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Votre profil Facebook en dit long sur votre santé mentale

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Une femme devant son écran via Shutterstock

Notre activité sur les réseaux sociaux est une véritable mine d’or pour les psychologues. Le nombre d’amis que nous avons sur Facebook, les publications qui apparaissent sur notre mur, l’accessibilité à notre profil… Toutes ces choses qui peuvent paraître sans importance indiquent pourtant un état psychologique qui nous est propre.

Quand on entre dans une communauté, on a tendance à garder pour soi les informations qui risqueraient d’entacher l’image que l’on veut renvoyer aux autres. Notre partie la plus intime est en concurrence avec notre volonté d’intégrer un groupe. Avec Internet, c’est la même chose, sauf qu’il est possible de mettre en scène notre personne avec beaucoup plus de facilité.

shutterstock_383439106Une jeune femme devant son écran via Shutterstock

Tout, sur notre profil, est l’expression de ce que nous sommes. Ce que nous avons choisi de montrer, ou de ne pas montrer, est très révélateur. Ce que nous postons sur Facebook est un indice crucial sur notre personnalité. Selon la quantité de publications, et leur contenu, notre profil peut exprimer un soin particulier accordé à l’image que l’on veut donner de nous, ou au contraire, un manque d’intérêt à l’égard de ce que nous renvoyons.

Un caractère angoissé ou négligent peut être à l’origine du flux de nos publications. Par exemple, des publications très fréquentes peuvent indiquer un désir d’attention, et à l’inverse, avoir un mur désertique peut se traduire par une indifférence du regard des autres, ou par la peur d’être jugé. Bien évidemment, c’est un constat qui est à nuancer quand on sait que certaines personnes n’ont tout simplement pas envie de passer du temps devant leur écran.

facebook-1Le nombre d’amis que nous avons peut lui aussi indiquer une volonté de sociabilité plus ou moins élevée. Et encore une fois, les conclusions à en tirer sont à prendre avec des pincettes. Car un nombre démesuré d’amis peut tout aussi bien révéler un grand sens du relationnel qu’un manque de sociabilité dans la vraie vie. Les réseaux sociaux peuvent être un miroir de notre vie réelle, comme une compensation de ce que nous n’avons pas, et donc une image complètement faussée de ce que nous sommes.

L’activité Facebook est une palette infinie d’indices sur notre état mental. Une étude a d’ailleurs été menée sur la relation entre l’état psychologique de patients cliniques et leur profil Facebook. Elle a été dirigée par Elizabeth Martin, doctorante en sciences psychologiques de l’université des Arts et des Sciences du Missouri.

facebook-2L’équipe d’Elizabeth Martin a demandé aux participants d’imprimer leur mur Facebook. Elle a fait un rapprochement entre les aspects de leur activité et le degré auquel ils pouvaient être exposés à la schizophrénie. L’activité Facebook peut indiquer une gamme de symptômes qui vont du retrait social aux croyances bizarres.

Certains participants ont montré des signes de schizophrénie tels que l’anhédonie sociale, qui est une incapacité à éprouver du plaisir lors d’activités normalement agréables, comme la communication et l’interaction avec les autres. Dans l’étude, les gens qui avaient une anhédonie sociale avaient tendance à avoir moins d’amis sur Facebook, à communiquer moins fréquemment et à partager moins de photos.

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Un homme décoiffé devant son ordinateur via Shutterstock

D’autres participants cachaient une partie importante de leur profil Facebook. Ces participants ont montré des symptômes de schizophrénie, comme une perception faussée de la réalité. Par exemple, mettre en lien de cause à effet des évènements qui n’avaient aucune relation. Cacher son activité Facebook a aussi été considéré comme un signe d’un niveau plus haut de paranoia.

« La beauté de l’activité sur les réseaux sociaux en tant qu’outil de diagnostic psychologique est qu’il élimine certains problèmes associés à l’auto-évaluation des patients. Par exemple, les questionnaires dépendent souvent de la mémoire d’une personne, qui peut être inexacte ou non. En demandant aux patients de partager leur activité Facebook, on a pu voir comment ils s’exprimaient naturellement. Même les parties de leur activité Facebook qu’ils ont choisi de dissimuler donnent des informations sur leur état psychologique », explique-t-elle.

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Ainsi, les réseaux sociaux pourraient être un outil considérable pour les thérapeutes et les psychologues. Ils pourraient leur permettre de faire un portrait psychologique de leurs patients et de dénicher des informations plus rapidement sur leur état psychologique. Si vous vous intéressez à ce que révèlent les réseaux sociaux, découvrez cette étude qui prouve que deux tiers des gens mentent pour embellir leur vie sur la Toile.