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Considérée comme le premier ordinateur du monde, cette machine vieille de 2 000 ans déconcerte les scientifiques

C’est un des mystères de la science. La machine d’Anticythère, cette machine ancestrale qui permet de prédire des phénomènes astronomiques, demeure depuis plusieurs décennies une véritable inconnue pour la communauté scientifique. Son mécanisme est si complexe et ingénieux qu’il chamboule notre vision des anciennes sociétés. SooCurious vous relate les efforts des scientifiques pour comprendre cette machine créée par des génies.

L’Humanité avait déjà eu un aperçu de l’extraordinaire niveau technologique de la machine d’Anticythère, ce mécanisme retrouvé en 1900 au large des côtes grecques par des plongeurs. Oublié depuis des centaines d’années et rouillant parmi les autres trésors d’une épave de navire romain, le dispositif révélait, une fois repêché, une partie de son ingénieux fonctionnement. A sa surface, des scientifiques découvraient d’anciennes inscriptions grecques. Ajouté à cela, l’intérieur de l’appareil et ses nombreux engrenages dévoilaient un chef-d’oeuvre d’ingénierie, suggérant un calendrier astronomique. Mais c’est Derek Price, un physicien anglais qui jetterait le premier les bases d’une explication. En analysant les engrenages et autres petites dents du dispositif, il avait suggéré que la machine d’Anticythère était bien un calendrier astronomique et qu’elle était basée sur le cycle métonique, un modèle de 235 mois jadis utilisé pour prédire les éclipses dans l’ancien temps. Ces théories laissaient entrevoir un mystère bien plus grand et un fonctionnement bien plus complexe, jusqu’alors jamais percés à jour.

 

Derek Price avec un modèle recomposé de la machine d’Anticythère : 

Anticythère

 

Un modèle recomposé de la machine d’Anticythère :

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De récentes études soumirent l’objet à des techniques d’imagerie avancée. L’appareil fut d’abord photographié en utilisant une méthode qui expose la surface à différents modes d’éclairage. En créant plusieurs niveaux de contraste, la technique permit aux chercheurs de lire davantage du texte inscrit en grec, chose jusque-là impossible tant l’érosion et le temps avaient dégradé le dispositif. Puis ce fut au tour de l’imagerie aux rayons X : en permettant la création d’un modèle en 3D entièrement numérisé, les chercheurs mirent au jour quelques-unes des plus complexes et minutieuses interactions des engrenages. Enfin, le Musée national archéologique grec mit au jour certains compartiments de la machine d’Anticythère qui révélèrent 82 fragments supplémentaires du mécanisme. Grâce à toutes ces découvertes et aux moyens technologiques modernes, le mystérieux appareil allait finalement révéler d’autres mystères.

Les scientifiques découvrirent certaines fonctions du dispositif, actionnées en tournant une manivelle. Par exemple, et avec rien d’autre qu’un système d’engrenage, la machine d’Anticythère pouvait prédire le mois, le jour et l’heure d’une éclipse, tenant même compte des années bissextiles. Il pouvait aussi prédire les positions du Soleil et de la Lune, indiquant les différentes phases de cette dernière via une petite pierre blanche et noire présente sur le cadran. Les chercheurs pensent même que l’appareil était capable de prédire les positions de Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, les planètes connues à l’époque de la création de l’instrument (en 150 avant J.-C.).

 

Les inscriptions grecques gravées sur le dispositif : 

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Plus impressionnant encore, les récentes études menées sur la machine d’Anticythère révélèrent une particularité des plus surprenantes : alors que les créateurs de l’appareil ignoraient que la Lune avait une orbite elliptique (c’est-à-dire pas totalement ronde) et ne comprenaient donc pas ses accélérations ou ralentissements, ils inclurent ces mouvements lunaires dans leur dispositif. Grâce à un train épicycloïdal, un mécanisme extrêmement complexe à goupilles et à fentes, ils purent ainsi reproduire les mouvements lunaires avec précision. Véritable prouesse technologique, ce dernier point confronte les scientifiques actuels à notre méconnaissance des anciennes sociétés, dont on n’imaginait pas qu’elle fussent capables de telles inventions.

Véritable prouesse ingénierique, la machine d’Anticythère n’a pour l’instant pas de créateur désigné. Un temps attribuée à Archimède par les écrits de Cicéron, l’invention aurait pourtant été construite après la mort du célèbre ingénieur. Mais les scientifiques avancent l’hypothèse que l’appareil ait été construit d’après les plans d’Archimède, ou tout du moins dans un atelier utilisant les traditions technologiques du mathématicien de génie.

 

Un portrait d’Archimède : 

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Les fragments de la machine, entreposés au Musée national archéologique d’Athènes : 

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La découverte de la machine d’Anticythère avait déjà révélé l’immense ingéniosité des inventeurs de ce dispositif. Mais les récentes études menées sur l’appareil ont mis au jour un savoir-faire plus important encore qui expose toute l’inventivité dont l’Homme était capable, il y a 2000 ans déjà. Si vous êtes particulièrement intéressé par ce genre d’incroyables inventions ancestrales, n’hésitez pas à consulter cet article sur les découvertes encore inexpliquées. Imaginiez-vous que nos ancêtres aient pu être si technologiquement avancés ou aviez-vous déjà entendu parler de la machine d’Anticythère ?

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