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La réalité virtuelle permet désormais de détecter si les agresseurs sexuels vont récidiver malgré leur thérapie

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La réalité virtuelle immerge ses utilisateurs dans des situations plus vraies que nature qui sont pourtant créées par ordinateur. C’est cette technologie qui va permettre d’évaluer la dangerosité des délinquants sexuels ainsi que l’efficacité de leur traitement. On vous en dit plus sur cette méthode inédite dans le domaine médico-légal.

Une étude menée par Massil Benbouriche de l’Université de l’École de criminologie de Montréal montre que la réalité virtuelle peut prédire à la fois le comportement des délinquants sexuels et l’efficacité de leur traitement. Un protocole récemment mis au point combine un anneau pénien avec un test de balayage visuel pour mesurer la période de regard sur les zones érogènes et la période de modification du regard entre ces zones. Il permet de déterminer avec plus de précision certains comportements de déviance sexuelle.

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« Maintenant, grâce à la réalité virtuelle, nous pouvons soumettre les individus à une expérience immersive dans un cube de quatre à six grands écrans sur lesquels sont projetés des stimuli », a déclaré Massil Benbouriche. « En testant les protocoles de recherche qui peuvent être appliqués à l’aide de la réalité virtuelle, nous sommes en mesure d’aider à valider empiriquement les théories qui pourraient expliquer pourquoi les délinquants agissent en suivant leurs pulsions. »

La réalité virtuelle est utilisée en santé mentale, en particulier pour l’évaluation et le traitement des troubles anxieux, depuis environ 15 ans. Mais c’est seulement depuis 2006 que l’Institut Philippe-Pinel, où Massil Benbouriche coordonne le laboratoire de réalité virtuelle, l’utilise en psychiatrie médico-légale pour évaluer le profil des délinquants sexuels et les risques qu’ils représentent.

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La pléthysmographie pénienne était jusqu’ici la seule façon de déterminer les préférences sexuelles des délinquants sexuels. Elle consiste à placer un anneau autour du pénis d’un homme pour mesurer les changements dans la circonférence causés par des stimuli visuels ou auditifs soumis à l’individu. Mais la méthode ne va pas sans défauts. « La personne peut avoir le contrôle et brouiller les résultats, elle peut même faire semblant de regarder les images. »

Mais, un protocole mis au point récemment combine l’anneau pénien avec un test de balayage visuel et des stimuli envoyés par ordinateur. Il permet de mesurer la période de regard sur les zones érogènes présentées dans les images et la période de modification du regard entre ces zones. Il permet également de déterminer avec plus de précision certains comportements associés à la préférence sexuelle déviante.

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« De cette façon, nous pouvons évaluer ce que les individus ressentent de leur point de vue. » La technologie a également l’avantage d’être en mesure de créer des stimuli selon certaines caractéristiques de chaque délinquant évalué (hommes ou femmes, adultes ou enfants, couleur de peau, etc.) et dans des environnements complexes se rapprochant du monde réel, comme un bar ou une chambre à coucher.

Pour l’instant, les tests ont porté sur la comparaison entre des patients délinquants sexuels et des personnes non-délinquantes. « Les résultats montrent que l’utilisation de stimuli virtuels donne des résultats similaires aux autres méthodes pour déterminer si oui ou non une personne présente des réponses déviantes », a déclaré Massil Benbouriche. « Nos essais sont concluants, nous savons que la réalité virtuelle est efficace dans le traitement de divers troubles anxieux et de phobies. C’est très prometteur pour le traitement de la schizophrénie. La réalité virtuelle peut devenir un outil clinique fréquemment utilisé en psychiatrie médico-légale dans les prochaines années, à la fois pour juger la dangerosité des individus dangereux et pour déterminer leur capacité à se contrôler en vertu de diverses situations, ce qui permet de mesurer l’efficacité des thérapies. »

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La réalité virtuelle soumet le patient à des stimuli extrêmement réalistes et le balayage visuel permet de s’assurer qu’il se confronte bien au test. Au bureau, on espère qu’à l’avenir cette application évitera que des anciens délinquants sexuels ne soient remis en liberté si leur thérapie n’est pas efficace. Et vous, pensez-vous que la technologie doive intervenir pour aider à la réinsertion et éviter que des drames se produisent ?

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