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Si vous deviez quitter la Terre pour Mars, voici 4 manières atroces dont vous pourriez mourir

Une-mars-homme Mourir sur Mars via Shutterstock

La NASA et d’autres agences spatiales privées pourraient bien vous offrir l’opportunité d’aller sur Mars dans les prochaines années. Mais savez-vous vraiment à quels risques vous vous exposez ? En effet, même en arrivant sain et sauf sur la planète rouge, vous avez plus de chances de mourir que de survivre. SooCurious vous explique pourquoi il vaut mieux pour vous que vous n’embarquiez pas pour Mars.

Aujourd’hui, le rêve de voyager jusqu’à Mars, et même d’y vivre, semble de plus en plus accessible. La NASA compte faire atterrir ses astronautes dès 2030 sur la surface de la planète rouge et même des agences spatiales privées comme SpaceX voudraient y créer leurs propres colonies. Une aventure qui en séduit donc plus d’un mais qui est pourtant bien plus périlleuse qu’on pourrait l’imaginer. En effet, malgré les technologies incroyables que l’on a en notre possession, il faudra une sacrée dose d’ingéniosité, de savoir-faire, et beaucoup de chance pour que la vie habite un jour la planète rouge… Même si vous réussissez le voyage, vous aurez sûrement à vous confronter à des situations mortelles car les technologies nécessaires à la survie des astronautes ne sont pas encore prêtes. SooCurious vous explique comment vous mourrez sur Mars.

Vous vous crasherez pendant l’atterrissage : 

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Après plusieurs mois de voyage éprouvant dans l’espace, vous voyez enfin la Terre promise. Après s’être calé sur son orbite, vous effectuez avec l’équipage les premières manoeuvres pour préparer la descente. Mais le problème c’est que l’atmosphère de Mars est spéciale. Elle ne ressemble pas à ce que vous connaissez sur Terre. L’air y est mince : 100 fois moins dense que notre atmosphère. Avec si peu d’atmosphère, l’atterrissage sera des plus difficiles. Votre vaisseau n’y est quasiment pas ralenti, et la descente est chaotique ! Trop lourd, il descend trop vite, et l’air peu dense n’aide pas à le ralentir.

« Traversez l’atmosphère jusqu’à la surface est un défi critique », explique Bret Drake, directeur adjoint des missions d’exploration de la NASA. « Avec les techniques d’atterrissage actuelles, nous pouvons faire atterrir seulement une tonne sur Mars. Cela ne suffit pas pour une grande colonie, nous aurons besoin de capacités bien plus grandes. » D’après le chercheur, il faudrait un vaisseau entre 20 et 30 tonnes pour contenir l’ensemble des astronautes nécessaires à la mission, les vivres et les objets pour créer en bas un habitat. Pour concilier l’atmosphère martienne et un atterrissage en douceur (ou presque), les scientifiques de la NASA étudient plusieurs pistes comme des décélérateurs supersonics gonflables ou des vaisseaux à faible densité, qui prendraient la forme de soucoupe volante. Des créations qui auraient pour principal but de ralentir la chute dans l’atmosphère de Mars. L’un des prototypes les plus encourageants est le LDSD (Low-Density Supersonic Decelerator) qui réunit toutes ces capacités, et qui est pour l’instant encore en phase de test sur Terre.

 

Vous gèleriez :

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En supposant que finalement, après maintes péripéties, vous finissiez par réussir à atteindre la surface de Mars, les ennuis ne feraient que commencer. Sur Terre, le climat est propice à la vie, mais sur Mars les conditions sont loin d’y être réunies. En effet, sur la planète rouge, les températures sont bien en dessous de vos habitudes, descendant en moyenne à -62 °C. Les températures oscillent selon les heures, les saisons mais aussi selon l’emplacement : pas très différent de notre petite Terre. Détrompez-vous ! Le thermomètre peut aller de 30 °C sur l’équateur à -284 °C vers les pôles. Un froid glacial contre lequel vous devriez être équipé !

Grâce à la Station spatiale internationale (ISS), la NASA a pu étudier au mieux, en conditions réelles, ces variations de température sur les astronautes. En effet, lorsque l’ISS est exposée au soleil, les chaleurs dépassent les 93 °C, puis lorsqu’elle passe du côté de la Terre où il fait nuit, les températures chutent à -93 °C. Les scientifiques ont donc dû repenser leur équipement pour que les astronautes puissent s’adapter à chacune de ces variations. Ainsi, leurs costumes utilisent le contrôle thermique comme la sublimation (pour repousser l’excès de chaleur et protéger contre le froid).

Mais ces systèmes devront de nouveau être repensés pour Mars, car là-bas, le climat est imprévisible. Même fine, l’atmosphère de Mars contient des gaz qui peuvent conduire à surchauffer les costumes, de la même manière que sur Terre le vent nous refroidit. Le ressenti serait alors bien plus intense et insupportable.

« Nous aurions besoin d’une solution qui offre une meilleure isolation pour les environnements froids et une façon différente de rejeter la chaleur pour les environnements chauds », explique Bret Drake. « Une combinaison spatiale dans l’espace est très similaire à un thermos, mais une combinaison spatiale sur Mars ressemble plus à une tasse de café posée sur un comptoir de cuisine – le café refroidit beaucoup plus vite dans la tasse sur le comptoir que dans le thermos. »

 

Vous mourrez de faim :

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Dans l’hypothèse où vous et votre équipage survivriez à l’atterrissage et au climat, reste un enjeu de taille, se nourrir ! Les conditions ne sont pas propices à la vie, on le sait. Il sera donc inenvisageable de faire pousser vos petits légumes dans votre jardin martien. Votre vie là-bas, ressemblerait un peu à la vie des scientifiques dans les postes de recherche de l’Antarctique. Ils doivent tout importer d’autres continents, qu’il s’agisse de la nourriture ou des fournitures. Le problème c’est que Mars reste un tantinet plus éloignée des continents que l’Antarctique. Il vous faudra donc trouver un tout autre moyen de vous nourrir. Pour pouvoir survivre, la colonie doit avoir une certaine autonomie de nourriture, il vous faudra donc des compétences agricoles interplanétaires.

Les scientifiques ont déjà réfléchi à des solutions alternatives pour nourrir l’équipage : le plan Mars One consiste à cultiver des plantes en intérieur, sous un éclairage artificiel. Ainsi 80 mètres carrés seront consacrés à la croissance des plantes dans l’habitat, elles seront nourries grâce à l’eau du sous-sol de Mars ainsi que par le dioxyde de carbone produit par l’équipage (4 personnes prévues).

Cependant, l’analyse menée par des chercheurs du MIT l’an dernier montre que ces chiffres sont bien plus mauvais que prévu. « Quand vous produisez de plus en plus de cultures, nécessaires pour nourrir quatre personnes indéfiniment, le dioxyde de carbone produit par l’équipage est insuffisant pour maintenir les cultures en vie », dit Sydney Do, un ingénieur en aérospatiale au MIT et auteur principal du rapport. « Les cultures meurent très rapidement, dans les 12 à 18 jours », et ajouter plus de gens n’y changerait rien, car la balance continuerait à se déséquilibrer. D’après eux, « la quantité de cultures produites en utilisant simplement le CO2 des gens à bord suffit à nourrir seulement la moitié de l’équipage ».

La solution est donc encore à trouver si vous ne voulez pas mourir de faim une fois sur Mars. Produire moins de nourriture n’arrangerait rien puisque vous finirez forcément par être épuisé à cause de la sous-nutrition. Un vrai enjeu est le dioxyde de carbone insuffisant, il faudrait donc trouver une autre source, celle de Mars. Une technologie devrait pouvoir absorber ce gaz de l’atmosphère martienne mais dès lors un autre problème se poserait : le manque d’oxygène pour l’équipage…

 

Vous étoufferez :

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C’est donc un cheminement logique… qui nous emmène à penser à une ressource indispensable à nos vies : l’oxygène. En effet, sur Mars, les gaz présents dans l’atmosphère rendent l’air irrespirable. Et si vous ne pouvez pas respirer, il faut impérativement trouver une solution pour au moins le faire à l’intérieur de votre habitat. Il est inenvisageable de penser que rapporter des bouteilles et des bouteilles soit une solution, donc comment faire ? La solution se trouverait probablement encore une fois dans les cultures. Celles-ci nous fournissent sur Terre déjà, de l’oxygène. Mais là où nous pourrions voir une solution, les scientifiques ne voient que d’autres problèmes. Selon le rapport de Do, trop d’oxygène dans un environnement fermé peut conduire à un risque accru de toxicité de l’oxygène pour l’équipage, et pire encore, des explosions spontanées. L’oxygène devra donc être évacué de l’endroit où vous vivrez. Les chercheurs veulent donc trouver une méthode adaptée pour séparer l’oxygène à partir du flux de gaz. Sur Terre, quelques méthodes existent déjà, mais ces technologies n’ont malheureusement pas encore été testées dans un environnement martien.

Il reste donc beaucoup de travail puisque comme le fait remarquer le chercheur : les technologies doivent en plus d’être testées dans les conditions, être adaptées à un voyage lointain, être réduites pour économiser de la place indispensable pour d’autres éléments, tout en augmentant leur fiabilité.

La NASA a proposé récemment une toute nouvelle idée : l' »écopoïèse », la création d’un écosystème qui peut soutenir la vie. Leur idée est de sélectionner des organismes de la Terre – comme certaines cyanobactéries – et de les envoyer sur Mars, afin de produire de l’oxygène. « En fin de compte, un biodôme sur Mars qui serait entouré d’oxygène fourni par le biais de systèmes de conversion de bactéries ou d’algues pourrait parsemer la planète rouge, abritant plusieurs équipes », explique un communiqué de la NASA. Cependant, l’agence spatiale n’a pas fourni plus d’information sur la quantité de dioxyde de carbone que les organismes auraient besoin, et si oui ou non ils auraient besoin du dioxyde de carbone produit par les membres de l’équipage.

L’autre solution serait MOXIE, développée par des chercheurs du MIT, qui pourrait rendre obsolète l’oxygène pour les plantes. La machine est capable de prendre le dioxyde de carbone de l’atmosphère de Mars et de le transformer en oxygène et en monoxyde de carbone. Une version à faible échelle de MOXIE fera son chemin vers Mars dans le prochain rover de la NASA, prévu pour un lancement en 2020. Si cela fonctionne, MOXIE pourrait fournir une source renouvelable d’oxygène, sans problème (ou presque).

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Surprenant ! On n’aurait pas pensé que la vie sur Mars serait si périlleuse. On voit bien que les technologies, aussi prometteuses soient-elles, ne sont en réalité pas prêtes à nous faire vivre sur la planète rouge. Malgré tout, à la rédac’, certains n’en démordent pas : ils veulent faire un petit tour sur la planète rouge, à leurs risques et périls ! Et vous, en connaissance de cause, oseriez-vous prendre un vol en partance pour Mars ?

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— Ernest Hemingway

Le monde est un endroit magnifique pour lequel il vaut la peine de se battre.