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Attention aux antidépresseurs : un seul comprimé impacte votre cerveau à vie

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Notre société qui nous rend dépressif oblige parfois certaines personnes à se tourner vers des solutions médicalisées. Ces antidépresseurs censés empêcher la déprime et le stress ont des effets secondaires assez mal connus. Aujourd’hui, une étude a conclu que le fait d’en prendre une fois pouvait causer des dommages irréversibles sur le cerveau. Un constat alarmant que DGS vous explique en détail.

L’équipe de scientifiques qui a mené ces recherches a administré un antidépresseur en pilule à des volontaires afin d’étudier les impacts sur leur cerveau. Ce médicament (le Lexapro dans ce cas précis) est chargé de recapturer la sérotonine, un agent neurologique qui a plusieurs fonctions, notamment celle d’agir sur l’humeur. Certains antidépresseurs fonctionnent en tentant de pallier le déficit de sérotonine dont souffrent les personnes dépressives. On les appelle les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Au sein de ce groupe de médicaments, on trouve également le Prozac.

Les chercheurs ont donc fait passer un scanner aux patients dans le but d’observer les changements éventuels. Il y en a effectivement eu, et ce dans un laps de temps de 3h, ce qui s’est révélé très surprenant. « Nous ne nous attendions pas à ce qu’un ISRS ait un effet si important en un temps si court ni que le signal résultant englobe le cerveau en entier », a expliqué Julia Sacher, qui travaille à l’Institut Max Planck des sciences du cerveau et de compréhension cognitive. Jusqu’à aujourd’hui, il était admis que les effets dus aux antidépresseurs sur le cerveau n’étaient notables que bien plus tard.

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22 patients en bonne santé ont été recrutés pour répondre aux interrogations des scientifiques. Ils se sont laissés aller à rêvasser pendant un quart d’heure alors qu’un scanner enregistrait leurs données sur le flux sanguin dans l’encéphale. L’appareil a modélisé en 3D les images du cerveau de chaque patient et les chercheurs les ont utilisées pour mesurer leurs résultats. Ils ont comparé le nombre de connexions entre les volumes élémentaires (les voxels). Conclusion : une seule dose d’ISRS a réduit le niveau global de ces connexions dans le réseau cérébral. Dans deux endroits spécifiques (le cervelet et le thalamus), la connectivité a pourtant augmenté.

Une seule dose de médicaments contre la dépression serait donc suffisante pour modifier l’architecture du cerveau. Ce sont par conséquent des traitements à prendre avec une énorme précaution, bien plus que ce qui est fait actuellement. Cette étude a pour but d’améliorer les thérapies existantes qui impliquent la prescription d’antidépresseurs. Elle pourrait aider à mieux prévoir quel individu pourrait profiter de ce type de médicaments et ceux qui gagneraient à suivre un autre traitement. A plus long terme, ces travaux visent à mettre en place une prescription plus adaptée en ce qui concerne les thérapies des patients sujets à la dépression.

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Le résultat de cette étude est édifiant ! Nous n’aurions jamais pensé que notre cerveau puisse être abîmé par la simple prise d’un seul antidépresseur. Espérons que maintenant, des traitements moins dangereux soient prescrits aux patients qui en ont besoin. Nous savons que ce n’est pas une période facile à vivre lorsque l’on est dépressif. Désormais, nous y réfléchirons à deux fois avant de prendre un médicament pour lutter contre la déprime. Pensez-vous qu’il soit possible de combattre efficacement la dépression sans passer par un traitement médicamenteux ?

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— @DailyGeekShow

Avant d’être une femme politique, Angela Merkel était physicienne et chimiste