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Les requins blancs en captivité meurent en quelques semaines dans le seul but de satisfaire certains curieux

L’Histoire l’a maintes fois démontré : lorsque l’Homme intervient dans l’action de la nature, sa démarche a souvent de désastreuses conséquences. C’est notamment le cas lorsqu’il tente de capturer certains animaux, comme le requin blanc, chasseur hors pair et symbole de la fougue animale. SooCurious tente de vous expliquer pourquoi ce magnifique poisson ne peut vivre en captivité.

Le requin blanc n’a pas d’égal. Situé au sommet de la chaîne alimentaire océanique, il est le résultat de millions d’années d’évolution. Désormais, avec une taille maximale de 6 mètres et un poids pouvant dépasser 2 tonnes, cet immense poisson est une véritable machine à tuer. Mais c’est aussi une espèce particulièrement méconnue de l’Homme, qui tente pourtant encore et toujours de l’enfermer en aquarium.

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Dans les années 80, quelque temps après le très célèbre film « Les Dents de la mer », de Steven Spielberg (1975), certains aquariums ont voulu satisfaire la curiosité humaine. Pour ce faire, ils ont capturé, puis enfermé des requins blancs. Mais ces expériences se sont toutes achevées par le même constat : ce redoutable animal ne peut vivre en captivité.

Résultat de ces essais manqués : tous les spécimens attrapés sont morts ou ont dû être relâchés peu après leur capture. Car une fois sortis de leur environnement naturel, les grands blancs refusaient tout bonnement de se nourrir et certains finissaient même par s’auto-mutiler. Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, aucun parc aquatique n’a pu garder un de ces requins en captivité plus de quelques mois, le record étant de 198 jours consécutifs.

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Pourtant, en janvier 2016, un établissement a de nouveau tenté cette funeste expérience : l’aquarium Churaumi d’Okinawa, au Japon, a enfermé un requin blanc attrapé dans des filets au large de l’île nippone. Dès sa capture, l’animal a refusé de se nourrir et décédait quelques jours plus tard. Pourtant, par le passé, quelques études du grand blanc indiquaient déjà son incapacité à survivre hors de son environnement.

Le grand blanc, comme bien d’autres espèces de notre planète, est un animal migrateur. En résulte une incroyable propension à parcourir de grandes distances, pour la reproduction comme pour la chasse. Enfermer un tel animal dans un espace restreint a donc bien des chances de le déstabiliser, voire de le déprimer. Egalement, comme tous les requins, le grand blanc respire en se déplaçant et fixe ainsi sur ses branchies l’oxygène dissout dans l’eau. Mais dans un aquarium, un grand poisson comme le requin blanc doit certainement manquer d’espace, et donc d’oxygène.

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Enfin, et c’est sûrement la plus solide explication à la mort prématurée des grands blancs en captivité : ces redoutables prédateurs sont d’incroyables machines à tuer et leur évolution a toujours tendu à affuter leur sens de la chasse. Ils se nourrissent donc presque exclusivement de proies vivantes (et de grande taille), ce qu’un aquarium peut difficilement leur fournir ; on imagine sans mal que la vue d’un requin blanc déchiquetant un phoque vivant puisse rebuter plus d’un visiteur. Mais priver un superprédateur d’utiliser ses instincts les plus élémentaires a très certainement un impact sur son équilibre mental et pourrait bien expliquer sa très faible espérance de vie en captivité.

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Requin-blanc-shutterstock Un requin blanc via Shutterstock

Ces théories sont fascinantes et peuvent expliquer pourquoi le grand blanc n’est pas capable de vivre en captivité. Mais elles amènent surtout à une interrogation cruciale, celle de savoir pourquoi certains parcs zoologiques, malgré les expériences ratées du passé, continuent d’exploiter ces superprédateurs et les exposent encore dans de vulgaires boites en verre. Si les sujets sur la protection animale vous intéressent, découvrez l’enfer de Morgan, une orque capturée illégalement pour divertir les foules. A la vue des traitements infligés à diverses espèces animales, quel regard portez-vous sur la curiosité insatiable de l’Homme ?