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Shanay-timpishka, la rivière qui bout à 86°C sans que personne ne sache pourquoi

Shanay-timpishka, la rivière qui bout à 86°C sans que personne ne sache pourquoi

C’est une incroyable découverte qui pourrait révolutionner les bases de la géothermie. Un scientifique péruvien a découvert une mystérieuse rivière bouillante dont la température est de 86 degrés. DGS vous fait découvrir ce phénomène scientifique fascinant.

AU DÉPART, IL S’AGISSAIT D’UNE VIEILLE LÉGENDE PÉRUVIENNE

Lorsqu’il était enfant, Andrés Ruzo a été bercé par une vieille légende péruvienne racontant qu’au milieu de la forêt, dans l’Amazonie, se cachait une rivière pleine de mystères : un cours d’eau bouillante. Une fois son doctorat sur le potentiel de l’énergie géothermique au Pérou en poche, le géoscientifique s’est intéressé de plus près à ce mythe. Cette mystérieuse rivière était-elle bien réelle ?

Il a tout d’abord demandé à des experts si une telle rivière pouvait exister, la réponse étant unanime : non. Certes, les rivières chaudes existent, mais elles sont généralement associées à des volcans, et il n’y a pas de volcan dans cette partie du pays: « Je savais que les rivières bouillantes existaient mais qu’elles se situaient toujours à proximité de volcans comme le lac Grand Prismatic du parc national de Yellowstone aux États-Unis. Vous avez besoin d’une énergie phénoménale pour atteindre de telles températures. Or, le lieu que nous avons découvert est à environ 650 km des volcans les plus proches », a-t-il expliqué.

Le Grand Prismatic de Yellowstone © Wikimédia / Frank Kovalchek
Le Grand Prismatic de Yellowstone © Wikimédia / Frank Kovalchek

Pourtant, sa famille disait avoir déjà vu cette rivière, sa tante affirmant même s’y être baignée après de fortes pluies. Pour en avoir le coeur net, Andrés Ruzo a enfilé son sac à dos et est parti à la recherche de cette rivière avec sa tante. En arrivant près du site sacré de Mayantuyacu, le chercheur est resté bouche-bée : la légende n’en était pas une.

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Il a découvert une rivière gardée par un chaman dont la température moyenne était de 86 degrés Celsius, baptisée Shanay-timpishka. « Les gens d’ici pensent que si la rivière est si chaude, c’est à cause de Yacumama, la « Mère de toutes les Eaux », un esprit en forme de serpent géant qui donne naissance aux eaux chaudes et froides.

L’étendue de la rivière est également remarquable. Elle mesure près de 25 mètres de large pour 6 mètres de profondeur, et s’écoulerait sur un peu plus de 6 kilomètres. Des conditions géologiques particulières à la région permettent d’enregistrer des températures comprises entre 90 et 95 degrés Celsius tout au long de la rivière (sur environ 6,24 km).

LE NOM INDIGÈNE DE LA RIVIÈRE SIGNIFIE : BRÛLANTE PAR LA CHALEUR DU SOLEIL

Pour les natifs de la région, l’explication est tout autre : les eaux deviennent bouillantes sous l’action de Yucumama. Le nom indigène de la rivière signifie « Brûlante par la chaleur du Soleil », c’est un lieu sacré. Les locaux se servent de son eau quotidiennement, aussi bien pour cuisiner que pour se soigner. Avec l’accord du chaman, Andrés Ruzo a étudié le cours d’eau et pour lui, il s’agit d’un phénomène géothermique unique au monde.

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La rivière Shanay-timpishka

Mais comment expliquer ce mystérieux phénomène géologique ? Selon les données de ses recherches, il semble que l’existence d’un « système hydrothermal » soit à l’origine de la température élevée de l’eau.

L’EAU EST POSSIBLEMENT CHAUFFÉE PAR LE GRADIENT GÉOTHERMIQUE

Voici son hypothèse : « Fondamentalement, l’eau pourrait provenir des glaciers des Andes, à la suite de son infiltration dans les profondeurs de la Terre, l’eau s’écoulerait comme de l’eau bouillante, chauffée par le gradient géothermique, tout cela grâce à sa situation géologique unique », a expliqué à la presse le jeune homme. Pour Andrés Ruzo, la rivière est unique au monde. Durant son travail sur le terrain, il a découvert de nouvelles espèces d’extrêmophiles, un type de micro-organisme capable de vivre dans des conditions extrêmes, à la fois dans la rivière et dans la forêt tropicale aux alentours.

Avant de publier l’intégralité de ses recherches, Andrés Ruzo souhaite s’assurer que le gouvernement péruvien protégera le lieu et mettra en place de véritables mesures de conservation. Il veut notamment le préserver des activités humaines qui gagnent de plus en plus de terrain dans la région. Le message du géoscientifique est clair : le monde est exceptionnel, il est temps de sortir et d’explorer, car il nous reste encore d’innombrables merveilles à découvrir.

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— @DailyGeekShow