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Comment les moustiques pourraient aider à résoudre des enquêtes policières

Il est désormais possible d’analyser l’ADN de sang humain contenu dans l’estomac des moustiques. Une technique à première vue sans grand intérêt, mais qui pourrait révolutionner la criminologie en permettant d’identifier de nombreux délinquants.

Une avancée plutôt anodine pour les scientifiques

Ce pourrait être une goutte d’eau dans l’océan de la science. Une équipe japonaise de l‘Université de Nagoya, menée par le professeur Toshimichi Yamamoto, est parvenue à analyser l’ADN du sang contenu dans l’estomac d’un moustique plus de deux jours après la piqûre. Jusqu’à présent on ne savait pas exactement combien de temps le sang restait exploitable. Mais les chercheurs ont également réussi à déterminer précisément chez qui le moustique avait prélevé son repas.

Pour arriver à ce résultat, ils ont utilisé la technique de la réaction en chaîne par polymérase. Cette méthode consiste à dupliquer un grand nombre de fois (de l’ordre du milliard) une séquence d’ADN à partir d’une quantité très petite d’acide nucléique. Les chercheurs ont pu identifier lequel de leurs cobayes volontaires avait été piqué par deux espèces de moustiques, le moustique commun (Culex pipiens pallens) et le moustique tigre (Aedes albopictus).

Le moustique, bientôt meilleur ami de la police scientifique?

 

Un grand pas pour l’identification de criminels

Or, il faut savoir que ces insectes ont des durées de vie très réduites (quelques semaines, quelques mois tout au plus). Ils ne parcourent en outre que peu de distance au cours de leur courte vie. Si l’on identifie le lieu de ponte (pour le moustique tigre des eaux stagnantes), il est donc tout à fait possible de savoir où se trouvait un moustique dans les semaines précédant sa capture. Il n’y a plus qu’à croiser l’ADN retrouvé dans son sang avec celle d’un suspect par exemple.

« Cette technique peut aider le travail de la police pour identifier qui se trouvait sur les lieux du crime », explique donc le professeur Yakamato dans la revue PLOS ONE. Les recherches se poursuivent donc pour pouvoir identifier plus précisément le moment de la piqûre, l’écart de 48 heures laissant pour l’instant une certaine marge aux malfaiteurs. Pour éviter d’être identifiés, ceux-ci pourraient donc être obligés d’ajouter à leurs gants et cagoules un traitement anti-moustique !

Un laboratoire médico-légal à Birmingham. L’analyse ADN a révolutionné la criminologie.