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Pourquoi les armées du monde ne doivent pas équiper leurs drones d’ogives nucléaires

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Les drones sont en plein essor chez les particuliers mais ont d’abord été conçus, fabriqués et utilisés à des fins militaires. En effet, ces appareils offrent quasiment les mêmes possibilités que les avions sans mettre en danger la vie des pilotes qui les contrôlent à distance. Malgré tout, l’US Air Force ne souhaite pas confier l’arme nucléaire à un engin sans pilote. DGS vous explique pourquoi.

Le bombardier à longue portée LRS-B (Long Range Strike Bomber) est un projet secret et de longue durée de l’United States Air Force qui vise à développer la prochaine génération de bombardiers dotés d’armes nucléaires. Cet avion du futur pourrait bien effectuer certaines missions sans pilote, c’est-à-dire comme un drone. Mais malgré des années de progrès dans la technologie sans pilote, il n’est pas aisé de laisser une arme nucléaire à un drone qui sera contrôlé à distance.

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Parmi les 159 bombardiers qui servent actuellement l’USAF, 76 sont des B-52 Stratofortress dont le premier exemplaire est entré en service en 1961. Parmi les autres variétés de bombardiers introduites depuis, seulement deux volent actuellement : le bombardier supersonique B-1 Lancer et l’emblématique B-2 Esprit. Tous les trois ont été conçus pour transporter des armes nucléaires sur de longues distances, et ensemble, ils ont fait partie de la « triade nucléaire« . La triade était une partie intégrante de la planification stratégique américaine pendant la guerre froide, mais après l’effondrement de l’URSS, elle a été mise de côté.

Le furtif B-2 Spirit est de loin le bombardier le plus avancé jamais mis en service par l’USAF, mais il a été construit lorsque l’URSS commençait à s’effondrer. Puisque la menace diminuait, la pression politique du Congrès au début des années 1990 entraîna une diminution de la flotte des B-2. En 2008, il restait seulement 20 avions. L’USAF souhaite maintenant construire une nouvelle flotte comprenant entre 80 et 100 avions.

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Vu l’importance majeure qu’auront ces futurs avions et le grand nombre d’exemplaires que désire produire l’USAF, il est judicieux de se demander si ces appareils auront forcément un pilote. Popular Science a visité le Pentagone et a interrogé un responsable de la défense à propos de l’avenir des bombardiers nucléaires. Lorsqu’il lui a été demandé si le futur LRS-B pourrait voler sans pilote, le haut fonctionnaire de la défense a répondu qu’il ne faut pas s’attendre à voir un drone porter une arme nucléaire dans des zones instables et contestées, c’est-à-dire là où elle doit être amenée.

En dépit de leur importance dans les derniers conflits, les drones n’ont pas volé dans des espaces aériens contestés (où l’adversaire utilise des avions et des armes anti-aériennes). La flotte de drones de l’USAF est mieux adaptée pour la contre-insurrection que pour la guerre conventionnelle. Cela ne signifie pas que les drones seront toujours limités à ce rôle. Pourtant, il y a des raisons de les garder hors de la guerre nucléaire. Lorsque Popular Science a interrogé le haut fonctionnaire de la défense sur les avantages que pouvait conférer un drone, il a répondu en soulignant les nombreux avantages que présentent les pilotes physiquement présents dans les cockpits. Il a également noté que les avions avec pilotes, eux, atterrissent exactement de la manière dont les pilotes veulent qu’ils atterrissent.

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Perdre un avion contrôlé à distance face à une nation hostile qui utilise la guerre électronique a un précédent historique, ce n’est donc pas une peur sans fondement. En 2011, l’Iran a capturé un RQ-170 Sentinel, drone américain de surveillance, en brouillant ses communications et en lui fournissant de fausses coordonnées. Le haut fonctionnaire de la défense envisage bien évidemment le scénario hypothétique d’un aéronef sans pilote recevant des instructions erronées ou fausses. Un drone RQ-4 Global Hawk dont la liaison est coupée devient inutile et peut être capturé sans le moindre coup de feu. La perte d’un RQ-4 signifie un manque de surveillance et de renseignement mais la perte d’un bombardier nucléaire armé signifierait bien pire.

Dans une guerre conventionnelle, ou pire encore, un conflit nucléaire actif, la dernière chose que souhaite un commandant militaire est de perdre le contrôle de ses armes atomiques. Lorsque le LRS-B sera conçu, il pourra inclure une capacité éventuellement ouverte, mais pour des missions utilisant l’arme nucléaire, il est prudent de supposer que des pilotes seront toujours à bord.

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Les drones sont donc très efficaces mais pas assez sûrs pour porter une ogive nucléaire. Au bureau, on est fascinés par tous ces engins à la pointe de la technologie mais vu leur grande puissance, on espère qu’ils serviront surtout d’arme de dissuasion ! Pensez-vous qu’un jour les conflits ne mettront en jeu que des drones et que les vies humaines seront épargnées ?

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