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La consommation de certains médicaments augmente drastiquement les risques de contracter la maladie d’Alzheimer

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La maladie d’Alzheimer touche de plus en plus de personnes chaque année. Mais d’où vient cette augmentation ? Un étude franco-canadienne vient d’apporter des précisions sur un possible élément déclencheur de ce syndrome : la prise plus ou moins régulière d’anxiolytiques et de somnifères augmenterait les risques d’Alzheimer. Une conclusion alarmante sachant que nous sommes les plus gros consommateurs de médicaments au monde.

Depuis six ans, des chercheurs français (Inserm) et canadiens (université de Montréal) travaillent d’arrache-pied pour comprendre et analyser les facteurs déclencheurs de la maladie d’Alzheimer. Publiés mercredi 12 novembre 2014 sur le site du British Medical Journal, les résultats de leur travail de longue haleine pointent du doigt un fait alarmant : les médicaments contre l’anxiété et les somnifères accroissent considérablement les risques d’Alzheimer.

Pour aboutir à cette conclusion, les équipes de scientifiques franco-canadiennes ont étudié environ 1800 cas d’Alzheimer en les comparant à des personnes du même âge et du même sexe, mais en bonne santé. Les chercheurs se sont donc aperçus d’une chose : la prise plus ou moins régulière de benzodiazépines pendant un laps de temps augmenterait les chances de contracter la maladie d’Alzheimer de 51 %. Un chiffre alarmant qui augmente en fonction de la durée d’exposition à ce type de médicaments. Bien que cela n’ait pas encore été confirmé scientifiquement, les chercheurs ont fait part, dans la publication de leurs résultats, d’un possible lien de causalité entre la consommation de benzodiazépines et l’augmentation des risques d’Alzheimer.

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Cela dit, les scientifiques ne cherchent pas à bannir les anxiolytiques et les somnifères pour autant, mais plutôt à sensibiliser sur la nécessité de limiter leur usage dans le temps : pour les équipes ayant participé à ce travail de recherche, le prise de benzodiazépines ne devrait pas excéder 3 mois. Cette remarque va dans le sens des récentes critiques émises en janvier 2014 par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) concernant les durées de traitement toujours trop longues. Certains patients prennent ce type de médicaments en continu au-delà de la période préconisée, soit plus de trois mois (en général, plusieurs années), malgré les risques neuro-psychiatriques encourus.

Un problème d’autant plus alarmant en France, pays où la population se hisse sur la première place du podium mondial des consommateurs de somnifères et d’antidépresseurs. Selon les derniers chiffres datant de 2012, c’est 1/6 de la population française qui a déjà consommé au moins une fois des benzodiazépines. Sur ces 11,5 millions, 7 millions ont eu recours à ce type de médicaments pour remédier à l’anxiété et 4,2 pour les troubles du sommeil. Afin de combattre ce fléau, la Haute Autorité de Santé a préconisé une sanction d’ordre financière, à savoir la réduction de 65 % du remboursement des médicaments de la famille des benzodiazépines. Cela dit, pas sûr que cela soit la meilleure façon de pallier cette situation préoccupante.

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Enfin, pour rappel, Alzheimer touche actuellement plus de 18 millions de personnes atteintes aux quatre coins du globe et représente plus de 50 % des syndromes de type démentiel. Compte tenu du vieillissement de la population mondiale, ce chiffre ne devrait que progresser dans les années à venir, accélérant parallèlement la nécessité de trouver un réel traitement à cette maladie, ce qui n’est toujours pas le cas aujourd’hui (les actuels médicaments ne faisant que retarder son développement).

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Cette étude est éloquente et fait froid dans le dos. En tout cas, nous, on félicite ces chercheurs qui travaillent toujours plus pour faire avancer la science en sauvant des vies et on espère qu’un traitement adéquat à ce syndrome sera bientôt mis au point. Les résultats de cette étude vont-ils vous rendre plus vigilant sur votre consommation de médicaments à l’avenir ?

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