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Catastrophique : la situation des centrales nucléaires françaises n’a jamais été aussi mauvaise

C’est le patron de l’Autorité de Sûreté Nucléaire qui le dit : la situation du nucléaire en France est « très préoccupante ». Des centrales qui vieillissent, des dossiers falsifiés, des entreprises en difficulté économique… Il est urgent d’intervenir.

A la tête de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) jusqu’en novembre 2018, Pierre-Franck Chevet tire la sonnette d’alarme : l’état du nucléaire, fleuron de l’ingénierie française, est loin d’être aussi bon que les nucléocrates veulent bien le faire croire. Pourtant issu de l’École des Mines et de Polytechnique, Pierre-Franck Chevet a décidé de se montrer exigeant, et multiplie les interviews où il dévoile les différents problèmes et défaillances de nombreuses centrales.

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Ainsi, un tiers des réacteurs nucléaires français ont été arrêtés afin de s’assurer qu’ils remplissent les nouvelles conditions de sécurité mises en place après Fukushima. Mais EDF ou Areva, les grandes entreprises chargées des contrôles et des travaux, n’ont pas les moyens de les réaliser consciencieusement. Et les malfaçons sont nombreuses : ici, le béton d’un bunker protégeant un générateur de secours (dont l’importance n’est plus à démontrer depuis Fukushima) n’était pas assez solide ; là, des dossiers ont été falsifiés par Areva pour dissimuler la piètre qualité de certaines pièces. À Flamanville, où des milliards d’euros sont en jeu, l’EPR n’est pas encore construit que sa cuve présente déjà une défaillance.

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Pierre-Franck Chevet est donc naturellement vu d’un œil particulièrement hostile par tous les pro-nucléaires, habitués à la complaisance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, et on s’inquiète pour les 125 000 emplois directs créés par le nucléaire. Pourtant, Pierre-Franck Chevet ne demande que des moyens humains et financiers supplémentaires pour mener à bien ses contrôles, qui lui sont refusés. Le patron de l’ASN compte donc sur le soutien de l’opinion publique, qu’il tente d’informer par tous les moyens. Rendez-vous dans deux ans pour le bilan…

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