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Pourquoi les nourrissons sont-ils beaucoup plus sensibles à la douleur que les adultes ?

une-bebe-douleur-sensible Les nourrissons sont plus sensibles à la douleur que les adultes via Shutterstock

Une récente étude menée par des chercheurs de l’université d’Oxford avait pour objectif de comparer la sensibilité à la douleur chez un nourrisson et chez un adulte. Résultat : les premiers seraient moins tolérants face à la douleur que les seconds ! SooCurious vous en dit plus sur cette étude au résultat étonnant.

C’est en utilisant pour la première fois l’imagerie cérébrale que les chercheurs de l’université d’Oxford sont parvenus à cette conclusion : les nourrissons ont un seuil de tolérance à la douleur inférieur à celui des adultes. En effet, l’utilisation de l’imagerie cérébrale (IRM) a permis de constater que les zones d’activité cérébrale répondant à la douleur se sont activées chez le bébé et chez l’adulte, mais lors d’un stimulus quatre fois plus faible chez le nourrisson.

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Les zones cérébrales associées à la douleur se sont activées chez le nourrisson et chez l’adulte via Shutterstock

L’étude a porté sur dix nouveaux-nés, en bonne santé, âgés d’un à six jours et sur dix adultes, également en bonne santé, et âgés entre 23 et 36 ans. L’expérimentation consista à presser doucement une tige rétractable sur la voûte plantaire pour voir la réaction du cerveau. Les scientifiques ayant travaillé sur l’étude ont affirmé que la douleur équivalait à être piqué à l’aide d’un crayon, soit une douleur légère qui ne réveillait même pas les nourrissons lorsqu’ils s’endormaient dans le scanner.

Les résultats une fois comparés, les chercheurs ont fait part de leurs conclusions. Sur les 20 régions cérébrales associées à la douleur, 18 d’entre elles étaient déjà actives chez les bébés. Cela prouve déjà qu’un nourrisson ressent autant la douleur qu’un adulte. Mais les résultats ne s’arrêtent pas là. Le cerveau des bébés répondait à un picotement équivalent à 128 millinewtons. Chez les adultes, le cerveau répondait de la même manière alors que le picotement était quatre fois plus fort, car équivalent à 512 mN. Cela prouve ainsi que les bébés sont plus sensibles à la douleur que les adultes.

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Les adultes supportent mieux la douleur que les enfants via Shutterstock

Ces résultats vont à l’encontre des premières croyances des médecins qui, avant une étude publiée en 1987, pensaient que les bébés ne souffraient pas du tout. De fait, ils réalisaient les opérations sans anesthésie. Depuis, la douleur est prise en charge et reconnue chez l’enfant. Néanmoins, une étude de 2014 sur les pratiques de gestion de la douleur néonatale a prouvé que de nombreux efforts restaient à fournir. En effet, il semblerait que les nouveaux-nés en soins intensifs aient à subir 11 interventions douloureuses en moyenne chaque jour. Or, seule la moitié de ces interventions sont accompagnées de traitements anti-douleurs.

Alors que la récente étude a démontré que les bébés étaient plus sensibles à la douleur que les adultes, certains expliquent que cela pourrait avoir des effets pratiques concernant la circoncision néonatale, souvent réalisée sans anesthésie. Ce serait également un moyen de pouvoir enfin tester le fonctionnement et l’efficacité des traitements analgésiques chez le nourrisson dans la mesure où celui-ci ne peut pas s’exprimer.

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Les nourrissons ont un seuil de tolérance à la douleur inférieur à celui des adultes via Shutterstock

Voilà une étude étonnante ! Les nourrissons auraient un seuil de tolérance à la douleur inférieur à celui des adultes. Quand on pense que jusqu’à la fin des années 1980, les médecins ne croyaient pas à la sensibilité à la douleur chez le nouveau-né… Néanmoins, de nombreux traitements chez les bébés continuent à s’effectuer sans anti-douleurs. Pensez-vous que ces conclusions soient en mesure de faire évoluer les traitements réservés aux nouveaux-nés ?

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