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Avec un Schwarzenegger sombre et violent, Conan le Barbare s’impose comme un monument du cinéma fantastique

Parmi les films d’heroic fantasy cultes, on peut citer d’emblée Conan le Barbare, le film de John Milius avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle phare. Sorti en 1982, il est reconnu aujourd’hui comme étant un monument du cinéma. Fort d’un budget conséquent, d’une bande-son sublime et de la performance physique de Schwarzenegger, tout a été réuni pour faire un film d’action fantastique réussi, n’en déplaise à certains. Car on ne peut passer à côté, SooGeek décide de vous parler aujourd’hui de son influence, son histoire et les raisons de son succès.

Conan le Barbare est avant tout un personnage créé par Robert E. Howard qui, au même titre que Tolkien, est considéré comme l’un des pères fondateurs de la fantasy moderne. L’histoire raconte la quête d’un jeune barbare qui cherche à venger la mort de ses parents. Le scénario prend place dans le fictionnel âge hyborien, des milliers d’années avant l’avènement de la civilisation moderne. Le film commence avec la citation de Friedrich Nietzsche, « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ». On découvre les origines de Conan et son histoire présente les éléments suivants : Son père lui révèle le « secret de l’acier » et l’importance de celui-ci pour le peuple cimmérien dont il est issu, lors de la fabrication d’une épée, la famille de Conan est massacrée avec tout son village. C’est ici que l’aventure commence pour notre héros incarné par un Schwarzenegger au top de sa forme à son époque culturiste.

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En 1977, le succès de Star Wars accroît l’intérêt de l’industrie du cinéma pour les films représentant des aventures héroïques dans des mondes de fiction. C’est dans ces conditions que Paramount Pictures offre la possibilité de participer au projet à hauteur de 2 500 000 de dollars à John Milius si un scénariste renommé est engagé. Oliver Stone, qui vient justement de signer le scénario de Midnight Express, est alors attaché au projet. Mais l’homme qui est à l’époque accro à la cocaïne et aux antidépresseurs a écrit le script sous leur influence et il situe l’histoire dans un futur post-apocalyptique et prévoit même une bataille où Conan mène une armée contre une horde de 10 000 mutants. Impossible dans l’état des choses de convaincre des producteurs de débourser 40 millions d’euros (le budget estimé au départ). John Milius va finalement fortement changer le scénario de Stone pour que le projet puisse se faire. Il replace le film durant la protohistoire, étant ainsi libre de créer son propre monde en mélangeant tout ce qui le fascine dans différentes cultures anciennes et particulièrement la mythologie nordique. Il atténue certains éléments (monstres, magie) relevant trop de la fantasy et écarte toute la deuxième moitié du scénario de Stone. Il conserve néanmoins certaines scènes de la première partie du script antérieur, comme l’escalade de la Tour des serpents et la crucifixion de Conan sur « l’arbre du malheur ».

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Pour composer la bande originale, John Milius choisit son ami Basil Poledouris. Engagé avant le début du tournage, Poledouris a l’opportunité de composer la musique en se basant sur les storyboards et de procéder à des modifications pendant le tournage. Le travail sur le film fut sublime, d’ailleurs le critique musical et cinématographique David Morgan explique que la musique du film transmet principalement un sentiment de puissance, d’énergie et de brutalité tout en conservant des moments plus tendres. Le son des hautbois et des instruments à cordes accompagne les moments intimes entre Conan et Valeria, les imprégnant d’un riche côté romantique et d’une intensité émotionnelle puissante. Bref une bande-son à la hauteur du film. Les effets spéciaux n’ont pas à rougir eux aussi, avec par exemple le serpent géant que combat Conan dans la tour créé par Allder pour un coût de 20 000 dollars. Il mesure 11 mètres de long et pour l’époque c’est vraiment stupéfiant. Sans parler des armes et armures, comme l’épée de Conan qui existe en 4 exemplaires et qui coûta 10 000 dollars l’unité.

Du beau travail pour un film d’heroic fantasy digne de ce nom. Que ce soit niveau visuel ou sonore, tout est fait pour retranscrire une atmosphère épique. Malheureusement, on ne retrouvera pas ce savoir-faire et cette grandeur dans la suite en 1984 qui est cette fois considérée par beaucoup comme un véritable navet qui n’aurait jamais dû voir le jour. Tout ceci est bien malheureux alors que l’univers de Conan est riche et queSchwarzenegger était l’homme parfait pour l’incarner. Pensez-vous que Conan le Barbare aurait pu être encore plus grandiose avec le scénario originel d’Oliver Stone ?

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