13 318 personnes connectées

Le sacrifice humain profite aux plus hautes classes sociales : les mathématiques l’ont prouvé

une-sacrifice-humain

L’idée de sacrifier un être humain fait froid dans le dos. Et pourtant, beaucoup de civilisations ont pratiqué des rites religieux morbides pendant des millénaires et certaines en pratiquent encore aujourd’hui. Alors, comment se fait-il que tant de cultures sacrifient des hommes en dépit du problème moral que cela pose ? Des scientifiques ont utilisé un logiciel de probabilité qui leur a permis de saisir les « bénéfices » des sacrifices humains sur la société. 

Ce sont cinq chercheurs néo-zélandais qui se sont penchés sur la question. Ils ont ainsi examiné 93 cultures austrosienne des îles pacifiques, de l’Asie du Sud-Est au nord à la Nouvelle-Zélande au sud. En puisant leurs informations sur la base de données Pulotu, ils ont pu déterminer quelles sociétés pratiquaient le sacrifice humain et quand elles le pratiquaient. Ils ont créé un logiciel de statistiques basé sur le modèle bayésien. Les mathématiques leur ont permis de déterminer l’impact du sacrifice humain sur trois systèmes sociaux différents : égalitaires, à hiérarchie modérée et à très forte hiérarchie.


sacrifice-humain-5

Dans leur étude publiée dans la revenue Nature, on peut lire : « La preuve d’un sacrifice humain a été observé dans 40 cultures sur 93 (43 %). Le sacrifice humain a été pratiqué dans 5 sociétés égalitaires sur 20 (25 %), dans 17 sociétés à hiérarchie modérée sur 46 (37 %), et dans 18 sociétés à forte hiérarchie sur 27 (67 %). »

Leurs premières analyses ont suggéré que les sacrifices permettaient de maintenir une stratification sociale, c’est-à-dire un système qui hiérarchise et différencie fortement les positions sociales. Dans leur nouvelle étude, les chercheurs ont voulu comprendre le rapport entre le sacrifice humain et la stratification sociale au fil du temps. Ils ont ainsi analysé l’évolution de chacune de ces cultures afin de comprendre quel rôle pouvait avoir cette sinistre pratique dans leur évolution.

sacrifice-humain-2

Les recherches ont révélé plusieurs faits qui, s’ils ne sont pas vraiment surprenants, sont révélateurs. Premièrement, le sacrifice humain permettrait de maintenir une stabilité dans les sociétés fortement hiérarchisées. Ensuite, il aurait pour effet de faire passer une société à hiérarchie modérée à une société fortement hiérarchisée. Enfin, étrangement, ce genre de châtiment pratiqué par des sociétés égalitaires ne modifierait rien à leur système social.

En d’autres mots, le sacrifice humain est un outil imparable pour les élites qui veulent garder le pouvoir dans des sociétés hiérarchisées socialement. Cela est particulièrement vrai dans le contexte austrosien, où c’étaient généralement les dirigeants politiques et religieux qui sacrifiaient des humains au plus bas de la hiérarchie, comme les esclaves.

sacrifie-humain-3Rappelons tout de même que ces conclusions sont valables dans des circonstances particulières : celui des sacrifices humains religieux dans les cultures austronésiennes. Notons que ces sociétés sont elles-mêmes différentes les unes des autres, assez pour que cette analyse ne soit plus valable quand les sacrifices sont faits par l’Etat, dans le cadre d’un génocide par exemple.

Par ailleurs, il est important de garder à l’esprit qu’il est extrêmement difficile de quantifier le sacrifice humain et le statut social, de sorte que ces résultats ne représentent que les tendances les plus répandues et les plus abstraites.

sacrifice-humain-4

Les sacrifices humains permettraient donc de maintenir, et même de renforcer les inégalités. Aussi dérangeant que fascinant… Si vous aimez les études sociétales, en voici une attristante : entre surmenage et pression sociale, les femmes sont plus souvent amenées à abandonner leur travail que les hommes

Ces articles vont vous plaire

icone dossier
— @DailyGeekShow

Un garçon de 13 ans passe en moyenne 1,57 heures par jour devant un ordinateur soit près de 24 jours entiers sur une année, soit 6,5% de son temps de vie.