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Des prisonniers chinois forcés par leurs geôliers à jouer la nuit à World of Warcraft

Vous pensiez tout connaitre du « Gold Farming », l’industrie qui revend l’or virtuel des jeux en ligne à des joueurs Occidentaux ? Un témoignage accablant révèle un phénomène nouveau dans ce domaine en Chine : l’exploitation des prisonniers comme cyber-ouvriers.

Le Guardian a retrouvé un prisionnier chinois, Liu Dali, qui a passé cinq ans dans le camp de Jixi dans la province de Heilongjiang. Cet homme, âgé d’une cinquantaine d’années, avait été enfermé pour avoir fait des « pétitions illégales » dans son village natale pour dénoncer la corruption. Pendant son incarcération, parmi ses multiples mises à l’épreuve comme la lecture répétée de textes communistes, des tâches manuelles imposées où il devait casser des pierres, creuser des trous dans le paysage minier du nord-est de la Chine, tailler des baguettes ou des cure-dent et assembler des couvertures de siège pour voiture, le vieil homme était obligé avec ses co-détenus de jouer quotidiennement pendant des dizaines d’heures au jeu en ligne World of Warcraft (le plus grand Massive Multiplayer Online du monde, avec ses 12 millions de joueurs).

Un témoignage accablant : « Les chefs de la prison gagnaient plus d’argent en forçant les détenus à jouer en ligne qu’en les obligeant à faire du travail manuel. Près de 300 prisonniers étaient obligés de jouer. Nous travaillions pendant 12 heures d’affilée. J’ai entendu dire qu’ils pouvaient gagner jusqu’à 570 livres par jour. Nous ne voyions jamais l’argent. Ils n’éteignaient jamais les ordinateurs. (…) Si je ne pouvais pas atteindre mon quota, ils me punissaient physiquement. Ils m’obligeaient à rester debout avec les mains en l’air, puis me frappaient quand je revenais dans les dortoirs. On continuait à jouer jusqu’à ce qu’on puisse à peine voir l’écran.« 

Liu Dali met ainsi le doigt sur une dérive très ancienne qui a toujours marqué les inégalités sociales en dessinant un clivage entre les joueurs de pays riche et tout ceux provenant de pays pauvres. Certains joueurs n’hésitent pas à dépenser une dizaine d’euros pour obtenir des milliers de pièce d’or sans effort sur leur jeu favori. Mais cela a des conséquences réelles de l’autre côté du monde, créant une industrie parallèle illégale capable d’employer des centaines de milliers de joueurs pour rester assis face à un ordinateur nuit et jour et accumuler des richesses virtuelles futiles qui seront revendues ensuite en monnaie sonnante et trébuchante.

Cette dénonciation vient encore une fois rappeler les dérives des jeux en ligne, particulièrement en Chine. Cette industrie représenterait 100.000 emplois, dont 80% en Chine, pour des bénéfices allant jusqu’à plusieurs milliards de dollars par an.

N’achetez pas d’or virtuel, vous exploitez des prisonniers et des adolescents forcés à jouer pour vous.

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— @DailyGeekShow