13 751 personnes connectées

Alors que l’homophobie est en hausse, une cérémonie vient défendre et récompenser la visibilité LGBT

Ce jeudi 29 juin, l’Association des Journalistes LGBT organise la première cérémonie des « OUT d’or ». Une remise de prix qui vise à récompenser les médias, politiques, personnalités pour leurs prises de position et leur travail sur les questions des représentations des communautés LGBTQI. La soirée se veut à la fois un moment d’engagement mais aussi un moment festif qui réunira des personnalités de tous les milieux.

 

L’HOMOPHOBIE TOUJOURS PLUS PRÉSENTE

En mai dernier, SOS Homophobie publiait son rapport annuel sur la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie en France. Et l’état des lieux dressé est des plus inquiétants. Selon le rapport, les témoignages de LGBTphobie ont connu une augmentation de 19.5 % en un an. Parmi les premières victimes, on retrouve les transsexuels dont le nombre de témoignage a grimpé de 76 %. C’est dans ce contexte difficile qu’arrivent les premiers « OUT d’or » organisés par l’Association des Journalistes LGBT (AJL).

 

UNE PREMIÈRE EN FRANCE

Créée en 2013 en plein regain d’homophobie lié à la Manif pour tous, l’Association des Journalistes LGBT réunit les journalistes qui s’identifient à ces identités et assurent un travail de veille sur le traitement et les représentations des questions LGBT dans les médias. Ce jeudi 29 juin, l’association tiendra en collaboration avec La Maison des Métallos la première cérémonie des « OUT d’or ».

Inspirée des GLAAD Media Awards américains, cette cérémonie récompensera « les médias, personnalités et initiatives qui accroissent la visibilité des thématiques LGBTQI, contribuent à la lutte contre l’homophobie et changent le regard de la société sur les communautés LGBTQI« . Une première en France qui est pour l’association une manière de poursuivre son engagement tout en proposant un évènement valorisant et positif. 

 

UN MOMENT DE SENSIBILISATION MAIS AUSSI DE FÊTE

Cette cérémonie qui sera présentée par la journaliste Marie Labory et l’humoriste Shirley Souagnon veut sensibiliser sur la représentation des questions LGBTQI dans les médias mais sera aussi et avant tout « une grande fête, un moment chaleureux d’empowerment ». Illustration de cette double vocation des OUT d’or, la remise de prix sera précédée par une conférence sur les élus LGBTQI et sera suivie par une sélection musicale assurée par des figures de la nuit LGBTQI.

Loin de toute forme de communautarisme, les OUT d’or rassembleront des personnalités de tous les milieux. Politiques, militants, acteurs du monde de la culture, etc., nombreux sont ceux qui ont déjà répondu à l’invitation de cette soirée. En attendant les résultats le 29 juin, découvrez dès à présent la liste des nommés par catégorie de ces premiers Out d’or.

 

OUT dor du documentaire  

◆ Devenir il ou elle – de Lorène Debaisieux et Lise Barnéoud, diffusé le 26 janvier 2017 sur France 5

◆ Entre deux sexes – de Régine Abadia, diffusé le 30 mai 2017 sur Arte

◆ Paris is Voguing – de Gabrielle Culand, diffusé le 8 mai 2016 sur France 4

◆ Enfants du terril: vivre malgré la misère – de Frédéric Brunnquell, diffusé le 28 mars 2017 sur France 2

◆ Nos désirs font désordre – de Charlotte Bienaimé, diffusé le 26 aout sur France Culture

◆ De l’autre côté – de Réjane Varrod, diffusé le 29 février 2016 France 3 Paris-IDF

 

OUT dor de lenquêtereportage

◆ Rose Marine. Enquête sur le FN et l’homosexualité – de Marie-Pierre Bourgeois, paru en avril 2016 aux Editions du Moment

◆ Les séropositifs, pestiférés en Chine – d’Alix Norman, paru le 19 juillet 2016 dans Libération

◆ Mirage gay à Tel Aviv – de Jean Stern, paru en mars 2017 aux éditions Libertalia

◆ La «double peine » des migrants homosexuels – de Blaise Gauquelin, paru le 11 octobre 2016 dans Le Monde

◆ Adoption: les couples homosexuels sont-ils discriminés ? – de Youen Tanguy, diffusé le 17 mai 2017 sur LCI

◆ Tchétchénie: des homosexuels persécutés se confient – d’Eléna Volochine, diffusé en avril 2017 sur France 24

 

OUT dor de la rédaction engagée

◆ Buzzfeed News France, pour sa couverture de manière quasi quotidienne des thématiques LGBTQI, en embauchant des journalistes spécialisé-e-s.
◆ L’Union-L’Ardennais, pour la publication, le 23 novembre 2016 dans son édition de Châlons-en-Champagne, de son « mur de la honte » affichant les commentaires homophobes reçus sur son site après un article consacré à une campagne d’affichage contre le VIH mettant en scène des couples d’hommes. Le lendemain, la rédaction a réalisé un “mur de l’espoir” avec les commentaires des lecteurs soutenant la campagne et les droits LGBTI.
◆ Le Gros Journal – Canal +, pour son traitement multipliant les reportages et interviews sur la culture et contre-culture LGBTQI.

◆ Slate France, pour ses multiples prises de positions en faveurs des LGBTI, notamment via les éditoriaux de Claude Askolovitch et Nadia Daam.

◆ Sud-Ouest, pour avoir été le premier quotidien français à qualifier la tuerie d’Orlando, qui a fait 49 morts dans un club gay de la ville, de «massacre homophobe » sur sa Une du 13 juin

 

OUT dor de la presse étrangère

◆ Anderson Cooper – Journaliste CNN, USA, pour son traitement empreint de professionnalisme et d’émotion lors de la couverture de la tuerie d’Orlando sur CNN.

◆ Telquel – Magazine, Maroc, pour sa décision de traiter, dans un contexte difficile, les thématiques LGBT, de manière régulière et engagée.

◆ National Geographic – Magazine, USA, pour son numéro de janvier 2017, dédié à la « Gender Revolution », avec en Une, une photo d’Avery Jackson, fillette transgenre.

◆ Çiçek Tahaoğlu – Journaliste, Turquie, pour son enquête dans les colonnes de Bianet, sur les agressions dont sont victimes les victimes LGBT en Turquie.
Dylan Marron – Journaliste, USA, pour ses vidéos vues des millions de fois sur le net, dans lesquels le journaliste combat avec humour les LGBT-phobies, le racisme, le sexisme, l’islamophobie.  

◆ Novaïa Gazeta – Journal, Russie, pour avoir révélé en avril 2017 la terrible persécution dont sont victimes les homosexuels en Tchétchénie.

 

OUT dor du coup de gueule

◆ Mikky Blanco face à Henri Guaino, Salut les Terriens, C8 – 24 septembre 2016

◆ Caroline Mécary face à Ludovine de la Rochère, Week-End Direct, BFM TV – 16 octobre 2016

◆ Nicolas Martin s’insurgeant contre le traitement médiatique de la tuerie d’Orlando, La revue de presse, France Culture – 13 juin 2016

◆ Amélie Mauresmo dénonçant l’interdiction de PMA pour les lesbiennes, On N’est Pas Couché, France 2 – 23 avril 2016

◆ Leïla Slimani condamnant la pénalisation de l’homosexualité au Maroc, C A Vous, France 5 – 3 novembre 2016.

◆ Sophia Aram ridiculisant l’homophobie des mouvements anti-égalité, 7-9, France Inter – 15 Mai 2017

 

OUT dor de lentreprise

◆ DELL, pour sa Journée de la Diversité en avril 2017, pour sensibiliser à la lutte contre les LGBT-phobies au sein de son site de Montpellier.
◆ BCG, pour son étude sur la vie des jeunes LGBT en entreprise
◆ L’ensemble des annonceurs pendant Touche Pas à Mon Poste (C8), pour le retrait de leur spot publicitaire pendant l’émission, condamnant ainsi le canular homophobe du 18 mai 2017.

◆ Système U, pour sa campagne de publicité contre les stéréotypes sexistes des catalogues de jouets.

◆ Meetic, pour sa campagne de publicité mettant pour la première fois en scène un couple de femmes.

 

OUT dor de la personnalité politique

◆ Nathalie Kosciusko-Morizet, pour avoir dénoncé, dans son ouvrage Nous avons changé de monde – ed. Albin Michel, et sur le plateau d’On N’est Pas Couché – France 2, « l’hypocrisie » et la double vie de certains élus ayant défilé dans les rangs de la Manif pour tous.

◆ Marik Fetouh, pour avoir dénoncé sur Facebook l’agression dont a été victime son compagnon, fin avril 2017.

◆ Chaynesse Khirouni, pour son engagement dans les débats pour l’amélioration de la loi consacrée au changement d’état cilvil des personnes trans.

◆ Ian Brossat, pour sa plainte déposée contre les tweets homophobes dont il a été l’objet au printemps 2015, et pour laquelle les agresseurs ont été condamnés en février 2017.

◆ Jean-Luc Mélenchon, pour son post Facebook rappelant, alors que de nombreux médias hésitaient à qualifier la fusillade d’Orlando d’homophobe, que ce sont les victimes qui qualifient le crime.

 

OUT dor de la création artistique

◆ Celui qui est digne d’être aimé, Roman d’Abdellah Taia

◆ 120 battements par minutes, Film de Robin Campillo

◆ Ouvrir la voix, Film d’Amandine Gay

◆ Mauvais genre, Exposition de Sébastien Lifshitz

◆ Désorientale, Roman de Negar Djavadi

◆ Let A B!tch Know, Album de Kiddy Smile

◆ Madame Arthur, Cabaret de Madame Arthur

◆ Monstres d’amour, Spectacle de Rebecca Chaillon 

 

OUT dor de la personnalité de lannéePrix du public  

◆ Muriel Robin, pour avoir incarné sur scène un couple lesbien avec Michèle Laroque dans « Elles s’aiment ». Elle a également pris position contre les séquences homophobes dans Touche pas à mon poste (C8), et abordé l’homoparentalité lors de son passage sur Le Divan (France 3).

◆ Louis-Georges Tin, pour son parrainage, en juillet 2016, de la première Paris Black Pride.

◆ Thomas Beatie, pour la visibilité qu’il porte des personnes trans dans la dixième saison du programme de télé-réalité Secret Story (NT1).

◆ Vincent Dedienne, pour l’évocation de son homosexualité dans son spectacle S’il se passe quelque chose, et son humour très queer dans ses chroniques de l’émission Quotidien (TMC). Il a également accepté de parrainer le collectif « Urgence Tchétchénie ».

◆ Adrian de la Vega, pour ses vidéos informatives et casser les clichés sur la transidentité.  

◆ Oceanerosemarie, pour son spectacle « Chatons violents » et ses chroniques sur Arrêt sur images, luttant avec humour contre les LGBTphobies et toutes les discriminations. Sa comédie romantique lesbienne “Embrasse-moi” à l’affiche cet été contribue également une fois de plus à la visibilité des lesbiennes.

◆ Virginie Despentes, pour la sortie fin mai 2017 du troisième volume de son roman Vernon Subutex, et ses nombreuses interventions dans les médias grand public pour mettre à jour les mécanismes et effets toxiques de l’hétéronormativité et du sexisme.