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Retour sur Dragon Ball, ce manga qui a marqué des générations entières

Retour sur Dragon Ball, ce manga qui a marqué des générations entières

Depuis plus de 30 ans, la série Dragon Ball d’Akira Toriyama enflamme les lecteurs du monde avec les aventures de Son Goku, Son Gohan, Son Goten et leurs amis prônant l’amitié et le dépassement de soi. À l’occasion de la sortie du 1er tome de Dragon Ball Super chez Glénat, le Daily Geek Show s’intéresse à la série qui a marqué plusieurs générations.

Dragon Ball GT

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, Dragon Ball narre les aventures musclées d’un groupe de supers guerriers pratiquant les arts martiaux et luttant pour sauver le monde face aux pires dangers de l’univers. Par leur entraînement et affrontements successifs, ils atteignent un état de dépassement de soi matérialisé par un changement de coiffure et une aura quasiment palpable.

LA SÉRIE SE DIVISE EN PLUSIEURS PARTIES, ELLES-MÊMES, SUBDIVISÉES EN ARCS

Certains arcs sont narratifs, apportant leur lot de blagues, alors que d’autres plus sombres sont axés sur les combats titanesques. Ce manga est considéré, selon un sondage japonais comme l’un des trois meilleurs de tous les temps, après Slam Dunk et Jojo’s Bizarre Adventures.

Dragon Ball Z Saga Boo

Cette popularité, acquise rapidement et qui ne s’est jamais démentie depuis trois décennies malgré des variations dans la qualité des différents arcs, peut s’expliquer non seulement par les notions fortes et universelles d’amitié et de dépassement de soi par l’effort, mais également par l’attachement des lecteurs aux nombreux protagonistes qu’ils ont connus enfant et vu grandir. Son Goku apparaît sous les traits d’un très jeune enfant et Bulma d’une jeune fille dans les premiers tomes de Dragon Ball.

Sun Wukong

Au fil des sagas, ils ont grandi, appris beaucoup de choses, vécu un grand nombre d’aventures et fondé des familles. Chaque personnage a ses points forts et ses faiblesses et une histoire propre permettant à chacun de s’y reconnaître. De plus, l’humour d’Akira Toriyama, typiquement japonais est très apprécié des lecteurs adolescents et jeunes adultes.

D’autre part, la popularité en Asie de Dragon Ball est due à ses références au célèbre conte chinois shinto-bouddhiste Saiyūki / La Pérégrination vers l’Ouest datant du XVIe siècle, par le nom de son héros : Son Goku. Idem avec le fait que ce dernier peut se transformer en singe, dans le roman chinois Sūn Wù Kōng est le roi des singes chargé de protéger Táng Sān Zàng dans son voyage contre les démons. Comme dans le roman, on note la présence d’objets magiques tels le nuage (Kinto-un), le bâton (Nyoï-Bô) et l’éventail (Basshô). Le personnage d’Oolong est également une référence au personnage Zhū Bā Jiè de Saiyûki, qui est également un cochon glouton, capable de se métamorphoser et est très attiré par les jeunes et jolies jeunes filles.

CETTE RÉFÉRENCE AU SAIYUKI SE PERD PEU À PEU, JUSQU’À COMPLÈTEMENT DISPARAÎTRE DANS DRAGON BALL Z


En France, nombreux sont les fans qui ont découvert le jeune Son Goku et ses compagnons avec la publication des mangas chez Glénat et la diffusion des animés dans le Club Dorothée dès la fin des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990.

LE TITRE DEVIENT UN INCONTOURNABLE ET GRANDIT AVEC SES FANS QUI, AUJOURD’HUI, EN PARLENT AUX GÉNÉRATIONS SUIVANTES ET SONT AVIDES DE NOUVEAUTÉS ET DE REDIFFUSIONS

Animes, rééditions du manga, jeux vidéo et produits dérivés en tous genres nourrissent cet engouement et maintiennent la série au sommet. Les admirateurs, tout en conservant un œil critique vis-à-vis des différentes moutures de leur série fétiche, en conservent un fort sentiment de nostalgie.

Avec sa galerie de personnages variés aux styles biens particuliers, ses gags et ses combats épiques à base de Kame hame ha, Dragon Ball devient également une référence dans la création artistique et dans la vie quotidienne, et ce, partout dans le monde. Parmi les artistes les plus inspirés par la série, on trouve de nombreux rappeurs dont Demi-Portion avec Dragon-Rash tout droit venu de la région de Sète ou encore G.a.Lien avec son Goku’s Back.

Toujours aux USA, de nombreux films et séries jeunesses et jeunes adultes font plus ou moins explicitement référence à Dragon Ball, que ce soit dans South Park, dans Buffy contre les vampires où le personnage d’Andrew Wells se compare à Vegeta, dans le film Scott Pilgrim où l’un des opposants aux héros voit ses cheveux blondir et se dresser sur sa tête quand son pouvoir augmente. Sur la pochette de l’album Who is, this is de Voodoo Glow Skulls, l’on peut voir Krillin en armure Saiyan.

L’on pourrait ainsi multiplier les exemples à l’infini. Des pointures du jeu vidéo ont également rendu hommage à la licence. A noter que, le fait le plus étonnant vient des États-Unis où il est « facile » de déclarer une religion, aussi certains fans ont créé des églises nommées, entre autres, Eglise Gokuiste des Derniers Jours, Gokuisme évangélique… Sur Facebook, une de ces pages (en espagnol) réunit tout de même près de 175 000 j’aime même si, dans la majorité des cas, il s’agit plus d’humour que de véritable croyance.

SI LE TITRE FAIT MOUCHE CHEZ LES LECTEURS, IL S’ATTIRE LES FOUDRES DES CENSEURS

Dragon Ball Saga Cell

Dragon Ball étant classé enfant en France et dans de nombreux pays occidentaux, les blagues parfois scato ou sur les culottes de Bulma, ou encore les combats sanglants où les personnages sont grièvement blessés, voire tués, attisent la colère des associations de parents et politiciens. Ainsi, dès 1997, les locaux de Glénat Belgique ainsi que plusieurs librairies vendant des exemplaires de Dragon Ball sont perquisitionnés et les exemplaires présents saisis.

Couverture du Manga Dragon Ball Super (VF)

En France, dans son livre Le ras-le-bol des bébés zappeurs (1989), Ségolène Royal alerte l’opinion publique sur la situation de ces enfants « abreuvés de violence, de laideur, de médiocrité ». Le 28 mai 1991, le CSA oblige TF1 à s’excuser en prime time pour la diffusion « de scènes de violence et de sadisme » ; tandis qu’en 1994, un parent crée l’Association des Jeunes Téléspectateurs pour dénoncer les travers prêtés au dessin animé : « Violence, sadisme, techniques envoûtantes de fidélisation, mise en scène destinée à stimuler les réactions pulsionnelles. » (Extrait d’un article du Monde.fr)

Cependant ce débat, bien que dépassé aujourd’hui, a laissé des traces durables dans l’imaginaire collectif des générations précédentes. Mais les fans de Dragon Ball n’ont jamais abandonné la série qui a ouvert la voie de la génération manga.

Aujourd’hui, avec la sortie dans nos contrées de Dragon Ball Super en manga, scénarisé par Akira Toriyama, l’engouement connaÎt un nouveau souffle. Les fans de la première heure, qui ont bien grandi à l’image de leurs héros, retrouvent avec délectation un arc plus léger qui renoue avec les premiers tomes de l’œuvre sans renier son passé.

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