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7 films célèbres qui ont été reniés par leur propre réalisateur

Ne pas être fier de son travail, ça arrive à tout le monde. Même aux réalisateurs les plus bankables ou les plus talentueux. Il arrive d’ailleurs que certains renient complètement certains de leurs films dont ils ne sont pas satisfaits. Ironie du sort, certains de ces films sont tout de même devenus célèbres, peut-être en partie parce qu’ils ont été reniés d’ailleurs. On revient avec vous sur ces 7 films célèbres que leurs réalisateurs auraient aimé oublier.

 

Alien 3

Le troisième volet des aventures d’Ellen Ripley contre les aliens avait pour lourde responsabilité de reprendre le flambeau d’une saga jusque-là parfaitement maitrisée. Après un développement tumultueux, le projet a été confié à un jeune réalisateur parfaitement inconnu à l’époque, un certain David Fincher. Malheureusement, le futur auteur de Se7en avait des idées bien arrêtées qui ne correspondaient pas à la vision beaucoup plus lisse et moins typée que les producteurs avaient du film. David Fincher est parti en claquant la porte, faute d’avoir les coudées franches concernant le tournage et le montage, et malgré quelques passages mémorables, Alien 3 a énormément déçu à sa sortie en 1992. David Fincher a d’ailleurs ensuite toujours refusé de voir le film figurer sur sa filmographie.

 

Dune

Le Cycle de Dune de Frank Herbert est l’un des plus grands monuments de la littérature de science-fiction, et cette série de romans a la réputation d’être absolument inadaptable à l’écran. De nombreux projets ont pourtant été lancés en ce sens, mais le seul qui ait abouti à ce jour est celui de David Lynch, sorti en 1984. D’ailleurs on comprend pourquoi personne ne s’est de nouveau penché sur la question depuis… Dépassements de budget faramineux et surtout désaccords entre producteurs et réalisateur sont aussi à blâmer ici. Dune le film n’a guère qu’une petite fanbase tenace pour l’apprécier, car, que l’on aime ou que l’on aime pas David Lynch, si ce dernier renie ce film, c’est parce qu’il n’a pas pu en faire ce qu’il voulait et que le résultat est infamant pour son nom. Cette catastrophe a d’ailleurs tenu Lynch à l’écart des grosses productions jusqu’à aujourd’hui.

 

American History X

Le film polémique dans lequel Edward Norton interprète un néo-nazi repenti continue de faire couler beaucoup d’encre encore aujourd’hui, avec sa complaisance à l’égard de la violence et du racisme qu’il entend dénoncer. Cependant à sa sortie en 1998 c’est surtout le scandale orchestré par son réalisateur Tony Kaye qui a marqué les esprits. Ce dernier a en effet rapidement perdu le contrôle de son oeuvre au profit de son influent producteur et acteur vedette, Edward Norton. Tony Kaye a dit et redit qu’il n’avait pas eu de droits sur le montage final et qu’il ne pouvait pas reconnaitre le film comme sien en l’état (même si on doute que le film ait été moins dérangeant si le réalisateur avait pu le monter comme il l’entendait). Preuve ultime de son reniement, Tony Kaye a été jusqu’à demander que son nom soit supprimé du générique…

 

Transformers 2 : La Revanche

Michael Bay a renié un de ses films car il le trouvait trop mauvais. Vous avez bien lu, Michael Bay a renié un de ses films car il le trouvait trop mauvais. En l’occurrence, il s’agit de Transformers 2, sorti en 2009. Michael Bay a pourtant été libre de réaliser le film comme bon lui semblait, et ça se voit : un scénario qui tient sur un timbre-poste, des explosions toutes les cinq minutes en moyenne et une belle dose de sexisme et de racisme. Non vraiment, la patte Michael Bay y est… et c’est justement ce qui a coincé puisque malgré son grand succès commercial, le film a été vivement attaqué par la critique concernant ces défauts. Au point que Michael Bay a exprimé des regrets concernant ce film et a dit ne plus vouloir en entendre parler. À trop vouloir en faire…

 

Spartacus

Même l’immense réalisateur réputé pour sa maniaquerie qu’est Stanley Kubrick n’a pas toujours été totalement maître des oeuvres qu’il tournait. Même s’il n’a pas totalement renié Spartacus puisqu’il a participé à ses restaurations, Kubrick n’a jamais caché qu’il ne considérait pas vraiment comme son oeuvre le film sorti en 1960. Produit par un Kirk Douglas despotique tenant lui-même le rôle-titre, Spartacus est l’un des derniers péplums à gros budget de l’âge d’or hollywoodien, et en tant que tel le réalisateur n’y était qu’un employé chargé de filmer le long-métrage sous les ordres d’un producteur tout-puissant. Kubrick a été engagé alors que deux semaines de tournage avaient déjà eu lieu, pour remplacer au pied levé un autre réalisateur lui-même viré, et il a été remercié sans pouvoir participer à la création du montage final. Si Spartacus reste intrinsèquement un bon film, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas vraiment une oeuvre propre à Stanley Kubrick.

 

Cléopâtre

Cléopâtre, le film symptomatique du déclin d’Hollywood au début des années 1960, a marqué durablement l’histoire de l’industrie cinématographique. Il reste encore à ce jour l’un des films les plus chers jamais réalisés, inflation comprise. Décors proprement pharaoniques, costumes par centaines, tournage étalé sur plusieurs années et star capricieuse en la personne d’Elizabeth Taylor pour interpréter la femme la plus célèbre de l’Antiquité… Tout y est, et le film est visuellement grandiose… même si c’est à peu près tout. Le talentueux Joseph L. Mankiewicz a repris le projet en cours de route, et si le réalisateur s’était fait un nom auparavant grâce à ses scénarios finement ciselés et ses montages bien réglés, Cléopâtre ne rend pas honneur à son talent, la faute à une production absolument chaotique et une sortie précipitée par les producteurs en 1963. Mankiewicz ira d’ailleurs jusqu’à dire que le tournage de Cléopâtre l’a presque dégoûté de faire du cinéma…

 

Caligula

https://www.youtube.com/watch?v=4zFqbilFIb4

S’il y a bien un film sulfureux, c’est Caligula. À l’origine, il devait s’agir d’une adaptation à l’écran de la pièce écrite par le fameux écrivain Gore Vidal sur la vie du célèbre empereur romain réputé pour sa débauche. Cependant, pour parvenir à financer le projet, Vidal s’est associé au magazine de charme Penthouse… Et le film s’est retrouvé caviardé de plans sexuellement explicites au moment du montage, ce qui a outré Malcolm McDowell, l’interprète du rôle-titre devenu célèbre pour son rôle dans Orange Mécanique. Le réalisateur Tinto Brass a d’ailleurs claqué la porte car il n’a pas pu réaliser son montage comme il le voulait… et pour finir, c’est Gore Vidal qui n’a pas voulu voir son nom au générique, pas à cause des scènes licencieuses, mais parce que le film s’éloignait trop de son texte d’origine. À sa sortie en 1979, le film a déclenché un énorme scandale, et il ne s’est jamais départi de son aura sulfureuse…

 

Ces 7 films ont, pour des raisons diverses et pas forcément valorisantes, atteint une belle notoriété malgré la haine qu’ont éprouvée pour eux leurs auteurs. On se prend à rêver de ce qu’auraient été ces films si leurs réalisateurs avaient eu les coudées franches et avaient pu les faire correspondre à leur vision. Cependant, comme leurs réalisateurs ne veulent plus voir leurs noms associés à ces projets, on se demande s’il ne faudrait pas mieux les laisser là où ils sont. Pensez-vous qu’on devrait donner à ces réalisateurs la chance de refaire ces films comme ils l’entendaient ?

Au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi, mieux vaut attendre un peu qu’on le change en ami

— Georges Brassens