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Dès 2016, plus de 50 % des richesses de la planète seront détenues par… moins de 1% de la population mondiale

Les inégalités entre les personnes les plus riches et les plus pauvres continuent de se creuser. C’est ce que révèle un rapport qui explique qu’en 2016, 1 % des personnes les plus fortunées de la planète se partageront plus de richesses que les 99 % restants. DGS vous fait découvrir les conclusions de cette étude alarmante.

« Les richesses dans le monde se concentrent de plus en plus aux mains d’une petite élite fortunée. » Voilà ce que nous explique le rapport rendu en janvier 2015 par Oxfam, une confédération composée de 17 organisations indépendantes dont le but est d’agir « contre les injustices et la pauvreté ». Ainsi, selon des données fournies par le Crédit Suisse, un prestataire mondial de services financiers, le pourcent (1 %) plus riche de la planète détient, en 2014, 48 % des richesses mondiales.

Ce graphique montre la part des richesses mondiales des 1 % les plus riches et des 99 % restants (données : Crédit Suisse, période : 2000-2014) :

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Un homme range son argent via Shutterstock

Mais ce n’est pas tout, puisque la quasi-totalité des 52% de richesses restantes sont aux mains des 20% les plus riches. Ainsi, 80% de la population mondiale doit se partager les « miettes » : 5,5% des richesses. D’ici deux ans, si cette tendance se poursuit, les 1% les plus riches auront en leur possession plus que les 99% restants.

Voici l’évolution de la part des richesses mondiales de 1% les plus riches et des 99% restants (les lignes en pointillés sont une projection de la tendance 2010-2014) :

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Un homme sans abri et son chien via Shutterstock

 

Autre information apportée par ce rapport, de 2010 à 2014, les 80 milliardaires les plus riches du monde ont vu leurs richesses s’accumuler encore plus rapidement. Si en 2010 leur fortune nette s’élevait à 1 300 milliards de dollars, en 2014 elle s’élevait à 1 900 milliards de dollars (soit une augmentation de 600 milliards de dollars en 4 ans). Des données à mettre en perspective avec les richesses totales que se partage la moitié la plus pauvre de la population, qui déclinent depuis 2010. Pour faire simple : 3,5 milliards de personnes se partagent les mêmes richesses que les 80 milliardaires cités plus haut.

Des millions de dollars sont dépensés dans des activités de lobbying afin d’influencer les politiques publiques du monde entier et sauvegarder leurs propres intérêts. « En 2013, les entreprises des secteurs financier et pharmaceutique ont dépensé 550 millions de dollars pour faire pression sur les responsables de l’élaboration des politiques à Washington et à Bruxelles », explique le rapport. Ces données mises en perspective avec le financement de la crise Ebola, qui menace la vie de millions de personnes en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, peuvent faire réfléchir. Ainsi, l’augmentation de la fortune de Stefano Pessina (6e fortune mondiale, Forbes, 2013) en un an, aurait pu payer 3 fois le coût total de l’épidémie estimé à 1,17 milliard de dollars pour la période 2014-2015.

Voici l’évolution des richesses des 80 personnes les plus riches au monde ainsi que celles des 50 % les moins riches (exprimées en milliards de dollars) :

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Un homme jette des billets via Shutterstock

Cependant, tout n’est pas perdu ! Ainsi, le rapport apporte également quelques pistes de réflexion pour remédier à l’explosion actuelle des inégalités. Parmi ces propositions : faire travailler les États pour les citoyens et lutter contre les inégalités extrêmes, promouvoir l’égalité économique et les droits des femmes, verser aux travailleurs un salaire décent et combler le fossé avec les primes vertigineuses des dirigeants, partager équitablement le fardeau fiscal pour uniformiser les règles du jeu, supprimer les échappatoires fiscales internationales et combler les lacunes en matière de gouvernance fiscale ou encore rendre les services publics gratuits et universels d’ici 2020.

Ce rapport d’Oxfam est néanmoins contesté par Alexandre Delalgue, professeur d’économie à Saint-Cyr, dont vous pouvez découvrir l’article.

Les conclusions de ce rapport sont sans équivoque. À la rédaction, nous sommes nombreux à avoir été abasourdis en découvrant ces chiffres très parlants. Difficile d’imaginer que de telles disparités puissent encore exister en 2015. Pensez-vous qu’un jour l’Homme parviendra à mieux partager les richesses dont il dispose pour en faire profiter le plus grand nombre ?

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