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Chaînon manquant de l’évolution, une nouvelle forme de vie vient d’être découverte dans l’Arctique

Le chaînon manquant entre les cellules eucaryotes et procaryotes vient sûrement d’être découvert. En effet, une équipe de scientifiques européens a trouvé une nouvelle forme de vie possédant une structure génétique inconnue, ne correspondant à aucune des classifications établies jusque-là. SooCurious vous en dit plus sur cette découverte incroyable.

Tout ce qui vit sur terre est classé en deux grandes catégories : les eucaryotes et les procaryotes. Les organismes dont la structure cellulaire comporte un noyau sont appelés eucaryotes. Cette catégorie comprend les animaux, les végétaux et les champignons. Tout le reste compose l’autre catégorie, celle des procaryotes, des organismes ne disposant pas de noyau dans leur structure cellulaire comme les bactéries ou les archées (un groupe de microbes). Le fossé entre ces deux groupes est vaste mais la théorie admise par les scientifiques est que les eucaryotes sont le résultat d’une évolution à partir d’un ancêtre procaryote. Ils auraient donc une origine commune. Selon les scientifiques les premiers procaryotes étaient présents ils y a plus de quatre milliards d’années. Mais l’évolution qui a mené à cette dissociation entre cellules eucaryotes et procaryotes reste obscure. Grâce à la découverte de cet organisme et de sa structure, les scientifiques pourraient être capables de combler cette lacune.

Un micro-organisme que les scientifiques ont nommé Lokiarchaeota

Cellule-eucaryote-et-procaryote

Ce groupe de dix chercheurs suédois, norvégiens et autrichiens dirigés par Thijs J. G. Ettema, a souhaité baptiser sa découverte Lokiarchaeota en hommage à la célèbre fissure géothermique située entre le Groenland et la Norvège : Loki’s Castle.
La différence entre les procaryotes et les eucaryotes ne se limite pas à la présence ou non d’un noyau, mais aussi au fait que les cellules eucaryotes possèdent des mitochondries : centrales énergétiques dont le rôle est de récupérer l’énergie fournie par les molécules organiques indispensables à la vie de la structure des cellules eucaryotes. La théorie majoritairement répandue est que ces mitochondries étaient à l’origine des bactéries qui se sont progressivement incorporées dans les cellules eucaryotes. Une colonisation symbiotique à une échelle microscopique.

Ce que les scientifiques ont découvert c’est que le patrimoine génétique de Lokiarchaeota contient des gènes qui codent les protéines que l’on ne retrouve que dans les organismes eucaryotes, comme par exemple les protéines du « cytosquelette ». De plus cet organisme ne possède pas de mitochondries, ce qui ne permet pas de les inclure chez les eucaryotes. « Ainsi donc les archées et les eucaryotes sont des groupes cousins, partageant un ancêtre commun », explique aujourd’hui Thijs J. G. Ettema. La radiographie génétique de cette découverte est riche d’enseignement, elle laisse penser aux chercheurs que l’ancêtre commun existant il y a environ deux milliards d’années disposait d’un « kit génétique de démarrage » assez riche pour assurer la complexité des codes des cellules eucaryotes et procaryotes.

Une découverte faite dans des conditions physiques extrêmes

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La découverte a eu lieu dans les sédiments marins de l’Arctique, à proximité immédiate de cette fenêtre sur les entrailles de la Terre, dans des conditions climatiques et physiques extrêmes. Les rares organismes qui vivent dans ce milieu hostile doivent trouver des stratégies de survie sophistiquées et se développent par conséquent à une vitesse très lente. C’est le cas de ce micro-organisme, mais du fait de ces caractéristiques il est très difficile à étudier.

Certains des micro-organismes marins découverts dans les mêmes sédiments se divisent qu’une fois par décennie, ce qui n’est pas très compatible avec des recherches menées en laboratoire. Les biologiste ne comptent pas s’arrêter là, ils partent désormais à la quête d’un autre organisme semblable à Lokiarchaeota dans d’autres endroits sur la planète comme par exemple dans les sources chaudes du parc de Yellowstone, ou dans certains sites de la Nouvelle-Zélande. « Nous pourrons peut-être trouver des micro-organismes semblables qui ont une ascendance plus récente avec les eucaryotes, tenter de reconstruire leurs génomes et trouver des pièces supplémentaires au puzzle complexe de la vie et de son origine », explique Thijs J. G. Ettema.

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Ce groupe de scientifiques pourrait bien avoir découvert le pont qui relie les organismes procaryotes aux eucaryotes. Un exploit qui permettrait de fournir la pièce manquante à l’édifice de la biologie contemporaine. A la rédaction, nous sommes ravis de cette découverte qui fournira sûrement de nombreuses réponses sur le développement de la vie sur terre. Et vous, pensez-vous que les scientifiques pourraient un jour trouver d’autres formes de vie inconnues sur Terre ou qu’ils ont déjà tout découvert ?

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