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Portrait de l’emblématique Hideo Kojima, un génie atypique de l’industrie vidéoludique

Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais vous avez certainement entendu parler de ses créations. Considéré comme l’un des plus grands génies de l’industrie vidéoludique, Hideo Kojima est le père de jeux cultes à la technique et aux graphismes édifiants. SooGeek vous en dit plus sur cet homme surprenant en retraçant sa carrière de ses débuts à sa gloire méritée.

 

 

Né en 1963 dans l’arrondissement tokyoite de Setagaya, Hideo Kojima grandit en développant un amour pour le cinéma ainsi que pour le jeu vidéo. En vieillissant, son intérêt pour le jeu croit et il devient l’un des rares à voir le potentiel de cette industrie naissante. Contre l’avis de ses proches il décide donc de développer son talent en imaginant quelques jeux tout en continuant ses études d’économie. En 1986, il parvient à intégrer Konami, l’entreprise japonaise de développement de jeux vidéo. Durant le début de sa carrière il tente de développer différents projets tels que Lost Warld qui mettait en scène les aventures d’une guerrière masquée. Malheureusement et après 6 mois de travail, la firme met un terme au projet et c’est avec le soutien de son mentor, le designer Naoki Matsui, qu’il se propose de reprendre le projet d’un jeu devenu célèbre, Metal Gear. En offrant la possibilité au joueur d’incarner le soldat d’élite Solid Snake lors d’une mission, Metal Gear se place comme un précurseur du jeu d’infiltration. Grace à son inventivité, Kojima crée un genre à part entière basé sur la tactique et la réflexion plutôt que sur la force des personnages.

 

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Malgré les innovations apportées dans ce premier opus, Kojima devra attendre le troisième jeu de la saga pour se faire connaître du grand public. Metal Gear Solid, sorti sur PlayStation en 98, est le premier jeu de la série en 3D permettant une meilleure immersion du joueur que pour les épisodes précédents. Il rencontre un grand succès auprès des critiques et des joueurs grâce à ses designs poussés, ses très bons effets spéciaux, sa mise en scène ainsi que ses textures. De plus, la possibilité offerte par la console d’intégrer des cinématiques de qualité ouvre de nouvelles possibilités à Konami. En 95, l’entreprise japonaise sort un Metal Gear Integral, une version améliorée de Solid comprenant des contenus additionnels. Evidemment, son travail ne s’arrête pas à Metal Gear Solid mais s’étend à d’autres jeux plus ou moins connus tels que Snatcher, créé avec une équipe de 5 à 6 personnes ou encore Policenauts.

Toutes ces créations permettent à Hideo Kojima de se placer sur le devant de la scène vidéoludique et de représenter son entreprise sur un plan international. Très vite, il devient indispensable à la bonne tenue de Konami, si bien qu’on lui confie de plus en plus de projets avant de lui faire gravir les échelons. En 2011, il accède au poste de vice-président de Konami Digital Entertainment, ce qui lui permet de garder un oeil sur toutes les productions de la boite. La même année, il se lance dans la création de sa propre entreprise de développement, au sein de Konami, Kojima Productions. Malheureusement et malgré la qualité de son travail, ses relations avec les dirigeants de la firme japonaise se détériorent et vont, très vite, faire la une des journaux du monde entier.

 

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En 2015 de nombreux fans de la saga ont étés troublés par l’absence du nom de son créateur du site de Konami ou sur les jaquettes de jeux. Les traces de sa participation a plusieurs créations sont subitement effacées et cela ne s’arrête pas là : il se voit retirer la gestion de Kojima Productions dont le nom change pour Konami Los Angeles. Petit à petit l’entreprise nipponne arrête la production des produits dérivés Metal Gear Solid, en commençant par la PlayStation personnalisée aux couleurs du jeu, puis le développement de ses jeux comme le projet de survival-horror, Silent Hill.

Face aux actions de la firme, de nombreuses voix s’élèvent, non seulement pour défendre Kojima mais aussi ses équipes : en effaçant le crédit du développeur, Konami supprime aussi ceux des nombreux animateurs, producteurs, programmeurs et autres designers. Le 15 décembre 2015, le monde entier apprend officiellement l’éviction de Kojima : son contrat arrivé à terme, il peut désormais se tourner vers des projets et les créer à sa manière, en prenant le temps nécessaire au développement de jeux de grande qualité. Ce dernier point qui, selon Kojima, posait problème aux dirigeants de Konami, fera la force de sa nouvelle entreprise en collaboration avec Sony. Seule ombre au tableau : Kojima Production, ressuscité d’entre les morts, n’a pas les droits de Metal Gear Solid qui sont restés dans le giron du studio nippon.

 

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Heureusement pour les fans de MGS, le 5e opus de la saga fut terminé durant les derniers mois de travail du créateur chez Konami, qui a pu laissée sa patte sur chacune de ses créations. Tous les connaisseurs vous le diront : malgré le manque de crédit attribué au créateur, il reste difficile de jouer à l’un de ses jeux sans avoir conscience qu’il y a participé. En effet, en plus d’un style particulier et de nombreuses références, l’artiste a pris soin de placer différents caméos dans certaines de ses oeuvres. Si ni l’entreprise ni Kojima ne s’étendent sur le conflit qui les oppose, Kojima prend tout de même un malin plaisir à provoquer la firme en plaçant, ici et là, des easter eggs destinés aux fans et à son ancien employeur.

Dans MGS 5 : Ground Zeroes, le personnage se retrouve face à plusieurs tags au nom de Metal Gear. Le joueur chargé de les effacer entend dans sa radio la voix d’un homme qui le félicite : « Tu as effacé ce titre. On dirait qu’il y en a plusieurs autres… Tu peux les effacer autant que tu veux, mais tu n’effaceras jamais les souvenirs. » Chaque nouveau graffiti supprimé donne lieu à une nouvelle déclaration : « Tu as effacé tous les titres ! Mais chacun de ces derniers resteront à jamais avec toi », pour terminer sur un message enregistré par Kojima lui-même à destination des joueurs : « Merci pour votre soutien ».

 

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En mettant un terme à sa collaboration avec Konami, Hideo Kojima s’est donné les moyens de tourner la page. Si nous sommes nombreux à regretter son absence des projets de Metal Gear Solid, il y a fort à parier qu’il saura rebondir et nous offrir des oeuvres d’un niveau semblable sinon supérieur. De par son inventivité et son esprit créateur, Kojima a bouleversé le monde du jeu vidéo en apportant des innovations sur consoles et des jeux de grande qualité. Ces derniers ont su marquer les esprits et ont participé à la création du mythe Kojima. Quel est, d’après vous, le meilleur jeu de Hideo Kojima ?

Fiez-vous aux rêves car en eux est cachée la porte de l’éternité

— Khalil Gibran