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Remontez le temps avec Code Quantum, cette série emblématique du début des années 90

Revivre le passé, connaître le futur, changer le cours de l’histoire pour modifier son présent, un rêve des plus communs. Certains l’ont fait en DeLorean, d’autres en TARDIS ou simplement en s’approchant trop près d’un trou noir. À la fin des années 80, nombre d’œuvres ont déjà traité du voyage dans le temps. Certaines restant des références intemporelles, d’autres n’ayant su trouver qu’un public réduit aux plus gros fans du genre. Une série toutefois, Code Quantum, a su toucher tout l’auditoire et SooGeek s’est demandé pourquoi.

 

Code Quantum ou Quantum Leap dans sa version originale, est une série télévisée américaine de science-fiction diffusée dès mars 1989 aux Etats-Unis et qui touchera la France en septembre 1993. Distribuée par NBC, la série a d’abord un succès mitigé et risque de s’éteindre au terme de la première saison. Mais après quelques arrangements elle finit par trouver son audience et la machine est lancée. 97 épisodes répartis sur 5 saisons pour près de 90 heures de show sont finalement produits.

C’est Donald P. Bellisario, son créateur, également connu pour la série Magnum, Supercopter, le JAG ou encore NCIS : Enquêtes spéciales, qui a su mixer les genres pour faire de ce show une série devenue culte. S’inspirant de films comme Le ciel peut attendre (1978), de Warren Beatty et Buck Henry, ou Le défunt récalcitrant (1941), de Alexander Hall, Bellisario réutilise le concept de nouvelle vie dans un corps qui en a déjà une pour créer un show d’anthologie.

Tout a commencé à l’époque où Sam dirigeait une expérience de voyage dans le temps appelée Code Quantum. Lors de cette expérience, une horloge cosmique déréglée le fit passer de l’état de physicien à celui de pilote d’essai. Ce qui aurait pu être amusant s’il avait su piloter. Heureusement il est aidé par Al, son ange gardien. Bref, il se promène à travers le temps, passant de la peau d’un personnage à un autre en essayant de réparer les erreurs du passé. Et il espère chaque fois que son prochain saut dans le temps le ramènera chez lui et lui rendra enfin son vrai visage. Oui, c’était facile, mais voilà presque mot pour mot ce que nous raconte Sam au début de chaque générique.

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Samuel Beckett, notre protagoniste et scientifique de génie, interprété par Scott Bakula, a donc testé sa machine spatio-temporelle et se retrouve pris au piège du temps. S’ensuit près d’une centaine de moments de vie de près d’une centaine d’inconnus incarnés, au sens propre, par notre voyageur errant. Sans autre choix que de rectifier les erreurs du passé, il espère retrouver un jour son corps et son époque. Mais se retrouver à la place d’un inconnu le temps de quelques jours a de quoi vous perdre.

Bien qu’ayant l’apparence de ses incarnations, il ne connaît aucun détail et n’a aucun souvenir de leur vie. Il est donc assisté par l’hologramme de son collègue Albert Calavicci, joué par Dean Stockwell. Al a été placé comme observateur du projet par Ziggy, un super ordinateur hybride du futur, cœur même du projet Code Quantum et détenteur d’informations du passé. Il n’est visible que de Sam. Et des médiums. Et des chiens. Et des enfants en bas âge. Bref, une source de situations grotesques qui apportent du charme à la série.

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Bellisario ayant pour volonté de faire de ce feuilleton une anthologie, aucun lien n’existe entre les épisodes, si ce n’est la scène du corps brillant de Sam, synonyme de saut temporel, signant ainsi la fin de l’épisode en cours, et le début du suivant. Le seul fil rouge réside dans les quelques échanges entre Sam et Al à propos des raisons de sa mission, souvent accordée à une volonté divine. Mais l’intérêt de la série ne réside pas là. Non. Toute la richesse de Code Quantum peut être puisée dans chacun de ses épisodes. En effet, nous avons beau être dans une œuvre de science-fiction, c’est avant tout un commentaire social qui nous est proposé. Le saut temporel n’est qu’un prétexte pour mettre en exergue différentes situations, car vivre la vie d’un autre est sûrement un des meilleurs moyens de générer de l’empathie.

Tour à tour sont donc abordés des sujets comme le rejet des handicapés par la société, la place des femmes dans le monde du travail, le calvaire d’une jeune fille violée par son fiancé, la ségrégation des Noirs ou des homosexuels. Près d’une centaine de situations sont représentées, et Sam devra les comprendre, les assimiler et les vivre pour s’en sortir. Tantôt garde-côte, membre du Ku Klux Klan, charlatan, égyptologue, chanteur de rock, majordome, prêtre, beau, moche, gros, enfant, vieillard, il tire une leçon de chacune de ces vies, et nous livre une morale à chaque épisode.

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Voyager dans le temps est un rêve des plus communs et l’utiliser dans une œuvre pour briser toutes les barrières sociales et nous permettre de balader librement notre point de vue en est une formidable utilisation. Code Quantum n’est certes pas la plus grande des séries de science-fiction mais elle est l’un des recueils de fables contemporaines et accessibles les plus riches de notre temps.