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10 plantes tellement rares que vous ne les verrez probablement jamais de vos propres yeux

Nous avons tous entendu parler des animaux les plus menacés. Des espèces en voie de disparition comme le rhinocéros noir sont célèbres, et dans certains cas ont été réduits à un tout petit nombre de représentants. Mais quelles sont les plantes les plus menacées ? Même si elles ne suscitent pas toujours autant d’émotions que les animaux, elles sont tout aussi importantes pour notre écosystème.

Découvrez 10 des plantes les plus menacées aujourd’hui. Après une évaluation basée sur plusieurs critères (taille de population, taux de déclin, aire de répartition géographique, etc.), elles ont été presque toutes classées « en danger critique » (CR) par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et inscrites sur sa Liste Rouge. Ces plantes occupent certains coins les plus inaccessibles et éloignés de notre planète. Elles sont menacées par la destruction et la dégradation des milieux naturels, le changement climatique, la cueillette illégale, le braconnage et la concurrence avec les espèces envahissantes.

 

Les sarracénies de Attenborough (Nepenthes attenboroughii)

On peut trouver la sarracénie d’Attenborough seulement au sommet relativement inaccessible du mont Victoria à Palawan aux Philippines. Elle n’a été découverte qu’en 2007 lorsque une équipe de botanistes, avertie par deux missionnaires chrétiens, a escaladé le mont Victoria. Nommée d’après le naturaliste britannique Sir David Attenborough, elle y pousse à des altitudes comprises entre environ 1 500 m et le sommet, à 1 726 m d’altitude. On estime le nombre de plantes à seulement quelques centaines.

Les Nepenthes sont des plantes carnivores qui piègent les animaux dans des bols remplis de liquide en forme de cruche. La sarracénie d’Attenborough est une des plus grandes, avec un réservoir atteignant jusqu’à 30 cm de hauteur qui peut piéger les insectes. Ses grandes dimensions ont fait naître une rumeur selon laquelle elle serait capable de digérer un petit rongeur, mais ce fait n’a jamais été observé.

 

Un palmier suicidaire (Tahina spectabilis)

Le palmier suicidaire est un palmier gigantesque présent uniquement dans les régions reculées du nord-ouest de Madagascar. Il vit environ 50 ans, fleurit une seule fois et meurt peu après.

Les palmiers suicidaires ont été découverts en 2005, par le gestionnaire d’une plantation de noix de cajou pendant une sortie en famille, et officiellement décrits en 2008. Avec leur tronc atteignant 18 m de hauteur, et leurs feuilles en forme d’éventail parfois jusqu’à 5 m de diamètre, les palmiers peuvent être vus sur Google Earth. Il ne reste que près de 90 arbres et une centaine de pousses dans leur habitat d’origine.

 

Orchidée souterraine occidentale (Rhizanthella gardneri)

Cette orchidée inhabituelle passe toute sa vie sous terre. Elle a même de nombreuses fleurs souterraines très odorantes, de couleur crème à brun rougeâtre, qui apparaissent fin mai et début juin.

On la trouve uniquement dans la brousse d’Australie occidentale. Manquant de chlorophylle, elle ne peut donc pas tirer d’énergie des rayons du soleil comme la plupart des plantes. Au lieu de cela, elle tire ses éléments nutritifs des racines de la brousse, en parasitant les champignons qui s’y trouvent. On pense qu’il reste moins de 50 plantes de cette espèce. Celle-ci n’a pas été évaluée par l’UICN, mais l’Australie occidentale l’a classée « en danger critique ».

 

Balle de golf (Mammillaria herrerae)

Trouvée uniquement dans les montagnes de Queretaro au Mexique, la balle de golf est un petit cactus blanchâtre pouvant mesurer 3,5 cm de diamètre et qui ressemble, vous l’avez deviné, à une balle de golf. Ses fruits sont blanchâtres et ses graines brun foncé. Ses belles fleurs rose carmin l’ont rendu si populaire parmi les horticulteurs que de nombreux cactus sauvages sont cueillis illégalement. Comme résultat, leur population a diminué de plus de 95 % au cours des 20 dernières années.

 

Cycas Venda (Encephalartos hirsutus)

Le cycas Venda « hirsute » est seulement présent dans la province de Limpopo en Afrique du Sud. Il a été décrit comme une nouvelle espèce en 1996.

Comme la balle de golf, il est menacé par ceux qui le cueillent illégalement à des fins ornementales, et sa population a diminué. Des rapports non confirmés suggèrent que le cycas Venda est aujourd’hui une espèce éteinte.

 

Arbre de méduses (Medusagyne oppositifolia)

L’arbre de méduses a été considérée comme une espèce éteinte, jusqu’à ce qu’il ait été redécouvert dans les années 1970. Son nom lui vient probablement de son fruit qui ressemble à une méduse quand il est ouvert.

Le seul membre vivant de la famille Medusagynaceae pousse sur les rochers abrupts de l’île de Mahé aux Seychelles. Il y reste seulement environ 86 arbres de méduses matures à l’état sauvage, et ils ne se reproduisent plus.

 

Acacia d’Anegada (Acacia anegadensis)

L’acacia d’Anegada est un arbuste très épineux qui se trouve sur l’île d’Anegada faisant partie des îles Vierges britanniques. Ces îles sont basses de sorte que les arbres pourraient être submergés par la montée du niveau de la mer.

L’état de la population est inconnu, mais l’espèce n’occupe qu’une zone de moins de 10 km carrés. Pour augmenter leurs chances de survie, les arbres matures sont cultivés à proximité du Jardin botanique O’Neal sur l’île de Tortola, et les Jardins botaniques royaux à Kew, Royaume-Uni.

 

Anogramma ascensionis 

Cette petite fougère ressemble à du persil en miniature. Elle est présente uniquement sur l’Ascension, une île volcanique de l’Atlantique-Sud. Depuis plus de 50 ans, elle était considérée comme une espèce éteinte, quand en 2009 une équipe de botanistes est tombée par hasard sur quatre fougères. Elles se trouvaient dans un état précaire sur une falaise abrupte de l’île de l’Ascension, dans des conditions rudes et arides.

Pour sauver les quelques survivantes, les chercheurs les ont soignées pendant des semaines, en descendant la falaise en rappel pour les arroser et enlever les mauvaises herbes. Dès que les plantes ont commencé à produire des spores, l’équipe a prélevé des échantillons et les a envoyés aux Jardins botaniques royaux de Kew, Royaume-Uni, pour la reproduction. Cependant, la fougère est encore extrêmement rare, avec environ 40 plantes matures à l’état sauvage.

 

Arbre corail (Erythrina schliebenii)

L’arbre corail, avec ses fleurs rouge vif et son tronc épineux, peut être aperçu uniquement dans les forêts reculées du sud-est de la Tanzanie. L’espèce a été déclarée éteinte en 1998, mais a été redécouverte en 2001 dans une petite parcelle de forêt. Toutefois, cette parcelle a été exploitée pour le développement des biocarburants, et l’on a craint que cette espèce ne disparaisse, jusqu’à ce qu’elle soit redécouverte en 2011. Il y a maintenant moins de 50 plantes matures dans la nature, dans une seule zone non protégée.

 

Baobab malgache, Mbuiu, Boio (Adansonia madagascariensis Baill)

Présent uniquement à Mayotte et à Madagascar, le baobab malgache est un arbre aux fleurs rouges atteignant 15 m de haut, classé « En danger critique ». Bien qu’il ait toujours été peu commun sur l’île de Mayotte, sa population s’est réduite au cours des 20 dernières années, notamment suite à la coupe de plusieurs d’entre eux et aux défrichements. On ne compte plus aujourd’hui que sept baobabs malgaches à Mayotte, souvent situés dans des zones littorales soumises à des glissements de terrains. La destruction de son habitat de forêt sèche, en particulier pour le développement de cultures ou l’aménagement de sentiers, constitue une menace importante pour cette espèce. Elle est également vulnérable aux risques d’incendies et aux dégradations liées à la fréquentation des sites littoraux et à l’envahissement de son habitat par des plantes exotiques comme la Corbeille d’or (Lantana camara, M’bwasera, M’rimba). Pour répondre à ces menaces, le baobab malgache a été inscrit parmi les espèces protégées et bénéficie d’un plan de conservation spécial, afin de renforcer ses populations.

Protéger les plantes en voie de disparition avant qu’il ne soit trop tard, c’est un combat quotidien qui est loin d’être gagné. Et vous, croyez-vous que tout soit fait pour préserver les espèces menacées ou bien qu’il soit nécessaire de se mobiliser davantage ?

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