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Entre cerisiers en fleurs et feux d’artifice, décryptez les grandes fêtes qui subliment la tradition japonaise

Si vous êtes plongé dans la culture japonaise depuis des années à travers les mangas et les jeux vidéo, vous devez déjà savoir que les Japonais ont de nombreuses fêtes qui diffèrent grandement des nôtres, même si la majorité d’entre elles ont des racines communes. Revenons donc sur les différences entre les coutumes japonaises et occidentales afin d’y voir un peu plus clair sur les fêtes nipponnes et leur organisation.

 

Le jour du Nouvel An, il est de coutume d’aller au temple pour la première visite de l’année (hatsu môde) en se levant à l’aube afin d’admirer le premier lever de soleil. Une façon poétique et spirituelle d’aborder la nouvelle année. Mais après cela, la fête la plus populaire au Japon, comme presque partout dans le monde, c’est la Saint-Valentin. À la différence que là-bas, ce sont les filles qui offrent un cadeau aux garçons. Pas n’importe quel cadeau non plus ! Traditionnellement, il faudra que la fille offre une boite de chocolats au garçon qu’elle apprécie. Le garçon, lui, ne doit rien offrir en retour le 14 février. Son tour vient un mois plus tard, le 14 mars lors du jour blanc (howaito d?). Il est alors d’usage pour l’homme d’offrir à son tour des chocolats blancs, un bijou, ou même de la lingerie s’ils sont déjà en couple.

 

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Les femmes s’y retrouvent généralement, car même si elles doivent faire le premier pas le jour de la Saint-Valentin, les cadeaux qu’elles reçoivent doivent avoir en moyenne trois fois la valeur du cadeau initial ! Autant dire que les chocolatiers japonais attendent le jour blanc chaque année avec impatience. Lorsque l’on arrive au printemps et que les cerisiers fleurissent, il est de coutume de se promener et de pique-niquer sous les arbres en fleurs. Cette tradition porte le nom de hanami et n’a pas de date fixe étant donné qu’il faut attendre un climat propice au développement des fleurs. Cela débutera en général au sud de l’archipel à Kyûshû pour ensuite gagner le littoral est et se répandre ensuite dans l’intégralité du Japon vers début ou mi-avril.

 

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Puis en mai arrive le moment que tous les Japonais attendent : la Golden Week (semaine dorée). Si la semaine porte ce nom, ce n’est pas pour rien. Comme en France où l’on est souvent content de se retrouver début mai avec le 1er (fête du travail) et le 8 (fête de la Victoire sur l’Allemagne nazie), les Japonais eux sont doublement heureux, car cette semaine particulière contient non pas deux, mais quatre jours fériés. Le 29 avril, c’est la naissance de l’Empereur Sh?wa (sh?wa no hi), le père de l’Empereur actuel Akihito. Vient ensuite le jour de la commémoration de la Constitution (kenp? kinen bi) qui célèbre ce que le nom indique le 3 mai, puis le jour de la nature (midori ni hi) le 4 mai et enfin le jour des enfants (kodomo ni hi) le 5 mai.

 

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C’est l’occasion pour les Japonais de prendre des vacances autour de cette période, alors que les écoles ferment et que les entreprises fonctionnent à un régime diminué. Si vous voulez préparer un voyage au Japon, évitez à tout prix début mai pour ne pas vous retrouver avec les tarifs les plus chers de l’année. En revanche, si vous êtes prêt à casser la tirelire pour partir durant l’été, vous ne serez certainement pas déçu grâce aux nombreux festivals proposant des feux d’artifice spectaculaires. Faisant suite à la saison des pluies, débutera vers la mi-juillet de nombreuses cérémonies (matsuri ou hanabi taikai) où les feux d’artifice sont le centre de l’attention. Une véritable culture s’est développée autour de cela au Japon alors qu’à l’origine, ils étaient surtout utilisés pour chasser les mauvais esprits lors de la fête des Morts (o-bon) et de la danse de la fête des Morts (bon odori).

 

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De nos jours, la danse traditionnelle en kimono (yukata) est parfois délaissée et la fête devient simplement l’occasion pour les jeunes de sortir s’amuser. C’est dommage, car l’histoire du Japon recèle de fêtes traditionnelles fascinantes qui perdent peu à peu d’intérêt pour les nouvelles générations. Les célébrations des équinoxes par exemple ou même la contemplation de la Lune (tsukimi) en septembre. Pour ce qui est du Noël japonais, il est encore plus éloigné de la tradition chrétienne qu’elle ne le devient en Occident et est surtout l’occasion d’offrir des cadeaux aux enfants, malgré la mauvaise réputation que la célébration gagne depuis quelques années à cause de l’engouement commercial et du martèlement des pubs et événements marketing où les gens se sentent alors obligés de dépenser beaucoup d’argent pour une fête qui n’a pas de vraie justification à leurs yeux.

 

Le Japon est un pays aux nombreuses fêtes et coutumes et il y en a encore d’autres à découvrir. La Golden Week est certainement la plus populaire et la plus connue des amateurs de culture japonaise, mais il est passionnant de s’intéresser aux fêtes plus traditionnelles avant que ces dernières ne tombent dans l’oubli face à l’indifférence des dernières générations. Avez-vous déjà été au Japon pour fêter l’une de ces célébrations ?

À la Renaissance, loucher était caractéristique de beauté pour les femmes italiennes.

— @DailyGeekShow