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Pour éviter les interventions risquées, cet implant récolte des données dans le cerveau avant de s’y dissoudre

Organe le plus complexe et important du corps humain, le cerveau est particulièrement difficile d’étude. Mais un nouveau type de dispositif voit le jour : une puce qui transmet des informations en temps réel et se dissout au bout de quelque temps. SooCurious vous présente cette innovation qui pourrait révolutionner la médecine.

Après une opération chirurgicale du cerveau ou un accident impliquant des lésions cérébrales, les médecins se doivent de suivre l’évolution du précieux organe. Pour ce faire, ils ont d’ores et déjà la possibilité d’en étudier les constantes, mais les capteurs utilisés sont particulièrement invasifs et impliquent notamment d’être reliés par des câbles qui limitent les déplacements du patient et augmentent le risque d’infection. Ils doivent aussi être finalement retirés, ce qui passe par une ultime opération chirurgicale, très peu indiquée chez un patient déjà fragilisé par un accident cérébral ou une opération.

 

Actuellement, étudier le cerveau après une lésion est particulièrement invasif : 

Cerveau-shutterstock Des capteurs cérébraux via Shutterstock

Grâce à des décennies de recherche en micro-composants et aux avancées médicales, une équipe de l’université de l’Illinois, aux Etats-Unis, a peut-être trouvé le capteur cérébral de demain. John Rogers, ingénieur en chef du projet, a élaboré avec son équipe un dispositif miniature de quelques millimètres de long, plus petit qu’un grain de riz. L’appareil est fait d’un minuscule circuit de silicium et entouré d’un polymère biodégradable déjà utilisé en médecine, le poly(lactic-co-glycolic acid), qui permet au cerveau de l’éliminer sans intervention supplémentaire.

Composée de capteurs biodégradables en silicone qui réagissent à la pression électrique, la puce est connectée à des fibres extrêmement fines (4 à 10 fois plus fines qu’un cheveu), elles-mêmes reliées à un émetteur radio de quelques millimètres de diamètre. Celui-ci, situé à la surface du crâne du patient, envoie les données recueillies par la puce à un ordinateur qui interprète les données.

 

L’implant développé par John Rogers et son équipe : 

Implantcerveau

Déjà testé avec succès sur des rats, le dispositif collecte des données pendant une semaine environ avant que sa dégradation n’entame trop les composants. Durant ce laps de temps, les médecins connaissent ainsi les variations de la pression et de la température du cerveau du sujet. Au bout d’approximativement trois mois, l’organisme a totalement digéré les matériaux utilisés.

La puce éphémère, qui peut analyser différentes variables du cerveau, comme le pH ou la présence de biomolécules spécifiques, pourrait aider au suivi de certains patients, comme les diabétiques, et améliorer ainsi leur mode de vie. Avant cela, elle devra cependant être testée sur d’autres animaux que les rats, puis montrer ses effets sur le cerveau humain.

 

John Rogers, de l’université de l’Illinois : 

JohnRogers

Loin d’être encore testable sur l’Homme, cette puce incroyable devrait très certainement révolutionner la médecine, et plus largement, la science, au cours de la décennie à venir. Elle est aussi une parfaite illustration du perfectionnement des moyens humains en matière de technologie, qui accroit elle-même notre connaissance du corps humain.

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