semaine pendant laquelle le sommeil fut moindre. Même après avoir effectué ce que les chercheurs appellent le « sommeil de récupération », les participants à l’étude ayant des horaires de sommeil restreints n’ont pas été performants aux tests d’attention qu’ils ont fait contrairement à ceux qui avaient des horaires de sommeil sains.

La solution n’est donc pas de chercher à rattraper son sommeil les nuits de week-ends. Il est préférable de se fixer des horaires sous-jacents permettant de faire de petites siestes ou même de simplement somnoler. Cela pourrait aussi aider à composer avec les effets de décalage horaire social décrits ci-dessus.

8) Les troubles du sommeil peuvent être fatals chez certaines personnes

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Un homme n’arrive pas à dormir via Shutterstock

Le CDC estime que près de 70 millions d’Américains souffrent de troubles du sommeil chroniques. « 70 millions est peut-être une sous-estimation de la réalité », à déclaré Ruiz. « Parlez à la plupart des gens de leur sommeil à n’importe quelle occasion et ils vous diront qu’ils ne dorment pas bien. »

Ruiz, spécialisé dans les troubles du sommeil, explique que la privation chronique de sommeil est le problème le plus commun. Difficultés à respirer (notamment à travers l’apnée du sommeil) et insomnies se déclenchent ensuite. Il y a également toutes sortes de petits problèmes qui peuvent devenir des troubles s’ils conduisent à de graves complications, comme le somnambulisme et la somniloquie.

Pour un très petit nombre de personnes, il y a aussi l’insomnie fatale familiale. Le premier cas a été détecté en 1984. Un homme italien du nom de Silvano, âgé d’une cinquantaine d’années, sans antécédents majeurs relatifs au sommeil, s’est rendu dans une clinique spécialisée dans le sommeil. Il avait perdu toute capacité à dormir. Pour la plupart d’entre nous, l’insomnie représente l’incapacité à dormir pendant quelques heures avant de véritablement plonger dans le sommeil. Mais pour les personnes atteintes d’insomnie fatale familiale, l’incapacité à dormir est complète et durable. Elle peut s’étendre à plusieurs mois. L’homme arrivé à la clinique de Bologne est décédé après quatre mois d’insomnie. Aujourd’hui, les médecins n’ont toujours pas trouvé d’explication à cette mort soudaine.

Les problèmes de sommeil de la plupart des gens ne sont pas aussi sérieux. Mais même de petites privations de sommeil peuvent conduire à des problèmes de santé graves ou à des mauvais jugements. C’est par exemple le cas de la somnolence au volant qui peut conduire à des accidents mortels.

Les troubles du sommeil peuvent généralement être traités avec des médicaments et de la thérapie. En fonction de la cause et des interrogations, les médecins devront parfois surveiller les patients pendant leur sommeil pour mesurer l’ampleur du problème.

9) La sexomnie et l’alimentation sont des problèmes réels

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Un homme fatigué via Shutterstock

Les parasomnies sont des troubles qui amènent les gens à faire des choses pendant leur sommeil. La plus connue des parasomnies est le somnambulisme et la somniloquie. Mais il y a plus rare et plus risqué : le fait d’aller manger la nuit ou la sexomnie.

Ce n’est pas aussi amusant qu’il n’y paraît. Dans une étude datant de 2002, des chercheurs de l’université Stanford ont trouvé des cas où des personnes faisaient preuve d’un comportement de viol avec la personne présente à leur côté dans le lit alors qu’ils dormaient. Il existe également des cas de sexomnie perturbants mais non dangereux, tels que des gémissements. La plupart du temps, les personnes atteintes de sexomnie ne se souviennent pas des actes qu’ils ont eus pendant la nuit.

Certaines personnes peuvent aussi éprouver un besoin de s’alimenter au cours de leur sommeil. Parfois, le fait de manger pendant son sommeil peut se produire si souvent qu’une personne va prendre du poids ou prendre le risque de développer un diabète de type 2, sans même savoir ce qu’elle fait.

La science du sommeil est vraiment incroyable. A la rédaction, certains arrivent fatigués le matin à cause de légères insomnies alors que d’autres profitent chaque nuit de neuf heures de sommeil. Et vous, combien d’heures de sommeil par nuit avez-vous besoin ?

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— @DailyGeekShow

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