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Adieu les piqûres ! Ce petit patch permet d’injecter automatiquement de l’insuline aux diabétiques

Le diabète est une maladie chronique qui affecte près de 387 millions de personnes dans le monde. Elle se traduit par une élévation anormale du taux de glucose dans le sang. Cette anomalie est due à une insuffisance ou une mauvaise utilisation de l’insuline (une hormone sécrétée par le pancréas). Les patients ayant un diabète de type 1 et 2 doivent contrôler leur taux de sucre dans le sang grâce à de fréquentes piqûres sur le bout des doigts et des injections répétées d’insuline. Un processus à la fois douloureux et imprécis. Mais tout cela sera bientôt obsolète : des chercheurs ont en effet développé un nouveau patch qui, grâce à une puce, peut automatiquement libérer de l’insuline dans le corps lorsque cela est nécessaire. SooCurious vous en dit plus sur cet ingénieux patch.

Avec ce nouveau patch, plus besoin de se piquer régulièrement ou de passer son temps à contrôler son taux de glycémie, tout se fait de manière autonome, pour cela les capteurs du patch contrôlent le sang, et lorsqu’ils détectent une augmentation du taux de sucre, ils sécrètent des doses d’insuline qu’ils envoient à travers la peau. Pas plus grand qu’une pièce de monnaie, le patch est composé de plus d’une centaine de petites aiguilles, chacune de la taille d’un cil. Ces micro-aiguilles sont composées d’unités microscopiques de stockage d’insuline et d’enzymes de glucose qui relâchent leur charge lorsque le taux de sucre est trop élevé.

 

Un patch qui peut stabiliser le taux de glucose pendant près de 9 heures

patch

L’étude, qui à été publiée dans le Proceedings of the National Academy of Sciences, a montré que ce nouveau patch indolore peut faire baisser le taux de glucose dans le sang d’une souris atteinte d’un diabète de type 1 pour une durée d’environ 9 heures. Plus de tests pré-cliniques et d’essais cliniques chez les humains sont requis avant que le patch soit utilisé sur les patients, mais ce projet possède néanmoins de grandes chances de réussite.

« Nous avons désigné un patch pour le diabète qui fonctionne vite, qui est facile à utiliser et qui est réalisé à base de matériaux non toxiques et bio-compatibles », explique le co-auteur de l’étude Zhen Gu. « La totalité du système peut être ajustable au poids et à la sensibilité à l’insuline des patients, nous pourrons ainsi rendre le patch intelligent encore plus intelligent », ajoute-t-il.

 

Le patch injecte la dose exacte d’insuline nécessaire

Piqure d'insuline

John Buse, co-auteur principal de l’étude et directeur du Centre de soins pour diabétiques, a déclaré : « Injecter la mauvaise quantité de médicament peut mener à des complications telles que la cécité et l’amputation de certains membres ou des conséquences encore plus graves comme le coma diabétique et la mort. »
Gu et ses collègues ont donc choisi d’imiter les générateurs d’insuline naturels de l’organisme communément appelés cellules bêta. Ces cellules polyvalentes agissent à la fois comme les usines et les entrepôts de la fabrication et stockent de l’insuline dans de minuscules sacs appelés vésicules. Ils ont le même comportement que des centres d’alarme, ils détectent l’augmentation des niveaux de sucre dans le sang et signalent la libération de l’insuline dans le sang.

Lors des expérimentations en laboratoire, lorsque le taux de glucose augmente, l’excès s’entasse dans des vésicules artificielles. Les enzymes transforment alors le glucose en acide gluconique, tout en consumant de l’oxygène. Le résultat de ce manque d’oxygène appelé « hypoxie » est responsable de la transformation des molécules hydrophobes (qui repoussent l’eau) en molécules hydrophiles (qui se dissolvent dans l’eau), ce qui provoque la détérioration rapide des vésicules et l’envoi d’insuline dans le sang.

 

Réalisé à partir de matériaux biologiques, il permettra de faciliter la vie des patients

micro-aiguilles

« Nous avons construit des vésicules artificielles pour réaliser les mêmes fonctions à l’aide de deux matériaux qui pourraient facilement être trouvés dans la nature », dit Jiching Yu, un étudiant en doctorat dans le laboratoire de Gu. Le résultat se compose de millions de structures en forme de bulles, chacune 100 fois plus petite que la largeur d’un cheveu humain. Dans chaque vésicule, les chercheurs ont inséré un noyau composé d’insuline et d’enzymes spécialement conçues pour détecter le glucose.

« Le plus dur pour les patients diabétiques ce n’est pas les piqûres d’insuline ou les contrôles de la glycémie ni même le régime, mais le fait qu’ils doivent les réaliser plusieurs fois par jour tous les jours jusqu’à la fin de leur vie. Si nous pouvons introduire ce nouveau patch chez les patients cela changera la donne », explique Buse, directeur de l’Institut des sciences cliniques de la Caroline du Nord et président de l’Association américaine du diabète. Parce que les souris sont moins sensibles à l’insuline que les êtres humains, les chercheurs pensent que l’effet stabilisateur du patch pourrait avoir une autonomie encore plus longue sur les patients. Leur but, selon Gu, serait de développer un patch intelligent que les patients pourront changer au bout de quelques jours.

 

Les patients diabétiques pourront enfin souffler grâce à cette nouvelle invention géniale. Ils passeront en effet d’un contrôle quotidien à l’utilisation d’un patch autonome qu’il faut uniquement changer deux à trois fois par semaine. À la rédaction de SooCurious, nous avons hâte de savoir si les essais cliniques sur les humains seront positifs. Connaissez-vous des personnes diabétiques dans votre entourage qui seront intéressées par ce patch ou croyez-vous qu’elles ne seront pas emballées par l’idée, privilégiant la méthode utilisée actuellement ?

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— Léon Blum

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