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Retour sur l’histoire de la Master System, cette console qui fut la principale concurrente de la NES

Certains d’entre vous n’étaient peut-être pas en âge de jouer avec, mais la console Sega Mark III que l’on connaît en Occident sous le nom de Master System fut un pivot de l’industrie du jeu vidéo, nourrissant une concurrence acharnée avec la NES de Nintendo dans la deuxième moitié des années 80. Retour sur l’histoire particulière de cette console emblématique de son époque.

 

Pour comprendre l’histoire de cette console et même de l’industrie vidéoludique de l’époque, il faut d’abord se souvenir que le jeu vidéo se jouait alors sur bornes d’arcade. Sega est alors un constructeur phare de ces bornes, mais lorsque le succès de ces dernières s’estompe peu à peu, Hayao Nakayama, alors président, affirme qu’il faut relancer l’industrie en se lançant dans la console de salon, concept encore très récent à l’époque. Ainsi sort en juillet 1983 la SG-1000. Le 15 juillet pour être exact, le même jour que la sortie de la NES de Nintendo. L’un des jours les plus importants de l’histoire du jeu vidéo.

 

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Alors que Nintendo diversifie son modèle en autorisant des studios de développement externes à l’entreprise à développer des jeux pour la console, Sega tente de se faire remarquer par ses avancées technologiques et sort la SG-1000 II à peine un an plus tard, mais peine à trouver le chemin vers le salon des consommateurs. Continuant tout de même sur sa lancée, Sega sort une nouvelle machine l’année suivante : Sega Mark III, disponible dès octobre 1985. Et techniquement, elle bat la NES dans tous les domaines, avec notamment une capacité d’affichage de 16 couleurs par sprite contre 4 pour la NES.

 

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Avec un nouveau design plus attrayant et un processeur légèrement plus puissant qu’auparavant, Sega est bien décidé à toucher une part de marché plus importante. Tout comme Nintendo change sa Famicom en Nintendo Entertainment System (NES), Sega rebaptise sa console Master System lors de sa sortie aux États-Unis. Nintendo s’efforce de faire en sorte que les studios indépendants développant pour la NES ne puissent pas faire de même pour Sega, écartant la marque des meilleurs talents de l’époque. Une politique dont Sega peine à se relever avec des ventes dix fois moins importantes que celles de Nintendo.

 

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Cependant, la console a beaucoup à offrir et Sega se plaisait à dire que chez eux, les graphismes de la jaquette correspondent réellement à ceux des jeux. Et des bons jeux, il y en a eu ! À l’époque où Dragon Quest crée un véritable phénomène en proposant le premier vrai RPG, Sega contre-attaque avec Phantasy Star en décembre 1987, dans un univers entre la science-fiction et les codes du jeu de rôle qui engendra toute une saga. Un autre grand classique de la console qui est devenu un phénomène à part entière, c’est R-Type, sorti en octobre 1988, peu avant la sortie de la Mega Drive. Le premier d’une série de shoot them up de haut calibre, culte pour les amateurs du genre.

 

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Tentant de reproduire le succès d’antan en amenant les jeux d’arcade dans les salons, Sega développe de nouvelles cartouches de jeu permettant de stocker bien plus de données et donc d’élargir le champ d’action aux développeurs, mais aussi de permettre des adaptations de jeux d’arcade. On retrouve des jumeaux d’anciens jeux comme Out Run ou des jeux originaux avec des animations plus agréables, des couleurs de partout et une bande-son bien plus fine à l’écoute. En somme, la console proposait tout ce que la Nintendo ne pouvait pas offrir. Pas forcément par choix, mais plutôt par réaction à son éternelle place de second.

 

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Tout cela fait que malgré sa place, Sega parvient à se constituer une fanbase de joueurs plus chevronnés qui se plaisent à se différencier des casual gamers. Au-delà de ça, Sega sert aussi son avenir en prouvant à l’industrie de quoi l’entreprise est capable, ce qui lui permettra de rester à flot et de continuer en tant que développeur une fois la guerre des consoles perdue. Mais cela n’est pas pour tout de suite. Cette tradition de qualité ne va que s’amplifier avec la Mega Drive en 1988 et la Saturn en 1994, toutes deux rajoutant au catalogue de Sega des licences incontournables du jeu vidéo.

 

Avec du recul, tout le monde sait qui de Nintendo et Sega a gagné la guerre. Mais avec plus de 13 millions d’unités vendues et 220 jeux jouables sur la console, la Master System reste une machine incontournable de l’histoire du jeu vidéo. En plus de licences cultes, elle poussait l’innovation technologique bien plus loin que sa concurrente et laisse un souvenir indélébile à tous ceux y ayant joué. Avez-vous eu le plaisir de jouer sur la Master System ?

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— S.E.L.L.