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L’histoire et l’évolution des contes de fée au cinéma

L’histoire et l’évolution des contes de fée au cinéma

Il était une fois une histoire enchantée : celle qui unit les héros les plus anciens de la littérature pour enfants au cinéma. Livres cultes de votre enfance, les contes de fée sont intimement liés au grand écran, et ce depuis la création de celui-ci. Leur parcours les a d’ailleurs fait passer par de nombreuses étapes rythmées par les innovations techniques, les folies scénaristiques et les envies du public. Entre adaptations fidèles et réécritures originales, retour sur l’histoire des contes de fée au cinéma et leur évolution au fil des ans.

Georges Méliès
Georges Méliès

Récits intemporels peuplés de monstres ou de princesses, les contes de fées traînent leurs pages dans nos bibliothèques depuis le 17è siècle. Que vous soyez grand ou petit, l’un de ces contes est forcément passé un jour sous vos yeux. Racontés principalement aux enfants afin de leur apprendre certaines leçons de morale, ils sont surtout là pour les faire rêver, les aider à s’endormir ou les divertir. Avec l’arrivée du cinéma à la fin des années 1880, transposer ces histoires universelles sur ce tout nouveau média semble être une voie toute tracée. Et le premier à en avoir adapté un est George Méliès, l’un des pionniers du cinéma et des effets spéciaux.

La vedette de ce premier conte sur grand écran n’est autre que Cendrillon, star du film éponyme projeté en 1899 et qui durait… 6 minutes. Une durée qui peut sembler courte mais qui reste impressionnante pour l’époque car le cinéma n’en était encore qu’à ses débuts. Le film est d’autant plus surprenant que le réalisateur n’a pas hésité à user des effets spéciaux (tour de passe-passe…) pour donner l’illusion de la magie. Le film a alors véritablement l’air d’un conte de fée animé, effet renforcé par le fait que l’adaptation est fidèle au récit de Charles Perrault.

Le cinéma étant tout nouveau, les films trouvent très vite leur public et la transposition sur grand écran de Cendrillon marque véritablement le début des adaptations de contes de fée. Méliès est d’ailleurs le premier réalisateur à se lancer avec entre autre Barbe-Bleue en 1901 et Cendrillon ou la pantoufle mystérieuse en 1912.

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Dès lors, les contes au cinéma se multiplient. Cependant, ils sont en noir et blanc et souvent muets. Pour voir un conte sonore durant plus d’une heure, il faudra attendre 1946 et l’adaptation de La Belle et la Bête par l’artiste/réalisateur Jean Cocteau (qui a en partie inspiré celle de Walt Disney).

Passées les années 60, les transpositions se multiplient à travers le monde et sont généralement fidèles aux histoires d’origine. Toutefois, ce sont les versions pour enfants qui restent les plus portées à l’écran (les vrais contes étaient encore trop malsains pour être adaptés). Afin de leur donner un peu de pep’s, les réalisateurs et producteurs vont les transposer dans le monde moderne dans les années 80-90. Ils n’hésitent pas pour cela à changer le style de l’histoire et à quitter le fantastique pour l’horreur ou la comédie musicale. Parmi ces revisites, on trouve entre autre Blanche-Neige : le plus horrible des contes en 1997, La légende de Cendrillon sortie la même année ou A tout jamais, une histoire de Cendrillon en 1999.

WALT DISNEY EST LE PREMIER À AVOIR ADAPTÉ UN CONTE EN ANIMATION

Coté animation, ce n’est que tardivement qu’ils ont été adaptés sur grand écran. On doit d’ailleurs la première adaptation d’un conte de fée à un maître de l’animation : Walt Disney lui-même. En 1936, il se lance avec son équipe d’animateurs dans un projet pharaonique pour l’époque : réaliser le premier long-métrage d’animation sonore et entièrement en couleur. Et l’héroïne de ce premier conte de fée cinématographique, vous la connaissez bien car il s’agit de Blanche-Neige.

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Suite au succès rencontré par Blanche-Neige et les sept nains, Walt Disney va continuer sur sa lancée en adaptant d’autres contes de fée de son vivant parmi lesquels on retrouve Pinocchio en 1940, Cendrillon en 1950, Alice au pays des Merveilles en 1951 et La Belle au bois dormant en 1959. Il faudra ensuite attendre 1989 et La petite sirène pour revoir un conte de fée adapté par Disney. Bien sur, d’autres studios d’animation ont imaginé leur vision des contes mais les versions de Disney restent les plus populaires.

Trop classiques, connus de tous ou trop sages, les contes de fée peinent à retrouver un public plus large malgré leur popularité auprès des plus jeunes à la fin des années 90. C’est alors qu’ils vont connaître un virage à 180° qui va les faire renaître dans les années 2000… et ce grâce à un ogre vert !

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SHREK A RÉINVENTÉ LE GENRE SANS LE DÉNATURER

Avec son héros loin des canons en vigueur, de ses équipiers atypiques et de son histoire axée sur l’humour et les situations improbables, Shrek bouscule les codes en vigueur. A sa manière, il réinvente le genre sans le dénaturer et y ajoutant des éléments novateurs comme le fait de péter ou une princesse qui sait se débrouiller face aux menaces. Son histoire a beau ne pas être inspirée d’un vrai conte, le fait d’y retrouver des personnages existants (comme les 3 petits cochons, Pinocchio…) fait qu’on la considère aujourd’hui comme tel.

Shrek a ainsi marqué un tournent dans le traitement de ces histoires magiques au cinéma. Un tournant qui va inspirer bien d’autres films et servir de point de départ à une chose auquel n’auraient jamais penser les auteurs d’origine : réécrire l’histoire des contes de fée.

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Suite au succès de Shrek, les réalisateurs vont s’amuser avec les contes et en donner leur version aussi bien du coté des films d’animations que des films live. Le premier élément qui va alors moderniser les contes est de leur donner un coté plus sombre et plus fantastique.

Étant des histoires assez sordides à la base qui ont été adaptées au jeune public, le conte de fée renoue avec son passé plus sombre. Néanmoins, pour plaire au plus grand nombre, certaines histoires deviennent des mash-ups où les gentils héros côtoient des créatures tirées du cinéma fantastique. C’est par exemple le cas avec Hansel et Gretel Witch Hunters, Blanche Neige et le Chasseur ou Jack le chasseur de géants. Dans d’autres cas, ce sont les réalisateurs qui donnent leur vision d’un conte, comme l’a fait Tim Burton avec les films Alice au Pays des Merveilles et Alice de l’autre coté du miroir.

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L’autre élément qui a dépoussiéré les contes de fée est le fait de raconter l’histoire à travers les yeux des méchants. Souvent délaissés et peu appréciés du public, ces « contes de méchants » si on peut les appeler ainsi donnent un autre regard sur l’histoire. Passé, motivations, lien avec l’histoire originelle ou recherche du pardon sont autant de points soulevés par ces films qui veulent changer votre vision d’un personnage.

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Et une nouvelle fois, c’est Disney qui s’est lancé le premier sur ce terrain avec le film Maléfique et le Disney Channel Original Movie Descendants qui raconte la vie des enfants de 4 méchants emblématiques de Disney (la méchante reine de Blanche-Neige, Maléfique, Jafar et Cruella D’enfer).

Cette modernisation a fait que les contes sont également passés du grand au petit écran avec des séries les plaçant dans le monde réel ou dans des univers alternatifs. C’est le cas notamment dans Grimm ou dans Once Upon a Time. Mais celle-ci ne se limite pas aux séries pour adultes : ainsi la web-série Ever After High dérivée des jouets éponymes vous invite à découvrir ce qu’il y a après vos contes préférés. Ses héros sont en effet les enfants des héros et vont dans un lycée où ils apprennent à suivre la voie de leur parents ou à réécrire leur histoire.

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Qu’ils choisissent de rester fidèles aux contes dont ils sont inspirés ou qu’ils soient modernisés, les contes de fée n’ont jamais cessé d’inspirer le cinéma. Depuis les débuts du média, ils font rêver petits et grands enfants au travers d’histoires gardant comme point commun un monde fantastique. S’ils ont pu dévier vers d’autres genres, les contes de fée sur grand écran ont su garder la magie de leur version papier. Ils ont cependant évolué en proposant davantage d’humour ou un autre regard sur l’histoire. Ces histoires enchantées ont beau être éternelles, tant qu’il y aura des films sur elles, nous n’avons pas fini de les redécouvrir.

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