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Conte écologique enchanteur, La Tortue rouge est un chef-d’œuvre cosigné du studio Ghibli

Le studio Ghibli s’offre une première coproduction internationale avec le long-métrage d’animation La Tortue rouge, présenté en mai 2016 dans la sélection Un certain regard de la soixante-neuvième édition du Festival de Cannes. Le film, à la fois novateur et fidèle aux thématiques propres au studio fondé par Isao Takahata et Hayao Miyazaki, devrait combler les amateurs d’animation.

Si le réalisateur d’origine néerlandaise, Michaël Dudok De Wit, 63 ans, n’est pas inconnu du monde de l’animation – il a entre autres réalisé les courts-métrages Le Moine et le Poisson et Père et Fille, oscarisé en 2000 dans la catégorie court-métrage d’animation – c’est la première fois qu’il se lance dans un format plus long. Mais le point le plus marquant est que ce film a été réalisé sous la direction artistique d’Isao Takahata. Le réalisateur japonais est surtout connu pour le film émouvant Le Tombeau des lucioles, qui relate la vie de deux enfants japonais durant l’été 1945.

C’est lors d’un festival de cinéma en Corée qu’Isao Takahata a pu découvrir les œuvres de Michaël Dudok De Wit. Impressionné, il lui aurait alors proposé l’idée d’une coproduction. Après presque dix années de travail, La Tortue rouge voit enfin le jour. Le film met en scène un naufragé sur une île déserte peuplée d’animaux sauvages. Dans cette histoire à la Robinson Crusoé, le spectateur est amené à réfléchir sur les différentes étapes de la vie : l’amour, la création d’une famille, la vieillesse.

Michaël Dudok De Wit a sa spécificité graphique mais l’influence japonaise transparaît à travers plusieurs éléments chers au studio Ghibli : des paysages enchanteurs, la rencontre de l’homme avec la faune et la flore sauvage, la survie dans la nature… En effet, difficile de ne pas faire le rapprochement avec les aventures d’Ashitaka, dans Princesse Mononoké, à travers les forêts japonaises peuplées de créatures mi-animales mi-divinités ou encore à la quête initiatique de Chihiro du Voyage de Chihiro, seule humaine perdue dans un monde onirique.

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Le film présente la particularité de n’avoir aucun dialogue, uniquement des cris ou des rires. Cela peut surprendre dans un premier temps mais le stratagème permet de comprendre la solitude de l’homme, seul face à la nature. Chaque tentative du héros pour s’évader de cette île se solde par un échec puisqu’à chaque fois, ce dernier se retrouve face à face avec une mystérieuse tortue rouge. C’est toutefois grâce à l’étrange animal que l’homme va rencontrer la femme avec qui il fondera une famille.

Dès ce moment, la nature cesse d’être hostile et devient un cadre de vie accueillant. Loin d’être un simple élément de décor, elle constitue ici un personnage à part entière. Inquiétante et violente au début lors du naufrage, elle se révèle impassible et immuable telle une représentation du destin que nous devons affronter. C’est dans ce cadre que l’homme réapprend à se contenter de petits bonheurs. Le scénario paraît simple, presque dépouillé et pourtant la magie opère : on se retrouve vite transporté par la poésie du joli conte de Michaël Dudok De Wit.

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Nul doute que cette production devrait piquer la curiosité des fans du célèbre studio d’animation japonaise, ne serait-ce que par l’originalité du projet. C’est en effet une des premières collaborations internationales pour Ghibli. On ne peut qu’espérer que cette initiative sera la première d’une longue série.

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