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Découvrez la rétrospective qui retrace l’intrigante histoire des photographies de fantômes

une-photo-esprits L'histoire des photos de fantômes via Shutterstock

Les histoires paranormales fascinent autant qu’elles effraient. Beaucoup d’entre elles se basent sur des photographies étranges. En effet, on y voit des formes mystérieuses, souvent semblables à des silhouettes humaines qui n’étaient pourtant pas devant l’objectif lors de la photo. Ces clichés mystérieux existent depuis l’élaboration de la technique photographique. Mais à quoi sont-ils dus ? Peut-on vraiment parler de fantômes ? SooCurious vous invite à découvrir l’histoire de ces effrayantes images qui continuent d’attiser toutes les curiosités.

Nous sommes en février 2015, au château de Hampton Court, à Londres. Agée de douze ans, la jeune Holly Hampsheir se saisit de son iPhone pour prendre une photo de sa cousine Brook déambulant seule dans les majestueux appartements du roi. Le lendemain, la jeune fille va découvrir que Brook n’était pas seule dans l’image. Une grande femme qui semble masquée la suit de près. Pourtant, dans une seconde photo, cette anomalie n’est plus visible. Alors, était-ce réellement un fantôme, ou l’explication est-elle plus raisonnable ?

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La réponse, comme nous allons le voir, en dit plus sur la façon dont les smartphones prennent les photos que sur une quelconque forme surnaturelle. Après tout, cette femme apparue dans les appartements du château de Hampton Court n’est simplement que la dernière apparition en date qui laisse présager une histoire de fantômes. Car il y en a eu des dizaines et des dizaines. Dès que la photographie fut inventée, les fantômes sont apparus sur divers clichés. En réalité, avec l’évolution de la photographie, il semblerait que de nouvelles traces fantomatiques aient émergé au fil des années. « Je suis très sceptique. Je ne crois pas aux fantômes et je pense que la plupart de leurs apparitions peuvent être attribuées à une sorte de technique photographique », explique Michael Pritchard, directeur de la Royal Photography Society.

 

Les premières photographies de fantômes

Les racines de la photographie d’esprits remontent au XIXe siècle. Au cours des années 1850 et 1860, de nombreux photographes ont tenté des expériences avec de nouveaux effets telles que les images stéréoscopiques et les images en double exposition. A la suite de cela, certains professionnels de la photographie, sans scrupules, se sont rendu compte qu’ils pouvaient exploiter ces techniques dans un but lucratif.

Un photographe amateur américain, du nom de William Mumler, est considéré comme la première personne à avoir « capturé » un esprit dans une photographie au début des années 1860. Il a même fini par en faire sa spécialité.

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Cette première photo représenterait le cousin mort de William Mumler. Visite fantomatique ou non, la question a intrigué pendant longtemps, ce qui n’empêcha pas Mumler d’en réaliser de nouvelles. Au début, les experts avaient du mal à trouver une faille dans les photographies de Mumler. Grâce à cela, le photographe en a profité pour devenir un réel professionnel du genre, au point qu’il en a fait une activité lucrative auprès des personnes désireuses de rentrer en connexion avec leurs proches décédés.

Pour certains, Mumler a pu obtenir cette apparition de fantôme dans ses photos grâce à une plaque de verre préalablement préparée, avec l’image du défunt. Cette technique de double exposition permet ainsi d’avoir non seulement le cliché du client mais également celui de la personne décédée.

Dans l’une des photos les plus célèbres de Mumler, on voit le fantôme d’Abraham Lincoln tenant sa femme par les épaules. L’un des détracteurs de Mumler, PT Barnum, a affirmé que les clichés de fantômes produits par le photographe ne faisaient que ronger les familles et individus déjà remplis de chagrin. Il explique par ailleurs que Mumler était capable de voler des photos de proches décédés dans les maisons des familles et que certains des « esprits » étaient en fait encore vivants. Mumler a été jugé pour fraude et Barnum a même témoigné contre lui. L’un des moments les plus accablants durant le procès survint lorsque qu’une photographie, délibérément fausse, a été présentée pour montrer à quel point il était simple de réaliser des photos de fantômes.

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Malgré plusieurs preuves accablantes, William Mumler a été acquitté. Néanmoins, le mal était fait et sa carrière de photographe fut terminée. Les techniques pour truquer les photos ont été reprises par d’autres experts à la fin du XIXe siècle, période pendant laquelle le spiritisme et les fantômes devenaient de plus en plus populaires.

 

Voici quelques clichés de Mumler :

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William Stainton Moses, prêtre anglais, a enquêté sur ces images représentant des esprits. Président du Ghost Club, (fondé en 1862 et considéré comme le plus ancien groupe d’investigation spécialisé dans le paranormal) Alan Murdie explique : « En 1875, Moses a examiné plus de 600 photos de fantômes. Pour lui, pas plus d’une douzaine de clichés ne pouvaient être attribuée au surnaturel. Malgré cela, les techniques de photographie ont évolué et la photographie spirituelle a explosé. »

« Dans les années 1880, tout le monde pouvait prendre un appareil photo pour réaliser des clichés et jouer sur les émotions des gens », explique Pritchard. C’est d’ailleurs aux alentours de cette période que l’une des photographies les plus célèbres fut prise. En effet, en 1891, Sybell Corbet prenait une photo de la bibliothèque à l’Abbaye de Combermere, en Angleterre. Assis dans un fauteuil, la silhouette d’un homme semble se distinguer. Il s’agirait du fantôme de Lord Combermere, ancien commandant de cavalerie britannique, mort d’un accident de cheval et qui a été enterré au moment même où la photo fut prise. Ce cliché fut pris pendant une heure de pose sans que personne ne soit présent dans la pièce. Pourtant, tout le monde s’accorde à dire que la personne assise dans le fauteuil ressemble vraiment et étrangement à Lord Combermere. Les plus sceptiques expliquèrent qu’il s’agissait d’un serviteur qui se serait involontairement retrouvé sur la photo. Cependant, l’ensemble du personnel a affirmé ne pas s’être trouvé sur les lieux à ce moment puisqu’il était à l’enterrement. Aujourd’hui, ce cliché demeure un mystère.

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Souvenir

Avançons un peu dans le temps, jusqu’à la Première Guerre mondiale. A cette époque, le spiritisme et les photographies de fantômes fascinent de plus en plus des personnes notables telles que le romancier Sir Arthur Conan Doyle, membre du Ghost Club. A la fin de la guerre, la tristesse d’avoir perdu un proche poussait de nombreuses personnes à vouloir entrer en contact avec leurs parents et amis perdus. L’Anglais, William Hope, était l’un des photographes très disposé à mettre en avant son expertise.

A l’instar de Mumler,Hope a été poursuivi pour fraude et a également fait l’objet d’une enquête menée par la Society Psychical Research dirigée par le célèbre chercheur en paranormal Harry Price. Dans cette enquête, Price voulait démontrer que Hope utilisait deux plaques de verre (l’une composée d’une image fantomatique, l’autre pour combiner celle du client et du fantôme) pour réaliser ses clichés avec la technique de double exposition. Mais contrairement à Mumler, cela n’empêcha pas Hope de poursuivre ses activités douteuses.

 

Voici à quoi ressemblent les retouches photos de Hope :

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Plus d’une décennie plus tard, Price a mené une enquête sur un autre cas plutôt déconcertant. En 1936, deux photographes (Hubert C. Provand et son assistant Indre Shira) du magazine « Country Life » ont photographié une étrange apparition dans un escalier du manoir de Raynham Hall, en Angleterre. Sur cette photo, on aperçoit une forme vaporeuse prenant vraisemblablement l’apparence d’une femme. L’image fut appelée « The Brown Lady » (La Dame brune). Le fantôme présent sur l’image serait quant à lui celui de Lady Dorothy Townshend qui hanterait les lieux depuis sa mort mystérieuse en 1726.

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Pour Price, cette photo n’avait pas subi de modification. « Je suis impressionné. Le fantôme a été aperçu par M. Indra Shira alors que M. Provand avait la tête sous le tissu protecteur de l’appareil. Leur histoire était simple, claire et précise. Aucune trace de mensonge apparent dans leur témoignage ne me laisse le droit de le réfuter, ni même de le remettre en cause. Le résultat est là, et le négatif ne porte aucune trace de supercherie. » D’autres, en revanche, étaient beaucoup moins confiants. En 1937, la Society Psychical Research a finalement conclu que la photo n’était pas authentique. Elle l’affirme en expliquant que « selon Provand, le soufflet était défectueux, ce qui laisse penser que la lumière ne pouvait pas passer le reflet. D’autre part, la photo semble avoir été prise par un appareil bougeant verticalement, ce qui expliquerait la double exposition. Le cliché a également l’air sous-exposé. »

De nombreux autres clichés mystérieux ont fait parler au cours du XXe siècle, sans que les experts ne parviennent à trouver des explications. Parmi eux, on note notamment celui de « Freddy Jackson » (1919) ainsi que le fantôme de « Tulip Staircase » (1966). Le premier, mécanicien dans la Royal Air Force apparaît sur une photo deux ans après sa mort. Quant à la seconde photographie, elle est le résultat d’un photographe du nom de Ralph Hardy qui avait simplement choisi de prendre un escalier en photo. Résultat : on y voit une forme humaine tenant la rampe à deux mains. Voici ces clichés :

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Beaucoup d’enquêteurs, qui ont eu affaire à plusieurs cas relatifs au surnaturel, estiment que très peu de photographies peuvent être considérées comme des preuves de quelque chose de paranormal.

 

Et maintenant ?

La photographie a considérablement évolué au fil des années. Aujourd’hui, les appareils photo numériques sont tout aussi susceptibles de créer de faux clichés. La « Dame grise » d’Hampton Court, par exemple, pourrait être le résultat d’un problème technologique de l’appareil de la jeune Holly Hampsheir. En effet, contrairement à un film analogique, les téléphones portables, par exemple, ont tendance à prendre les photos par « étapes », comme un scanner numériserait une feuille de papier. C’est un processus plus lent, surtout dans les endroits sombres où les capteurs d’image de l’appareil photo du téléphone ont besoin de plus de temps pour enregistrer les informations. C’est ce que l’on appelle le crénelage, ou « effet escalier ». Par conséquent, tout ce qui bouge à travers l’image pourra se retrouver déformé.

Voici deux photographies prises à l’aide de smartphone. Trucage ou réalité ?

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Volontaire ou non, beaucoup de clichés sont truqués à cause d’imperfections des appareils photos. Pour autant, toutes les photographies de fantômes n’ont pas trouvé d’explication malgré notre connaissance de la technologie. D’ailleurs, un grand nombre de personnes croit à l’existence des fantômes. Selon une étude de 2014, 46 % des Français croiraient aux fantômes. Aux Etats-Unis, 42 % afficheraient une croyance aux esprits. Enfin, 39 % des Britanniques estiment qu’une maison peut être hantée. Certains spécialistes expliquent ces croyances par la volonté de l’humanité, quelles que soient l’époque et la technologie, de vouloir être immortelle. Quoi qu’il en soit, les questions liées au paranormal fascinent et continuent d’intriguer tant certaines ne trouvent toujours pas d’explication à ce jour.

Beaucoup de photos de fantômes pourraient donc être attribuées à des imperfections technologiques. De fait, le trucage a longtemps été un moyen lucratif pour les professionnels du secteur. Aujourd’hui, notre connaissance des appareils rend cette pratique bien moins crédible. Pour autant, certains faits mystérieux demeurent sans réponse. Que faut-il en penser ? Croyez-vous aux fantômes ou pensez-vous que tout phénomène étrange a une explication rationnelle que notre connaissance n’est pas encore en mesure de trouver ?

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— @DailyGeekShow