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S’il existe une vie extraterrestre, cet ordinateur chimique développé par la NASA a été conçu pour la trouver

La NASA ne cesse de nous impressionner par ses innovations. Aujourd’hui, l’une de ses équipes nous dévoile un ordinateur un peu particulier : celui-ci est chimique et pourrait bientôt trouver de la vie extraterrestre. SooCurious vous explique tout sur ce nouveau gadget aussi intrigant que prometteur.

Le Jet Propulsion Laboratory de la NASA, à Pasadena (Californie), a mis au point un laboratoire miniaturisé qui peut analyser des échantillons et déterminer s’il y a de la vie quelque part ailleurs que sur Terre. Ce bijou de technologie tient dans une sorte d’ordinateur portable, un peu plus épais pour contenir les composants d’analyses chimiques. « Si cet instrument était envoyé dans l’espace, il serait le dispositif le plus sensible de son genre à quitter la Terre, et le premier à être capable d’analyser aussi bien les acides aminés et les acides gras », explique Jessica Creamer, stagiaire post-doctorante au JPL. Les chercheurs espèrent ainsi qu’il atteigne d’autres corps planétaires comme Mars ou Europa, afin de savoir s’il y a de la vie sur ces autres astres.

 

Voici l’ordinateur chimique de la NASA qui pourrait nous aider à trouver de la vie extraterrestre

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« Notre dispositif est un analyseur chimique qui peut être reprogrammé comme un ordinateur portable afin d’effectuer différentes tâches », ajoute Fernanda Mora, qui développe elle aussi cette technologie. « Nous avons différentes applications pour différentes analyses comme celles des acides aminés et des acides gras. » En effet, les acides aminés sont les blocs de construction des protéines ; et les acides gras, les éléments clés des membranes cellulaires. Ces deux éléments sont essentiels à la vie. En les détectant, on peut donc aussi prouver que la vie existe à cet endroit. Cependant, ils peuvent aussi se trouver dans des éléments sans vie, et jusque-là il était difficile de faire la différence. Le nouvel ordinateur conçu par l’équipe en est capable !

Pour résumer assez grossièrement, ce nouvel outil est si sensible qu’il peut détecter les acides aminés et les acides gras mais pas seulement. Il existe deux types d’acides aminés difficiles à distinguer : gaucher et droitier, comme l’explique la NASA, qui sont des miroirs et contiennent les mêmes composants. D’après certains scientifiques, il se pourrait que sur Terre, la vie ait évolué en utilisant plutôt les acides aminés gauchers. Mais il est donc aussi probable que quelque part ailleurs, une autre forme de vie utilise les acides aminés droitiers. Et cette machine est capable de le savoir : « Si un test trouve un mélange à 50/50 d’acides aminés gauchers et droitiers, nous pourrions conclure que l’échantillon n’était probablement pas d’origine biologique. Mais si nous arrivions à trouver un excès à gauche ou à droite, ce serait le ticket d’or. Ce serait la meilleure preuve à ce jour que la vie existe sur d’autres planètes », conclut Jessica Creamer.

 

Jessica Creamer, Fernanda Mora et Peter Willis, l’équipe du JPL qui a mis en oeuvre ce projet incroyable

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La machine ne peut analyser qu’un échantillon liquide ; ce qui ne représente pas un véritable problème pour des planètes comme Europa, où ils pourront trouver de la glace à injecter directement dans l’analyseur chimique. Mais l’équipe a dû aussi chercher le moyen de le faire sur une planète peu coopérative comme Mars. La solution a été en partie apportée par Luther Beegle qui a intégré la technologie de « machine à expresso », où l’échantillon est mélangé à de l’eau liquide et chauffé à plus de 100 °C. L’eau transporte alors les molécules organiques à analyser. Mélangé à un colorant fluorescent qui se fixe en particulier soit sur les acides gras soit sur les acides aminés, un laser de détection est mis en route et permet de différencier les acides aminés des acides gras. Afin de distinguer de même les acides aminés droitiers et gauchers, des additifs chimiques sont mélangés à l’échantillon, certains interagissant avec les droits, d’autres avec les gauches.

Le dispositif est encore au stade de prototype mais représente déjà un bel espoir pour les scientifiques. Ils ont d’ailleurs déjà fait plusieurs tests, sur Mars Yard par exemple, où ils ont pu placer l’ordinateur chimique dans un rover. L’ordinateur devait ici, analyser un échantillon de rouille verte, un minéral qui absorbe des molécules organiques explique Michael Russell. « C’était la première fois que nous voyions l’instrument fonctionner en dehors du laboratoire. » Pour son fonctionnement, il est clair qu’il faudra un rover pour l’accompagner sur d’autres planètes, et c’est pourquoi le premier test se devait d’être celui-ci. Encore en phase de test et d’amélioration des capteurs et du laser par exemple, cet ordinateur ne manquera sûrement pas de faire parler de lui dans les années à venir !

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La Voie lactée via Shutterstock

Si ce petit bijou de technologie n’est encore qu’au stade de prototype, toute la rédaction croise les doigts pour qu’il parvienne un jour à trouver de la vie extraterrestre quelque part dans l’Univers. En attendant, on félicite avec beaucoup d’enthousiasme toutes les équipes de la NASA, qui voient toujours plus grand et ne cessent de nous impressionner. Pensez-vous qu’un jour nous trouverons de la vie sur une autre planète ou croyez-vous que nous sommes seuls dans l’Univers ?

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— Philippe Noiret