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Lumière sur Alice Guy, cette femme méconnue qui a révolutionné le cinéma

Lumière sur Alice Guy, cette femme méconnue qui a révolutionné le cinéma

Lorsque l’on évoque la naissance du cinéma, l’on pense tout de suite aux frères Lumières, Léon Gaumont ou Georges Méliès. Qui se souvient de figures majeures comme Alice Guy ou Lois Weber ayant œuvré dans les années 1920 à la création d’Hollywood ? Réalisatrices ou productrices de talent, ces pionnières de la pellicule ont été mises sur la touche quand le cinéma est devenu une industrie dans les années 30. 

HOLLYWOOD A ÉTÉ CONSTRUIT EN GRANDE PARTIE PAR DES FEMMES

Le saviez-vous, Hollywood a été construit en grande partie par les femmes ? Dans les années 1910 et 1920, elles étaient monteuses, productrices, réalisatrices, scénaristes et même, pour certaines, patronnes de studio ! A l’époque, ces femmes étaient extrêmement puissantes.

Au début d’Hollywood, le ­cinéma était pris au mieux pour un amusement. Les femmes ont pu accéder aux différentes professions du cinéma car tout restait à créer dans ce domaine. Dans ce contexte, elles ont eu une totale liberté : celle d’exercer tous les métiers et d’exploiter tous les registres.

Elles réalisaient ainsi des films sociaux et politiques — Lois Weber, par exemple, a tourné des films sur les droits civiques, en faveur de la cause des Noirs; Alice Guy quant à elle, a tourné entre 600 à 1 000 films de la comédie, au film de science-fiction, en passant par le Western.

Alicia Guy Blaché est morte aux États-Unis dans le New Jersey dans une résidence de retraités, seule et loin du cinéma. Son rôle majeur dans le cinéma (comme usine à rêve) que nous connaissons commence juste à être reconnu. Elle est considérée comme la première personne ayant exploré le potentiel narratif du cinéma.

Alors qu’elle travaillait comme secrétaire chez Léon Gaumont, elle a pu découvrir comme beaucoup l’invention des frères Lumières, mais alors qu’eux n’y voyaient qu’une innovation technique limitée à un intérêt scientifique ou à une attraction de foire, elle a su voir un outil pour raconter des histoires d’une nouvelle manière et d’y créer l’émotion.

Bien avant même Georges Mélies, précurseur reconnu du cinéma, elle demanda à son chef de pouvoir tourner quelques scènes avec des amis comme acteurs, ce qui donna un film appelé « La fée aux choux » en 1896. Le premier film qui combine la fiction théâtrale et les images en mouvement du procédé cinématographique.

ALICE GUY A ÉTÉ LA PREMIÈRE À INTRODUIRE LE SON DANS SON CINÉMA

Georges Méliès

Intrigué par le résultat et par les perspectives offertes, Gaumont décida de la charger de la création d’un département de cinéma de fiction.

Ainsi, non seulement elle fut la première réalisatrice, mais aussi la première productrice de cinéma. Elle fut pionnière également dans les effets spéciaux (Méliès ne cacha pas d’ailleurs avoir été influencé par son travail), mais apporta beaucoup aussi dans la connaissance dans les rudiments du montage et fut surtout la première à penser synchroniser un gramophone et les images pour donner plus de puissance au récit.

Après son mariage avec le caméraman Herbert Blaché, elle déménagea aux États-Unis, où elle contribua fortement à la naissance d’Hollywood en créant son propre studio cinématographique, la Solax, le 7 septembre 1910 à New York puis à Fort-Lee dans le New Jersey, la cité du cinéma avant Hollywood.

Avec 25 000 dollars par an, elle devient la femme la plus riche des États-Unis. Son studio de cinéma est le plus grand du pays dès 1912. Mais après un divorce difficile et la montée en puissance d’Hollywood, où les femmes étaient reléguées de plus en plus à des tâches subalternes, elle tomba peu à peu dans l’oubli, certains films réalisés par elle n’étant même plus crédités sous son nom.

SON STUDIO DE CINÉMA EST LE PLUS GRAND DES ÉTATS-UNIS DÈS 1912

Chassées par les hommes après la crise financière de 1929, c’est depuis peu que l’on souhaite rétablir ces femmes à leur juste place. Un documentaire  » et la femme créa Hollywood  » des sœurs Julia et Clara Kuperberg rend justement hommage à ces femmes, sans qui le cinéma comme nous le connaissons n’existerait pas…

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— @DailyGeekShow