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La bonne excuse : si vous n’arrivez pas à vous lever le matin, c’est à cause de vos gènes

Une-reveil Un homme qui ne veut vraiment pas se lever via Shutterstock

Dans la vie, il y a ceux qui se lèvent de bon matin avec plaisir et ceux qui rechignent à sortir du lit et qui préfèrent les longues nuits aux longues matinées. Un comportement qui varie selon les personnes et qui ne semblent pas pouvoir s’expliquer… Et pourtant, une étude vient de démontrer que tout ceci aurait bel et bien des explications biologiques et génétiques. SooCurious vous en dit plus sur cette étude passionnante.

Vous êtes plutôt à vous réveiller à l’aube ou à dormir jusqu’à midi ? Vous vous sentez au maximum de vos capacités dès le petit matin ou dans l’après-midi ? On pourrait croire que ces comportements divergents dépendent de l’âge, mais pas seulement ! Ces façons d’agir au quotidien déterminent notre chronotype, c’est-à-dire notre manière d’organiser des périodes quotidiennes d’activité ou de repos. D’après une étude menée par des chercheurs britanniques de l’université de Leicester, la diversité de nos chronotypes serait en fait dû à des différences d’ordre génétique et biologique. D’autres scientifiques de l’université d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, ont d’ailleurs affirmé qu’il y avait même une différence entre le cerveau des lève-tôt et des couche-tard.

 

Des différences d’ordre génétique

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Un réveil difficile via Shutterstock

Les chercheurs de l’université de Leicester, en Grande-Bretagne, ont découvert qu’il existait bel et bien une différence génétique entre les lève-tôt et les couche-tard. Pour en arriver à une telle conclusion, les scientifiques ont utilisé des mouches ! Etrange ? Pas tant que ça, ces petites bêtes ont en fait une « horloge génétique » très proche de la nôtre, au point que les chercheurs pensent que les gènes qui la contrôlent chez eux peuvent remplir une fonction similaire chez nous. Ils ont donc voulu attirer les mouches avec des fruits. Le but : observer tout d’abord les comportements qui se dégageaient de l’expérience. Ils ont donc identifié deux groupes distincts, l’un (la majorité) regroupant ceux qui sortaient de la coque le matin et l’autre composé de ceux qui n’arrivaient que dans la journée.

Puis ils ont étudié les variations génétiques de ces mouches. Sur les deux groupes, les mêmes gènes n’étaient pas actifs au même moment de la journée. Comme l’explique le co-auteur de l’étude, le docteur Eran Tauber, « la différence entre les matinaux et les « oiseaux de nuit » est en grande partie due à des variations génétiques dans la séquence ADN, des versions différentes des gènes présents en chacun ». Ils ont donc finalement isolé dans le génome de ces insectes 80 gènes qui semblent liés à cette différence de comportement. Les chercheurs en concluent que l’horloge génétique des couche-tard n’est pas seulement déréglée, elle est complètement différente de celle des lève-tôt. Un résultat qui peut sans doute être similaire pour les Hommes. Donc, lève-tôt ou couche-tard, ce sont aussi nos gènes qui le déterminent !

 

Des différences d’ordre biologique

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Un réveil positif via Shutterstock

D’après les chercheurs allemands de l’université d’Aix-la-Chapelle, la différence entre ceux qui se lèvent tôt, ceux qui se couchent tard et ceux qui se situent un peu entre tout ça, se situe aussi dans la structure du cerveau. Ils ont donc réalisé leur étude sur ces différents groupes : sur 59 personnes, 16 étaient des lève-tôt, 23 des couche-tard et 20 se situaient entre les deux groupes précédents. Résultat : les couche-tard avaient moins de substance blanche (qui permet une meilleure connexion entre les cellules) dans plusieurs régions du cerveau que les deux autres groupes. Pour les scientifiques, le manque de substance blanche dans le cerveau serait associé à des perturbations des fonctions cognitives et même à la dépression.

Les chercheurs n’ont cependant pas de réelles explications pour justifier cette différence. Des hypothèses ont cependant été mises en avant : comme le fait que les couche-tard étaient en décalage avec les habitudes du monde qui les entoure (se couchant tard, se réveillant plus tard que les autres). Des effets qui peuvent s’apparenter à un décalage horaire dû à un voyage, au quotidien : sensation de fatigue, insomnie de jour, difficultés de concentration, douleur physique… De plus, d’autres inconvénients viennent compléter le tableau. L’étude révèle par exemple que, comparés aux autres groupes, les couche-tard avaient plus de chance de céder à l’alcoolisme, au tabagisme, ou même de manger plus.

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Une femme au travail très tard via Shutterstock

Mais rassurez-vous, il reste des bons côtés à être quelqu’un qui se couche tard. L’étude concède tout de même certains avantages. En effet, les personnes qui restent éveillées tardivement semblent plus productives, ont plus de facilité à tenir sur des longues journées et ont de meilleures capacités à raisonner et à analyser. En conclusion, elles semblent plus enclines à réussir professionnellement.

 

Incroyable ! Nos gènes déterminent le fait de tenir debout toute la nuit ou celui de toujours être en retard à nos rendez-vous matinaux. A la rédaction, certains sont très heureux d’apprendre qu’ils ne sont pas simplement des paresseux, mais que tout ceci à une explication bien scientifique : une bonne excuse pour arriver en retard au bureau ;). Et vous, êtes-vous plutôt du matin ou préférez-vous rester éveillé jusqu’au bout de la nuit ?

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— Ken Loach

Si nous osons dire la vérité sur le passé, peut-être oserons-nous dire la vérité sur le présent.