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La maladie de Parkinson viendrait de l’intestin selon une nouvelle étude

Malgré les recherches sur le sujet, les origines de la maladie de Parkinson constituent un véritable casse-tête pour les scientifiques. Cependant, une étude de l’Institut Karolinska en Suède vient étoffer la théorie selon laquelle cette maladie neuro-dégénérative viendrait de l’intestin. Le retrait chirurgical du nerf vague permettrait notamment de diminuer le risque de développer la maladie.

 

Une étude qui appuie l’origine intestinale de la maladie de Parkinson

La théorie de l’origine intestinale de la maladie de Parkinson est défendue par un certain nombre de scientifiques comme le professeur Heiko Braak, neuroanatomiste à l’Université d’Ulm en Allemagne.

Dans leur nouvelle étude publiée par la revue Neurology, des chercheurs de l’Institut Karolinska de Stockholm viennent réaffirmer l’hypothèse selon laquelle la maladie germerait dans le système nerveux intestinal pour ensuite rejoindre le cerveau. Le nerf vague, qui part de l’encéphale pour innerver le système digestif et autres viscères de l’abdomen, permettrait à la maladie de se propager de l’intestin au cerveau.

Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont étudié les registres nationaux des patients ayant subi une vagotomie, c’est-à-dire une résection du nerf vague, sur une période de 40 ans. Cette opération chirurgicale a notamment pour objectif de guérir l’ulcère gastroduodénal. L’étude s’appuie sur un échantillon de 9 430 personnes ayant subi l’intervention, qu’elle compare à 377 200 personnes issues de la population du pays.

Credit : Marina Guimarães, Wikimedia commons

 

Un risque moins élevé de développer Parkinson après retrait du nerf vague

Les chercheurs ont découvert que la résection du nerf vague diminuait le risque de développer la maladie de Parkinson.

Afin d’empêcher la sécrétion d’acidité gastrique la vagotomie peut se faire de deux façons, en sectionnant soit les branches qui innervent l’estomac (vagotomie sélective), soit les troncs droit et gauche du nerf qui arrivent dans l’abdomen (vagotomie tronculaire). Si la comparaison des patients ayant subi l’intervention avec la population générale n’a pas donné de résultats significatifs (1,07 % contre 1,28 % ont développé la maladie de Parkinson), l’analyse des deux types de vagotomie est beaucoup plus intéressante !

En cas de vagotomie tronculaire, c’est-à-dire de section des filets nerveux reliés à l’estomac mais aussi à l’intestin, la maladie de Parkinson n’est apparue que sur 0,78 % des patients ! Ces résultats tendent à démontrer que c’est bien l’intestin qui transmet la maladie au cerveau via le nerf vague. Sur leur échantillon de population, les chercheurs ont déduit après prise en compte d’autres facteurs, que la vagotomie tronculaire réduisait de 40 % le risque de développer la maladie de Parkinson, à condition que l’opération ait eu lieu au moins cinq ans avant la reconnaissance par les médecins de la maladie.

 

La migration de la protéine alpha-synucléine

La protéine alpha-synucléine est responsable de la destruction des neurones à dopamine de la substance noire du cerveau qui jouent un rôle important dans le contrôle des mouvements. Si la communauté scientifique ne sait que peu de choses sur la diffusion de l’alpha-synucléine, des études précédentes ont démontré qu’un mécanisme infectieux lui permettait de se déplacer de neurone en neurone.

Plusieurs analyses accréditent déjà l’idée que cette protéine pourrait se propager de l’intestin au cerveau. Des dépôts d’alpha-synucléine ont été retrouvés dans l’intestin de patients avant que la maladie de Parkinson ne se développe dans leur organisme. De même, une étude menée par l’Université de Lund en 2014 sur le rat, démontrait que l’alpha-synucléine empruntait le nerf vague pour atteindre le tronc cérébral depuis l’intestin.

Credit : Marvin 101, wikimedia commons

 

Limites et avenir de l’étude

D’après le chercheur Bojing Liu co-auteur de l’étude, de nouvelles recherches doivent être menées pour tester cette théorie. Les limites posées par l’échantillon, trop petit dans les groupes étudiés, ainsi que l’impossibilité de maîtriser tous les facteurs qui favorisent la maladie de Parkinson, maintiennent un certain nombre d’incertitudes.

Cependant, l’étude de l’Institut Karolinska constitue une avancée notoire dans la connaissance des origines de la maladie de Parkinson. Elle suppose notamment que la résection du nerf vague pourrait retarder le développement de la maladie.

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