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Plongez dans le monde sombre de Madworld, l’un des jeux les plus violents qu’ait connu la Wii

S’ils sont présents surtout sur les consoles Sony et Microsoft, les jeux violents peuvent s’inviter là où vous vous attendez le moins. C’est le cas de Madworld. Ce jeu à la direction artistique étonnante sorti sur Wii fait pourtant des taches (de sang) dans le catalogue plutôt familial de la console de Nintendo. Une différence qui a marqué les esprits et qui a été renforcée à grands coups de tronçonneuse. Au revoir Mario et ses amis, soyez les bienvenus dans l’univers hors norme d’un des rares jeux PEGI 18 de la Wii. 

L’histoire de ce jeu sorti en 2009 est celle de Death Watch, le jeu de téléréalité le plus violent jamais inventé et diffusé. Il y met en avant un sport né du mélange entre une Battle Royale et un combat de gladiateurs des temps modernes. Les participants sont lâchés au cœur de Jefferson Island, morbide terrain de jeu où tous les coups sont permis et où il vaut mieux être le plus violent possible pour plaire aux téléspectateurs. Le but du jeu est simple : être le dernier à survivre. Trois jours après le lancement du jeu, et alors que plusieurs candidats ont déjà passé l’arme à gauche, un nouveau combattant débarque : Jack Cayman, une brute de 39 ans armée de sa fidèle tronçonneuse. C’est lui que vous incarnez et avec qui vous allez devoir montrer qui est le plus fort, mais aussi découvrir ce qui l’a poussé à participer.

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Au niveau du gameplay, le jeu est un beat’em all proposant différentes phases de jeu, aussi bien à pied qu’à moto. Le jeu est divisé en stages que vous pouvez accomplir dans l’ordre de votre choix. A chaque nouveau stage, vous devez éliminer le maximum d’ennemis possible. Chaque adversaire tué vous rapporte des points. Si vous en accumulez assez, vous aurez accès au boss de fin de stage et il faudra lui aussi le terrasser. Pour faire disparaître vos ennemis, plusieurs choix s’offrent à vous : utiliser les poings ou la tronçonneuse, lancer des objets ou déclencher des mécanismes donnant lieu à des séquences plutôt trash. Et pour vous changer les idées entre deux sessions de Death Watch, vous pouvez jouer au Darts-Man (les fléchettes humaines) en lançant des ennemis sur une cible géante.

Le premier point qui surprend quand on joue à Madworld, ce sont ses graphismes. Entièrement en noir et blanc et rappelant le film Sin City, ils donnent au jeu un petit air de comics. Impression renforcée par les notifications à l’écran qui sont en jaune et qui évoquent des onomatopées. Et pour dynamiser l’ensemble, on trouve le rouge du sang de vos victimes, qui va parfois repeindre entièrement le décor. Si le choix artistique est un peu déroutant dans les premières minutes de jeu, il est particulièrement convaincant et on se laisse vite emporter par cette atmosphère de film noir où seul le sang nous rappelle qu’il faut survivre.

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L’autre point qui fait la force du jeu est sa violence. Base même du gameplay et du scénario, elle n’a rien à envier à des titres comme Mortal Kombat tant la profusion d’hémoglobine est importante. Et le jeu vous pousse à imaginer les morts les plus impressionnantes possibles, comme empaler un adversaire sur un panneau de signalisation ou le décapiter avec l’aide d’une rame de métro en marche pour avoir plus de points.

Madworld est un jeu violent contenant des scènes parfois très crues. Mais tout cela est fait exprès et est même volontairement poussé à l’extrême car le jeu est avant tout un défouloir. Les créateurs jouent sur une exagération massive de la violence pour rendre le titre plus ironique car il la dénonce, notamment dans le cadre du Death Watch. On peut y voir le fait que la télé peut aller trop loin et que l’argent des puissants est parfois loin d’être utilisé à bon escient. Les développeurs ont également justifié la violence du titre en précisant que la Wii est une console pensée pour plaire à tous, y compris au public adulte auquel le titre est destiné.

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De par la nature de son contenu, Madworld a été sujet à plusieurs controverses. Son excès de violence fait qu’il a failli ne jamais sortir en Angleterre, et qu’il n’est jamais sorti en Allemagne. Et pourtant, malgré son contenu à ne pas mettre entre toutes les mains, le jeu est arrivé en Australie (pays pourtant réputé pour pratiquer la censure dans le jeu vidéo dès que le sujet ne convient pas) et au Japon. Pourtant Platinum Games, éditeur du jeu, a hésité à proposer ce titre sur les consoles nippones. Il y arrivera finalement un an après la sortie européenne. Le jeu a d’ailleurs eu droit à une suite en forme de jeu de combat, Anarchy Reigns, sorti sur PS3 et Xbox 360 en 2013. Mais contrairement au jeu d’origine, celui-ci ne possède pas de graphismes en noir, blanc et rouge.

S’il n’est pas à mettre entre toutes les mains, Madworld est cependant un titre phare de la Wii. Ses graphismes surprenants en ont conquis plus d’un et malgré l’importante quantité de rouge à l’écran, le jeu est davantage à considérer comme un défouloir décalé. Avec ce titre, Platinum Games a montré que même la Wii pouvait nous offrir des jeux destinés aux plus de 18 ans. D’après vous, comment la violence, surtout exagérée, doit-elle être traitée dans un jeu vidéo ?

Un homme est bien fort quand il s’avoue sa faiblesse

— Balzac