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Ces champignons prélevés dans une fosse toxique produisent des antibiotiques ultra puissants

Deux espèces de champignons isolées d’une fosse à mines hautement toxique au Montana ont été récemment découvertes. Après les avoir associées en laboratoire, les scientifiques ont remarqué que ce duo a synthétisé un composé capable de tuer quatre souches résistantes aux antibiotiques de SARM, d’une manière bien différente que celles documentées jusqu’à présent.

Une fosse extrêmement toxique et dangereuse

Les deux espèces de champignons ont été recueillies dans le Berkeley Pit, une mine de cuivre à ciel ouvert abandonnée dans le Montana, qui s’étend jusqu’à 540 mètres de profondeur, et contient de l’eau aussi acide que le jus de citron et remplie d’arsenic.

Cette fosse stagnante de déchets toxiques est tellement dangereuse qu’on la considère comme un piège mortel pour la migration des oies des neiges. Il y a quelques mois, des milliers d’entre elles ont été forcées de se réfugier dans la fosse pour s’éloigner d’une tempête de neige, pour finalement y périr.

Les autopsies des 342 oies trouvées flottant dans la fosse ont révélé que leurs entrailles étaient ravagées par des brûlures et des plaies brûlantes, symptômes d’exposition à de fortes concentrations de cuivre, de cadmium et d’arsenic.

Berkeley Pit vu du ciel

Un nouveau composé découvert

Mais des espèces de champignons et de bactéries se sont développées dans cette fosse et depuis maintenant deux décennies, les chimistes de l’Université de Montana, Andrea A. Stierle et Donald B. Stierle, ont analysé les composés inhabituels qu’ils produisent et ont publié leur étude dans le Journal of Natural Products.

Jusqu’à présent, ils ont identifié un champignon capable de détruire le cancer, appelé Taxomyces andreanae, mais également des organismes qui peuvent synthétiser des molécules avec des qualités anti-inflammatoires et anti-âge.

Ils ont ensuite décidé de voir ce qui se passerait s’ils cultivaient deux espèces de champignons de Penicillium ensemble. Après six jours, ils ont constaté que ces deux spécimens avaient sécrété ensemble de nouveaux composés qu’ils ne pouvaient pas faire seuls.

Berkeley Pit

Une manière de combattre certaines bactéries nocives jamais vue auparavant

La structure moléculaire de ces composés ressemblait à une classe connue d’antibiotiques appelée macrolides, mais lorsque les chercheurs ont observé comment l’un de ces nouveaux composés, appelé berkeleylactone A, a attaqué un certain nombre de bactéries nocives, le résultat ne ressemblait en rien à ce qu’ils avaient pu observer auparavant.

 » Les études ont montré que, contrairement à d’autres antibiotiques macrolides, la berkeleylactone A n’inhibe pas la synthèse des protéines et ne vise pas non plus le ribosome, ce qui suggère un mode d’action nouveau pour son activité antibiotique « , rapporte l’équipe.

Lorsqu’ils ont examiné la structure de la berkeleylactone A, ils ont constaté qu’il manquait à la fois des sucres et une double liaison, ce qui la distingue des composés antibiotiques similaires.

Berkeley Pit en 1991

Un composé antibiotique à fort potentiel

Comment avec sa structure différente, la berkeleylactone A a-t-elle réussi à venir à bout de quatre souches résistantes aux antibiotiques de SARM, à savoir Bacillus anthracis (la bactérie anthrax), Streptococcus pyogenes, Candida albicans et Candida glabrata (levure pathogène chez l’Homme)?

Nous ne savons pas encore exactement comment fonctionne le nouvel antibiotique, mais il pourrait clairement lutter contre les agents pathogènes résistants aux antibiotiques, qui représentent une véritable menace à l’échelle mondiale.

Berkeley Pit

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— @InseeFr