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Des Aztèques à nos jours, découvrez l’incroyable histoire du chocolat à travers les siècles

chocolat-poudre-une Du chocolat en tablette et poudre de cacao via Shutterstock

Le chocolat ! Le mot en lui-même en fait saliver plus d’un. En tablette, en poudre ou liquide, le chocolat c’est délicieux. Pourtant, l’histoire de ce doux mets n’est pas des plus connues et ses bienfaits sont souvent insoupçonnés. DGS vous invite à déguster comme il se doit l’histoire du chocolat, depuis sa découverte jusqu’à nos assiettes. 

Le chocolat, cette gourmandise que l’on connait bien, a des origines lointaines. Le terme en lui-même est mésoaméricain, correspondant au territoire où vivaient les Aztèques, les Tarasques et les Mayas entre autres. Cet aliment est produit à partir de la fève de cacao extraite du cacaoyer qui est un petit arbre à feuilles. Découvrez comment cette délicieuse gourmandise a évolué au cours des siècles…

Le chocolat en Mésoamérique

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Lors de fouilles sur un site de Puerto Escondido au Honduras (Amérique), des archéologues ont trouvé les résidus d’une boisson faite avec le mucilage qui entoure les fèves. Celle-ci servait sûrement à des fins thérapeutiques. L’utilisation la plus ancienne des fèves daterait donc de 1100 à 1400 av. J.-C. Dans la Mésoamérique, les fèves de cacao étaient semble-t-il utilisées comme monnaie d’échange. En 1000 av. J.-C., la civilisation précolombienne utilisait les fèves pour faire du troc, payer des impôts… Chaque civilisation avait son propre système d’échange, un avocat frais coûtait par exemple 100 fèves de cacao chez les Aztèques.

 

Le chocolat chez les Mayas 

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Pour les Mayas, le chocolat a une signification bien particulière. Pour eux, il a été découvert par les dieux. Le livre de la Genèse Maya raconte que Hun Hunaphu fut décapité par les seigneurs de Xibalba, sa tête pendue à un arbre mort qui commença à donner des fruits en forme de calebasse. En effet, dans l’histoire, les Mayas cultivaient les cacaoyers et utilisaient leurs fèves pour faire une boisson chaude, mousseuse, amère et la plupart du temps aromatisée avec des gousses de vanille ou du piment appelée Xocoatl et par la suite servie chez les Aztèques.

De plus dans la culture maya, le chocolat était utilisé tant pour la vie quotidienne que pour des cérémonies. Ils se servaient par exemple du chocolat comme préliminaires au mariage, le cacao était utilisé pour purifier les enfants lors de la cérémonie, et même la tombe des défunts devait contenir du cacao. Des récipients retrouvés dans une tombe maya au Guatemala portaient le caractère maya symbolisant le cacao. Bien sûr, pour les Mayas comme pour de nombreux peuples mésoaméricains, le chocolat a de nombreuses vertus, par exemple pour soigner un rhume ou pour l’estomac.

 

Le chocolat chez les Aztèques

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De la même manière, les Aztèques vouaient un véritable culte au chocolat. Celui-ci était associé à la déesse de la fertilité Xochiquetzal. Ils étaient d’ailleurs persuadés que le Xocoatl, servi froid (à la différence des Mayas), avait des vertus anti-fatigue (ce qui est toujours le cas aujourd’hui). Ils pouvaient associer le cacao ou d’autres boissons et préparations chocolatées à un peu tout : ils pouvaient l’utiliser comme épice, en purée ou en jus. Les fèves de cacao servaient aussi d’antidiarrhéique. Par conséquent, les fèves de cacao servaient de taxe ou de tribut, que les Aztèques récoltaient sur chaque territoire conquis.

 

Le chocolat en Europe

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En 1494, Christophe Colomb revient des Amériques chargé de présents, dont des fèves offertes par les Amérindiens, mais les prenant pour des crottes de chèvre, il s’en débarrasse. En juillet 1502, l’explorateur découvre cette fois la boisson chocolatée qu’il n’apprécie guère. Mais en y ajoutant du miel, du sucre de canne, du musc et de la fleur d’oranger, les colons espagnols sont conquis.

C’est donc seulement à partir du 16e siècle que le cacaoyer se fait connaitre outre-Atlantique, après la conquête des territoires aztèques. Hernan Cortés apporte alors ce doux breuvage en Espagne où il est très apprécié. La boisson reste tout de même assez amère, mais dès que l’on y ajoute de la vanille et du miel, le chocolat devient un mets recherché.

Le chocolat se fait ensuite progressivement connaitre dans le reste de l’Europe. Les Juifs d’Espagne fuyant l’Inquisition apportent avec eux ces douceurs en France. De plus, des entrepreneurs du chocolat s’installent au Pays basque, où est commercialisé ce doux mets.

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Le goût s’adoucit, l’amertume disparait au profit de la douceur apportée par le sucre et le lait. Bien entendu, le chocolat, de part l’impossibilité à être produit en Europe et le coût très cher des importations, est une boisson réservée à une élite telle que la famille royale. De l’autre côté de l’Atlantique, les conquistadors asservissent les Mésoaméricains pour produire le cacao, utilisent de la main-d’oeuvre africaine dans les exploitations… afin d’importer à plus faible coût le chocolat.

Dès 1657, la première chocolaterie ouvre à Londres. Puis en 1689, c’est le médecin Hans Sloane qui développe une boisson lactée et chocolatée utilisée par les apothicaires (précurseurs des pharmaciens d’aujourd’hui) puis vendue aux frères Cadbury. Cette boisson est accueillie avec enthousiasme par bon nombre de personnes, des reines françaises aux médecins, qui en vantent les bienfaits. Le chocolat entre alors à la cour du château de Versailles, servi comme du café ou du thé. La boisson est alors consommée chaude. La marquise de Sévigné dira même dans ses lettres qu’« il vous flatte pour un temps, et puis il vous allume tout d’un coup une fièvre continue ».

Même l’Eglise se demande si le chocolat est un aliment ou une source de plaisir. Le cardinal Francisco Maria Brancaccio tranche très vite : le chocolat est déclaré consommable, même pendant le Carême.

 

Le chocolat dans l’industrie 

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Du chocolat et des graines de cacao via Shutterstock

Pendant plusieurs siècles rien n’évolue dans la façon de faire du chocolat. Pourtant le chocolat est en passe de changer radicalement de tête… Dans les années 1700, tout d’abord, les moulins mécaniques permettent d’extraire le beurre de cacao créant ainsi un chocolat capable de rester dur. Puis avec la révolution industrielle, ceux-ci sont utilisés à plus grande échelle : le chocolat se démocratise. Il prend des formes variées, il est plus accessible, et bien plus apprécié. Les gens peuvent enfin consommer du chocolat un peu partout dans le monde.

En 1780, Joseph Storrs Fry ouvre une manufacture de pâte de chocolat, où il utilise une machine à vapeur pour broyer les fèves de cacao. L’essentiel de sa production est dédiée aux drogueries et pharmacies de la ville. La présence du chocolat dans la médecine n’était pas rare à l’époque, les médecins en faisaient souvent l’apologie et vantaient ses vertus aphrodisiaques et anti-fatigue. Ces boissons chocolatées pharmaceutiques étaient encore plus exotiques que le thé ou le café, car elles venaient d’une civilisation très peu connue, les Aztèques. Les gens étaient donc plus séduits à l’idée d’avoir des médicaments provenant de l’autre bout de l’Atlantique. Le reste de la production de l’entreprise Fry est vendu aux confiseurs, aux gérants de « chocolate house » et à des cuisiniers réputés.

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C’est au début du 19e siècle que les premières fabriques de chocolat voient le jour en Europe, celles-ci formeront pour la plupart les futurs grands noms de l’industrie chocolatière. Dès lors, le chocolat est bien plus apprécié pour son goût que pour ses qualités médicinales. Les manufactures ouvrent principalement en France, en Suisse et aux Pays-Bas, Cadbury quant à lui ouvre en Angleterre. Tous ces fabricants diversifient leurs productions avec des confiseries et des gâteaux qui changent de la simple pâte de chocolat de base.

Ainsi le premier chocolat noir à croquer est créé en 1821, et en 1828 on voit apparaître la poudre de cacao… En plus d’être de plus en plus bon, le chocolat est de moins en moins cher grâce à la mécanisation. En 1836, la tablette de chocolat, plaquette composée de six barres semi-cylindriques enveloppées du célèbre papier jaune, est créée par le Français Antoine Brutus Menier. Successivement, des créations plus inventives les unes que les autres font leur apparition telles que le chocolat au lait ou un nouveau procédé pour fabriquer du chocolat fondant. Sur le devant de la scène se retrouvent alors les entreprises Nestlé, Mars, Nuts, Milka ou Toblerone : des industries chocolatières qui perdurent aujourd’hui encore.

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Miam ! Le chocolat en a fait du voyage avant de venir s’installer un peu partout dans nos repas. Des dieux aux remèdes de pharmaciens, cette gourmandise a toujours connu un grand succès. A la rédaction, on aime le chocolat sous toutes ses formes : dans un gâteau, en barres ou en fondue, on craque ! Laquelle de ces petites anecdotes ne connaissiez-vous pas sur le chocolat ?

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