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Robbie est un robot intelligent qui transforme complètement la vie d’une jeune femme handicapée

Une robot handicap

Il s’appelle Robbie, il mesure environ un mètre et… c’est un robot. Robbie a été créé pour assister les personnes handicapées et leur permettre de disposer davantage d’autonomie et d’indépendance. Joanne, une jeune Irlandaise, en avait fait la demande et ce robot a été conçu rien que pour elle. DGS vous en dit plus sur cette invention qui ouvre de nouvelles perspectives pour faciliter la vie de personnes en situation de handicap. 

En avril 2012, une jeune Irlandaise, Joanne O’Riordan, née sans bras et sans jambes, s’est adressée aux Nations Unies pour que quelqu’un puisse lui fabriquer un robot personnel qui pourrait lui permettre de devenir beaucoup plus indépendante.

Une équipe du Trinity College de Dublin a répondu favorablement à l’appel de Joanne et à fabriqué un prototype appelé Robbie. Depuis, ce robot est passé à l’inspection relative à l’information, la communication et la technologie des Nations Unies. Il a d’ailleurs obtenu une récompense consacrée à l’innovation et délivrée par l’organisme de normalisation irlandais, le National Standards Authority of Ireland. Désormais, l’équipe du Trinity College commence à travailler sur la prochaine génération de Robbie.

L’équipe est dirigée par Kevin Kelly, professeur adjoint au sein du Groupe de fabrication et de la recherche robotique de Trinity (Manufacturing and Robotics Research Group). « Depuis ma manufacture, je pouvais voir qu’il y avait une évolution grandissante de la robotique multifonctionnelle et de l’automatisation, et je savais que cela allait devenir de plus en plus important pour nous en Irlande », explique Kevin.

Connor McGinn est aujourd’hui ingénieur en chef sur le projet Robbie et plus généralement chercheur en robotique. Mais sa première révélation sur les robots remonte aux dessins animés comme Transformers ou Inspecteur Gadget : « J’étais fasciné par l’idée de construire quelque chose comme des machines que l’on peut reconfigurer inlassablement », dit-il. « Au moment où je suis arrivé à Trinity pour faire de l’ingénierie mécanique, je suis devenu l’un des premiers membres du club de robotique en donnant notamment naissance aux robots Mini Sumo et Line Follower, et en apprenant les bases du contrôle de moteur. »

« J’ai vu la robotique comme un hybride unique », explique-t-il, car « cela nécessite des compétences spécialisées que ce soit en mécanique, psychologie, biologie, éthique. La robotique couvre en fait beaucoup de domaines. »

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Mais ce qui est intéressant sur l’équipe de Trinity, c’est qu’il y a beaucoup d’étudiants venus d’horizons diversifiés qui ont pris part au projet Robbie. Michael Cullinan, responsable du système de contrôle interne, dit qu’il n’avait jamais réellement porté d’intérêt pour la robotique pendant ses études. « Mais peu à peu, je me suis rendu compte que c’était un moyen de combiner la logique pure de calcul de codage avec des compétences d’ingénierie mécanique », explique-t-il.

L’équipe a créé Robbie grâce au financement à hauteur de 50 000 € en provenance de l’Union internationale des télécommunications des Nations Unies. Le premier prototype, en l’occurrence Robbie I, était un robot humanoïde sur roues mesurant à peu près un mètre de sorte qu’il soit à hauteur du visage de Joanne dans son fauteuil roulant.

Robbie peut effectuer des tâches simples via une application vocale sur iPad. Chacun de ses bras est également capable de saisir, de tenir et de relâcher des objets en utilisant un ballon de caoutchouc interne rempli de grains de café. Ce ballon évolue selon la position. Il gonfle lors du commandement puis se dégonfle de sorte que les grains de café verrouillent la pince autour de l’objet qu’il souhaite saisir avant de le libérer. C’est un dispositif simple et efficace, comme l’avait demandé Joanne.

Robbie I est alimenté par des batteries rechargeables et dispose de six ordinateurs accompagnés de capteurs qui possèdent chacun une fonctionnalité propre et qui assurent, de fait, la sécurité et l’indépendance de Joanne.

Contrairement à d’autres robots qui ont souvent des têtes de cosmonautes, la tête de Robbie est un écran LCD de 8 pouces. « Nous avons choisi un visage animé sur un écran capable de pivoter », dit Kelly. « Nous pouvons l’utiliser comme un écran d’ordinateur pour procéder à des débogages. La réponse par clignotement est également importante pour qu’il y ait une forte interaction entre l’homme et la machine. Et puis cela nous permet de savoir si le robot fonctionne correctement. »

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Dans le laboratoire, lorsque les circuits de puissance de Robbie ont été allumés, il a sursauté d’un coup avant de s’éteindre soudainement. Mais l’équipe n’était pas découragée pour autant : « C’est seulement la première fois que nous avons vu cela », explique McGinn. « Nous avons essuyé beaucoup d’autres échecs, mais après tout, cela fait aussi partie du domaine de la recherche. »

« Cela s’est produit de plus en plus à force de le laisser hiberner et de cannibaliser des pièces pour d’autres itérations », ajoute Cullinan.

La « cannibalisation » à laquelle se réfère Cullinan est illustrée par Robbie II. Bien qu’il ne soit pas encore prêt pour la démonstration, cette deuxième génération de robot témoigne d’une amélioration significative par rapport au premier modèle. Il est 30 % plus léger (ce qui permet de le transporter plus facilement) et a une durée de vie de batterie plus longue. Robbie II est également capable de se déplacer sur différentes surfaces, y compris l’herbe, et peut traverser de petits écarts de sols (pour permettre à Johanne de prendre le train avec son robot par exemple).

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L’équipe de Trinity a reconnu qu’il restait encore beaucoup de travail. En attendant, comme le domaine des robots personnels se rapproche de la réalité commerciale, les autorités de normalisation se sont naturellement impliquées. Robbie I et II ont été développés avant que l’Organisation internationale de normalisation ne publie, l’année dernière, ses lignes directrices en matière de sécurité et de normes juridiques. Il est intéressant de constater à quel point ces normes font écho aux trois lois de la robotique mentionnées par Isaac Asimov en 1942. L’avenir se déplace sans cesse, et pour les personnes nées handicapées, les robots comme Robbie vont transformer leur vie.

Voici une vidéo du Trinity College traitant du robot Robbie (contenu en anglais) :

Robbie est un robot vraiment intelligent et voilà que sa deuxième version est en train d’être développée. Favoriser l’indépendance et l’autonomie sont ses principaux objectifs à ce jour. A la rédaction, on espère que ce robot en fera encore davantage à l’avenir. Pensez-vous qu’un robot puisse être un bon moyen pour éviter l’isolement de personnes en difficulté ?

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