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Découvrez l’histoire du kimono, ce vêtement incontournable de la culture japonaise

Découvrez l’histoire du kimono, ce vêtement incontournable de la culture japonaise

Le kimono est assurément l’un des vêtements traditionnels les plus célèbres et les plus sujets aux fantasmes. Pièce incontournable du vestiaire des fashionistas depuis plusieurs saisons, voici l’histoire vieille de 400 ans d’un vêtement résolument contemporain.

Portrait de Sarah Bernhardt, Georges Rochegrosse (vers 1900)

A l’origine, le Kimono (littéralement « chose que l’on porte ») était porté comme sous-vêtement sous l’habit de cour qui pouvait représenter jusqu’à douze couches de vêtements superposés et cousus chaque matin les uns aux autres.

LE KIMONO DEVIENT LE VÊTEMENT JAPONAIS PAR EXCELLENCE

Progressivement, à l’époque d’Edo (1600-1868), le kimono sort de l’ombre pour devenir le vêtement japonais par excellence, porté aussi bien par les femmes que par les hommes, quel que soit leur âge, leur condition ou leur morphologie. De grandes maisons s’ouvrent à Kyoto et dans d’autres grandes cités de l’Empire.

A cette époque de paix relative, la classe des marchands s’enrichit et commence à commander des kimonos aussi élégants que ceux de la noblesse. Les femmes de marchands se permettent toutes les extravagances portées par les innovations techniques de la teinture, du tissage et de la broderie. En général, le décor se concentre sur le bas du vêtement avec quelques motifs au niveau du col. Le centre étant caché sous la ceinture, il n’est que peu décoré.

Furisode avec illustration de la fête des feuilles jaunes et rouges de l’automne teinture yuzen et broderies sur un fond en sergé de soie saya jaune, première moitié du XIXe siècle, H. 147 ; l. 59 cm, Collection Matsuzakaya.

Le kimono se compose de quatre lais de soie brochée (il y en a aussi en lin et en coton), peinte, etc. doublés soie, est ouvert sur le devant et fermé par plusieurs tours d’une ceinture plus ou moins large appelée obi (également en soie) qui contraignait fortement le corps des femmes, à l’image d’un corset en Occident. Les éléments qui le constituent sont très codifiés et son port est un art en soi.

Le type du kimono est généralement déterminé par la forme de ses manches : Kosode pour les petites manches avec de petites ouvertures, osode pour des ouvertures des bras larges, furisode pour des manches très longues avec de grandes ouvertures, etc. à chaque circonstance son type de kimono.

Jeune femme non mariée en furisode, 1936 Kawakatsu.

En 1854, le Commodore Matthew Perry, à la tête d’une flotte de navires américains, force l’ouverture du pays du Soleil levant au commerce international. Les teintures chimiques arrivent au japon conférant aux textiles des couleurs chatoyantes jusqu’alors inconnues. Parallèlement, les kimonos japonais arrivent en masse en France où les élégantes s’en emparent comme vêtement d’intérieur idéal pour recevoir ses amis en toute décontraction ou sortir du bain.

EN OCCIDENT, LE KIMONO DEVIENT LE VÊTEMENT D’INTÉRIEUR IDÉAL

Parmi les adeptes célèbres, notons la grande Sarah Bernhardt, immortalisée dans une pose lascive par le peintre Rochegrosse, ou encore le célèbre portrait de Madame Monet par… Monet. Au même moment au Japon s’amorce un mouvement de désaffection du kimono qui devient de plus en plus réservé aux grandes occasions, au profit des vêtements occidentaux.

Callot Soeurs, maison de couture (1895-1937) Manteau « Casanova » à larges manches kimono crêpe de Chine, filé lamé, 1925, Les Arts Décoratifs, Paris, don Madame Kempf-Berthelot, UFAC, 1956, inv. UF 56-21-7.

Les créateurs de mode sont fascinés par les formes simples de ce vêtement qui révèle toute son architecture une fois porté. Ainsi, Paul Poiret (1879-1944), les sœurs Callot (1895-1953) ou encore Madeleine Vionnet (1876–1975) s’inspirent de la forme des manches, des techniques de tissage ou encore du placement des décors dans le bas du vêtement pour leurs créations. Dans les années folles, la veste kimono voit le jour et se porte désormais sans ceinture, au dessus d’une robe droite.

Après cette effervescence, il faut ensuite attendre quelques décennies pour que les créateurs de mode français et japonais se réapproprient et réinterprètent le kimono. Junko Koshino, inventrice du vêtement en néoprène, crée des modèles mêlant tradition et pop culture, aussi souples qu’élégants, Kenzo y reprend le décor fleuri raffiné. Aujourd’hui, des grandes maisons de confection de kimono comme Toyowado à Kyoto proposent des modèles mêlant motifs traditionnels et personnages de manga.

Junko Koshino Kimono Oiran soie et polyester, 2009, Collection Junko Koshino

AUJOURD’HUI, NOUS RETROUVONS SOUVENT DES KIMONOS DANS LES COLLECTIONS DE HAUTE-COUTURE

Les occidentaux ne sont pas en reste et le kimono fait régulièrement des apparitions dans les collections haute-couture de Saint-Laurent (tissu très travaillé, longues manches mais porté sans ceinture), Jean-Paul Gaultier (longues manches et obi déstructuré mais rigidifié par des armatures en métal), John Galliano le déstructure et le recompose dans une forme de puzzle textile luxuriant de détails.

Depuis quelques saisons, les fashionistas s’arrachent les vestes « kimono » plus ou moins inspirées des vestes des années folles ou dans certains cas des haori, ces vestes japonaises traditionnelles portées au dessus des kimonos.

John Galliano (né en 1960), Dior Haute Couture Modèle « Gia-Cia-Me-San » collection printemps-été 2007.

 

Si le sujet vous intéresse, le Musée Guimet consacre une exposition au kimono jusqu’au 22 mai et édite un joli catalogue d’exposition. Vous pouvez également retrouver l’histoire des vêtements japonais dans notre article Découvrez la tradition des kimonos à travers leurs différents usages dans la culture japonaise.

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— @DailyGeekShow