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Pénétrez dans Darkest Dungeon, ce RPG sombre et violent issu de la scène indépendante

Il y aura des échecs, des héros mourront, définitivement, mais même couvert de fiel et de blessures purulentes, vous vous relèverez. Telle est votre voie, tel est votre souhait. Darkest Dungeon n’est pas un jeu à prendre à la légère tant son atmosphère lourde et perfide mettra votre volonté à l’épreuve. Abandonnez tout espoir et faites votre devoir pour venir à bout du plus sombre donjon et enfin libérer votre ville du joug du malin.

Développé début 2016 par Red Hook Studios, encore des indépendants talentueux plébiscités sur Kickstarter, Darkest Dungeon est un rogue-like (inspiré par le jeu Rogue de 1980) où vous devrez vous trainer à travers une succession de salles aux dangers générés aléatoirement dans le but d’acquérir trésors, pouvoirs et expérience pour venir à bout du plus sombre donjon. Imprégné d’une forte dimension stratégique et de gestion, il vous faudra faire le moins mauvais des choix dans un monde médiéval-fantastique des plus inquiétants.

Bienvenue aventurier ! À la recherche de gloire et de fortune, vous venez d’hériter d’un petit hameau plein de charme où il ferait bon vivre si la région n’était pas peuplée de créatures obscures et sanguinaires. Se terrant au fond de caves et donjons, elles protègent leurs trésors, reliques et autres artéfacts puissants. Défendez votre peuple et augmentez votre prestige dès aujourd’hui. Partez en croisade contre le malin et rapportez richesse, prestige et sérénité dans le village.

Si c’est la bravoure et le courage qui vous gouvernent, il va falloir faire preuve d’humilité et de lucidité pour venir à bout des plus sombres donjons. Vous allez expérimenter ici la peur, la violence, l’angoisse, l’abattement et la désolation la plus totale. Bref, vous allez bien vous amuser. L’ambiance est lourde, crade, avec une direction artistique à gros grains dans un dessin sombre et sans compromis, usé et usant. Rapidement, le visuel est relayé par l’expérience de jeu. C’est l’angoisse.

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Pour votre aventure, vous allez avoir besoin d’équipiers de choc. 4 par mission, à choisir parmi les croisés, occultistes, vestales, bouffons, lépreux, pilleurs de tombes et autres âmes perdues qui viennent chercher l’aventure, et sans doute la mort. Chacun remplira un rôle défini avec des compétences propres et des comportements particuliers. Choisissez bien, tout est histoire de stratégie, d’autant plus qu’ils présentent tous des traits de caractère bénéfiques ou non.

Un chevalier en tête du groupe, quelqu’un capable d’infliger de lourds dégâts sur ses talons, prêt à bondir, le troisième héros s’occupe des monstres à distance ou déstabilise les plus dangereux pendant que votre soigneur se tient bien en retrait, veillant sur la santé de vos troupes. Pourtant, l’expérience est claire. Vous êtes nul, perdu, désemparé. L’ennemi fait bien trop mal, vos héros ratent souvent leurs attaques et votre stratégie parait sommaire voire carrément bancale. Vous avez pourtant été bien attentif au tutoriel d’introduction, mais rien ne se passe comme prévu ! Rassurez-vous, tout est normal.

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C’est à la dure que le jeu vous apprend la première et la plus importante des leçons de Darkest Dungeon. L’échec fait partie intégrante du jeu tant les situations peuvent dégénérer très vite à base de malchance. Il est impossible de survoler les obstacles, hors de question de choisir la facilité et ne vous avisez pas de vous attacher à un quelconque héros, car ce n’est qu’un quelconque héros, totalement remplaçable. Autant le considérer comme mort au moment où vous déclenchez la mission. Ça y est, vous sentez l’angoisse poindre en vous, l’atmosphère sadique vous étouffer peu à peu et la mort souffler son haleine glaciale dans votre nuque. De quoi vous rendre fou.

Cette folie qui vous guette est une réalité dans Darkest Dungeon. Voir mourir ses amis, entendre le psaume lancinant d’une créature démoniaque tourner en boucle dans votre tête, retenir son souffle lorsque la dernière flamme de votre torche disparait ; malheureusement vos héros vont avoir toutes les occasions d’accumuler le stress. Quelle importance ? C’est très simple. Si l’esprit se brise, la raison se perd. Paranoïa, narcissisme, folie, épouvante, désespoir ou masochisme viendront perturber chaque tour de votre personnage.

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Avoir un compagnon délirant sur votre gauche lorsque les enfers se déchainent sur votre droite n’est pas de bon augure. Outre la perte partielle du contrôle de votre cinglé, c’est encore un peu de stress en perspective pour tout le monde. Beaucoup en fait. Il faut sortir, et vite, avant que tout le monde n’y passe. Trop tard, votre vestale craque, elle refuse de soigner votre arbalétrier et se frappe elle-même à grands coups de masse. Tout va très vite et c’est bientôt la fin, vous assistez impuissant à la ruine de l’expédition. Retour à la case départ.

Oui c’est dur, et il vous arrivera sans doute de vouloir faire une pause après les plus mauvaises des expériences. Pourtant c’est un plaisir de lutter contre le système de jeu. On vous enfonce la tête sous l’eau en quelques tours, décimant votre meilleure équipe à coups de vomi et de dague rouillée, mais vous tenez bon, c’est limite mais ça passe. Après la mission il faudra penser à envoyer tout le monde prendre du bon temps à l’auberge, ou prier un bon coup chez le curé. Vos héros prennent de l’expérience, il serait également bon de les soigner de quelques tares gênantes au sanatorium et de leur fournir un meilleur équipement.

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Au final, on s’habitue très bien aux raclées. Les leçons durement apprises dans le sang affinent notre jeu et on continue d’avancer inexorablement à la lumière de notre torche. Envoûté par l’atmosphère lancinante, épouvanté par les hordes de monstres répugnants, on prend plaisir à défaire chaque défi offert par les boss. Armez-vous de courage et prenez garde à la folie qui guette si vous voulez sortir un jour du plus sombre des donjons.

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