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L’IRM fonctionnelle du cerveau permet désormais de diagnostiquer l’autisme avec 97% de précision

Actuellement, l’autisme est diagnostiqué par des thérapies comportementales et cognitives mais ces méthodes qui se basent exclusivement sur l’observation sont peu précises. Pour résoudre ce problème, un professeur de psychologie a mis au point un processus de détection des troubles du spectre autistique par IRM. On vous en dit plus sur cette technique novatrice.

Marcel Just, professeur de psychologie et directeur du Centre d’imagerie cognitive de l’université Carnegie-Mellon à Pittsburgh aux Etats-Unis, est un pionnier dans la recherche de l’emplacement des souvenirs, des émotions et du langage dans le cerveau. Avec l’aide d’autres chercheurs de Carnegie-Mellon, il a découvert que la pensée naît de réseaux de neurones à l’intérieur du cerveau. En d’autres termes, la pensée est créée biologiquement. Il reçoit en 2012 le Distinguished Scientific Contribution Award pour ses travaux remarquables sur le cerveau.

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Dernièrement, Marcel Just s’est intéressé aux mystères de l’autisme, trouble qui nuit à la communication verbale et non verbale ainsi qu’aux interactions sociales. En utilisant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) qui montre quelles parties du cerveau sont actives lors de tâches cognitives spécifiques, il a détecté de nombreuses anomalies dans l’activité du cerveau des personnes ayant un quotient intellectuel (QI) tout à fait normal mais présentant des troubles autistiques. Les recherches du professeur ont attiré l’attention des médias internationaux et il a récemment été invité par la NBC.

Sa première découverte est que les personnes autistes affichent un manque de coordination entre les différentes zones de leur cerveau. Cela explique le paradoxe de l’autisme : certaines personnes atteintes d’autisme ont des compétences supérieures à la normale dans certains domaines, tandis que dans la plupart des autres domaines, elles sont désordonnées. La pensée complexe et les interactions sociales exigent que différentes parties du cerveau travaillent ensemble et cela semble être très difficile pour les personnes atteintes d’autisme puisque les différentes zones de leur encéphale ne sont pas coordonnées.

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Dans une étude connexe, Marcel Just et ses collaborateurs ont remarqué d’importantes différences dans l’activation et la synchronisation des réseaux du cerveau chez les patients atteints d’autisme par rapport aux autres personnes. Ils ont réalisé l’IRMf de 17 jeunes adultes autistes et de 17 personnes ne présentant pas de troubles du développement. Durant cette observation, ils ont dû penser à 16 interactions sociales différentes (par exemple, penser au mot câliner ou frapper). Chez les patients témoins, les scientifiques ont remarqué une forte activité de la partie du cerveau liée à l’auto-représentation (dans la ligne médiane postérieure) alors qu’elle était totalement absente chez les patients autistes qui utilisent des parties différentes de leur cerveau.

En outre, l’équipe de Marcel Just a mis au point un algorithme qui permet, à partir d’une IRMf, de déterminer si un patient est autiste avec une précision phénoménale (de l’ordre de 97 %). Ainsi, les résultats de ces études sur l’autisme suggèrent que son diagnostic peut être simplement réalisé au travers d’une IRMf et que les traitements possibles pourraient inclure un enseignement qui met l’accent sur l’intégration de tâches effectuées par différentes zones du cerveau.

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Ces études sont vraiment passionnantes et pionnières dans ce domaine ! Au bureau, on félicite Marcel Just et son équipe pour avoir su caractériser avec une telle précision les troubles autistiques qui étaient encore très mystérieux jusque-là. Et vous, pensez-vous qu’un jour, nous saurons tout sur le fonctionnement de notre cerveau ?

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