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10 maladies qui risquent d’exterminer des espèces entières

koala-bebeLes koalas sont menacés par des maladies via Shutterstock

Si l’homme a toujours fait face à diverses affections, il est loin d’être la seule espèce à subir de tels maux. Les animaux, eux aussi, doivent composer avec des maladies en tous genres. 

 

Ebola

Ebola n’est pas une affection seulement humaine, même si elle a décimé 10 000 personnes l’an dernier. Car les grands singes en ont aussi pâti. Comme au début des années 90, lorsque la maladie a décimé des groupes de chimpanzés vivant dans le parc national de Taï, en Côte d’Ivoire. Au cours de la décennie suivante, les épidémies se sont répétées dans la République du Congo et a grandement affecté la population de gorilles.

Ebola a ainsi décimé, entre 2002 et 2003, 5000 gorilles des plaines de l’Ouest – une espèce menacée – du sanctuaire de Lossi. Elle a ensuite exterminé des centaines de gorilles dans le parc national d’Odzala-Kokoua en 2003-2004.

Chimpanzé

Le virus atteint aussi durement l’homme que les singes et tue environ 95 % des individus qu’il infecte, provoquant au préalable une forte fièvre et des saignements. Mais ses effets peuvent être particulièrement dévastateurs lorsqu’il est combiné à d’autre menaces, comme la chasse ou la déforestation.

Pour combattre Ebola, les vaccins sont une des meilleures solutions. En 2014, les chercheurs ont par exemple testé, avec succès, un vaccin sur un groupe de chimpanzés captifs.

 

La chytridiomycose

Grenouille

La chytridiomycose est une maladie infectieuse provoquée par un type de champignon : le chytride. Au cours des 30 dernières années, elle a entrainé le déclin de plus de 200 espèces d’amphibiens et a même conduit certaines à l’extinction. Par exemple, une vague d’infections par le chytride à El Copé, au Panama, a anéanti 30 de ces espèces de vertébrés tétrapodes en 2000.

Le champignon infectieux, appelé Batrachochytrium dendrobatidis, est présent sur tous les continents du globe, excepté en Antarctique. Il contamine et endommage la couche externe de la peau des amphibiens. Et puisque ces animaux se servent de leur épiderme pour absorber les nutriments et l’eau, l’infection finit par les faire suffoquer.

Une salamandre
Une salamandre

Mais le champignon n’a pas toujours été le tueur mortel qu’il est aujourd’hui. Depuis plus de 100 ans, il cohabite avec les grenouilles et salamandres dans certains endroits, comme dans l’Etat américain de l’Illinois ou en Corée.

En outre, tous les animaux infectés ne tombent pas malades car certaines espèces semblent être résistantes au champignon, comme la Grenouille rieuse ou la Grenouille taureau.

Grenouille-2

Pour l’instant, on ignore encore pourquoi les amphibiens ont commencé à mourir de cette infection mais plusieurs théories supposent que l’importation d’animaux de laboratoire ou encore les dérèglements climatiques pourraient être responsables.

 

Le virus du Nil occidental

Corbeau

En 1999, New York est devenu l’épicentre d’une nouvelle maladie. Les gens ont alors commencé à être admis à l’hôpital pour des encéphalites, soit des infections du cerveau. Vers la même époque, plusieurs corbeaux de la ville, comme d’autres animaux du Bronx, sont décédés. Dans les deux cas, le coupable s’est avéré être le virus du Nil occidental, qui était alors principalement répandu en Afrique et en Asie.

Transmis par les moustiques, le virus a depuis infecté et tué des millions d’oiseaux à travers les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Il a ainsi été détecté chez environ 48 espèces de moustiques et 250 espèces d’oiseaux, se transférant même occasionnellement des humains aux chevaux.

Un merle d'Amerique
Un merle d’Amérique

Dans certaines régions, l’encéphalite du Nil occidental a réduit le nombre de corbeaux d’environ 45 %. Et elle a également provoqué de forts déclins chez d’autres espèces de volatiles, comme les merles d’Amérique, les merle bleus de l’Est ou les mésanges.

Mais toutes les espèces ne sont pas touchées de la même manière et certaines sont particulièrement menacées. Dès lors, des chercheurs ont mis au point des vaccins pour les condors de Californie, en état de danger critique. D’autres vaccins sont également testés pour d’autres espèces.

 

Le syndrome du nez blanc

Chauve-souris

En 2006, un spéléologue a pris une photo d’une chauve-souris dans une grotte près d’Albany, dans l’Etat de New York. L’animal présentait un champignon blanc autour du nez qui fut la première preuve qu’une maladie dévastatrice avait frappé les chauves-souris d’Amérique du Nord.

Appelée syndrome du nez blanc, la maladie s’est rapidement répandue à travers les Etats-Unis et le Canada. Près de 6 millions de chauves-souris ont ainsi été tuées et la population de certaines espèces, comme celle de la chauve-souris nordique, ont diminué de 99 % dans le nord-est du continent.

Une chauve-souris via Shutterstock
Une chauve-souris via Shutterstock

Le champignon incriminé dans cette épidémie est appelé Geomyces destructans. A cause de lui, les chauves-souris adoptent un comportement erratique durant l’hiver et volent dangereusement loin de leurs grottes durant la période d’hibernation, même en plein jour. Dès lors, elle dépensent rapidement leurs réserves de graisse et finissent par mourir de faim.

Le champignon pourrait venir d’Europe, où il ne semble pas nuire aux chauves-souris qu’il infecte. Pour lutter contre sa propagation, la solution pourrait être de protéger l’habitat de ces animaux, notamment en interdisant l’accès humain aux grottes qu’ils habitent.

 

L’anthrax

Bacillus anthracis, la bactérie de l'anthrax
Bacillus anthracis, la bactérie de l’anthrax

L’anthrax, ou « maladie du charbon », est surtout connu pour son usage comme arme de bioterrorisme, mais il s’agit en réalité d’un ancien fléau de la faune. Il affecte principalement les herbivores, mais peut aussi toucher d’autres mammifères, comme certains carnivores, des grands singes ou encore les humains.

L’anthrax peut avoir des conséquences différentes selon les espèces et les écosystèmes. Dans des endroits comme le parc national d’Etosha, en Namibie, la maladie est considérée comme un élément naturel de l’écosystème.

Hippopotame

Mais certaines épidémies peuvent tout de même s’avérer mortelles. Par exemple, en 2004, une épidémie dans la réserve faunique de Malilangwe, au Zimbabwe, a décimé plus de 90 % de certaines des populations d’herbivores sauvages. De la même manière, en 2010, une épidémie similaire a tué plus de 80 hippopotames en Ouganda.

Les spores de la bactérie de l’anthrax, Bacillus anthracis, peuvent vivre dans le sol pendant plusieurs années et infecter le pâturage du bétail, et, conséquemment, les personnes. Dès lors, le fait de vacciner régulièrement le bétail peut participer à la prévention de la maladie.

 

La « Devil facial tumour desease »

Un diable de Tasmanie atteint de "Devil facial tumour decease"
Un diable de Tasmanie atteint de « Devil facial tumour desease »

Une étrange épidémie de cancer contagieux a décimé la population australienne de diables de Tasmanie. La maladie semblent se répandre d’un animal à l’autre lorsque ceux-ci se mordent, ce qu’ils font beaucoup, notamment au moment de se disputer de la nourriture ou durant l’accouplement.

La maladie, souvent fatale, se traduit par de larges tumeurs cancéreuses sur la gueule des petits mammifères qui se répartissent ensuite sur tout leur corps avant de les tuer en quelques mois.

Diable de Tasmanie
Un diable de Tasmanie

Selon les scientifiques, la maladie serait apparue chez un premier animal dans une sorte de cellule nerveuse appelée cellule de Schwann. Puis les cellules cancéreuses se seraient propagées d’un diable à l’autre, aidées par la tendance de ces animaux à se mordre l’un l’autre.

Les diables sont tous assez semblables génétiquement, ce qui implique que leur système immunitaire est peu efficace à lutter contre le cancer. Pour préserver ces animaux, les scientifiques ont établi des « populations de sureté » captives d’environ 500 diables sans maladie qui représentent 98 % de la diversité génétique de l’espèce.

 

La maladie de Carré

Chien-sauvage

La maladie de Carré, ou du jeune chiot, décime les carnivores sauvages du monde entier. Ce virus, étroitement lié à celui de la rougeole humaine, cause des problèmes respiratoires, gastro-intestinaux ou encore neurologiques.

En 1985, la maladie de Carré a radicalement réduit la population de putois dans le Wyoming. Puis, au début des années 1990, elle a causé la mort de beaucoup de chiens sauvages d’Afrique et d’environ 1000 lions du Serengeti.

Lion

Etant donné que les populations de chiens domestiques augmentent, la maladie se propage à de nouvelles zones et concerne de plus en plus d’animaux carnivores. Par exemple, les tigres de Sibérie, qui vivent dans l’est de la Russie, ont eux aussi été touchés par le phénomène.

La vaccination des chiens domestiques peut parfois stopper la propagation du virus mais il se peut que ce ne soit pas suffisant puisque d’autres animaux peuvent aussi le répandre. La solution pourrait donc passer par la vaccination des carnivores sauvages vulnérables.

 

La chlamydia

Koala-1

Les koalas d’Australie souffrent d’une MST qui touche également les humains : la chlamydia. La maladie peut amener à une infertilité, à des infections urinaires ou respiratoires, et même à la mort.

Combinée à la sécheresse, l’affection a réduit les populations de koalas dans certaines régions d’Australie, de 60 000 dans les années 90 à 10 000 en 2012.

Koala-2

La situation s’est même aggravée à la suite de l’apparition d’une deuxième maladie – un rétrovirus – chez le koala, semblable au VIH. Il supprime leur système immunitaire et les rend plus sensibles à la chlamydia.

Cela, couplé à la destruction des habitats des koalas et à la menace qu’exercent d’autres animaux, mène les « paresseux australiens » vers l’extinction. Seule source d’espoir pour l’instant : un vaccin testé avec succès.

 

La gale sarcastique

Un wombat
Un wombat

La gale sarcastique provoque des démangeaisons sévères et un désir intense de se gratter, ce qui conduit à des infections et parfois, à la mort. Elle est causée par un acarien parasite appelé Sarcoptes scabiei et infecte plus de 100 espèces, comme des wombats australiens, des lynx européens ou des loups d’Amérique du Nord.

L’acarien s’insère sous la peau d’un animal produisant des lésions. L’infection se propage ensuite à mesure que l’animal se gratte la peau. Finalement, au fil du temps, il perd ses poils, se déshydrate, développe de l’hypothermie et finit même parfois par mourir.

Renard-roux

Même si elle n’a pas nécessairement d’effet sur les populations des animaux qu’elle infecte, la maladie peut être catastrophique pour les espèces déjà menacées, isolées ou fragmentées. Elle serait par exemple à l’origine de la disparition de tous les renards roux de l’île de Bornholm, au Danemark.

Pour établir des foyers d’animaux sains, les vétérinaires les traitent parfois avec des médicaments, comme l’ivermectine.

 

La peste

Rat

La même bactérie responsable de la peste chez l’homme – compris de la terrible peste bubonique qui ravagea l’Europe dans les années 1300 – fait également des ravages dans le règne animal.

Grossièrement appelée peste sylvatique, elle est causée par un microorganisme appelé Yersinia pesti et est apparue en Amérique du Nord vers 1900. A ce moment-là, les navires en provenance de zones infectées par la peste, comme l’Europe et l’Asie, ont probablement apporté des rats et des puces pestiférées qui ont répandu la maladie sur la faune locale.

Une puce
Une puce

Jamais exposées auparavant à la peste, certaines colonies d’animaux ont été décimées, comme chez les chiens de prairie ou les putois.

Pour éviter que ces populations soient trop touchées par la maladie, il est possible de les vacciner ou de les asperger de pesticides.

Un chien de prairie
Un chien de prairie

Ces maladies nous rappellent à quel point la vie est fragile, d’autant plus concernant la faune, déjà soumise au réchauffement climatique ou au braconnage. Si les animaux vous passionnent, découvrez également 12 animaux adorables qui vont disparaitre si rien n’est fait pour contrer le réchauffement climatique.

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