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Séismes en Italie : comment expliquer cette série noire ?

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Le 30 octobre, l’Italie subissait un tremblement de terre de magnitude 6,6, soit le plus puissant depuis 1980. Mais ce n’est pas le seul. En août, un autre avait fait 300 morts, et la série des tremblements de terre pourrait se poursuivre pendant plusieurs mois. Mais pourquoi l’Italie est-elle si soumise aux séismes ? Sa position géographique la place au cœur des grandes forces géologiques…

Tous les ans, la plaque eurasienne pousse la plaque africaine d’environ 2cm, provoquant l’apparition de nouveaux réseaux de failles et de nouveaux lieux de tension. Un jeu de force titanesque est ainsi sans cesse mobilisé… et l’Italie se trouve au milieu. C’est à ce mouvement énorme que le pays doit sa chaîne des Apennins, qui le traverse du nord au sud comme une colonne vertébrale, où ont éclaté les deux derniers tremblements de terre d’août et octobre, aux puissantes répliques.

 

Ces deux séismes ont été provoqués de la même manière : d’énormes morceaux de roche ont glissé dans des failles appelées « failles normales » activées par l’expansion de la mer Tyrrhénienne bordant la côte ouest de l’Italie. Ce phénomène était également à l’origine du terrible séisme du lac de l’Aquila en 2009, qui causa la mort de 309 personnes et lança une grande bataille juridique très controversée.

Dans la mer Adriatique (côte est de l’Italie), des mouvements de subduction, où un plateau sous-marin plonge sous un autre, génèrent aussi des tensions importantes, même si elles jouent un moindre rôle dans les tremblements de terre qui touchent actuellement le pays.

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Cette vague de séismes a commencé en août et on compte déjà 44 secousses d’une magnitude égale ou supérieure à 4. Selon l’United State Geological Survey (USGS), ces dernières pourraient avoir détendu les failles, ce qui faciliterait leur glissement.

Pour certains, l’Italie ne devait pas connaître de séisme plus important que celui de 6,2 du mois d’août au sud-est de Norcia. En effet, un tel événement aurait libéré l’énergie accumulée dans les failles, dont l’activité devrait diminuer, même si les mouvements des plaques devraient se poursuivre pendant plusieurs millions d’années. Pourtant, le tremblement de terre d’octobre, survenu juste au nord de Norcia, affichait une magnitude de 6,6. Une faille indépendante, qui n’avait pas encore rompu, aurait donc cédé. La puissance des répliques laisse penser que les failles voisines ont à présent elles aussi libéré leurs tensions. Si l’USGS ne peut garantir que des événements similaires ne vont pas se produire dans les semaines ou les mois à venir, elle affirme toutefois que le risque d’un séisme plus important est bas.

 

Les derniers tremblements de terre n’étaient pas très profonds : celui du mois d’août est survenu à 4,4km de profondeur, et celui d’octobre à 10km, ce qui suggère que leurs répercussions terrestres étaient particulièrement violentes. Les séismes d’expansion à venir devraient se situer à des profondeurs semblables et causer tout autant de dégâts. Il ne faut donc pas s’attendre à une accalmie…

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