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La Norvège construit un nouveau bunker pour préserver l’empreinte de l’humanité en cas d’apocalypse

Quelque part entre la Norvège et le pôle Nord, un bunker destiné à préserver les données importantes de l’humanité a ouvert récemment. Il est situé à proximité du Global Seed Vault, chargé d’assurer la sécurité alimentaire pour les générations à venir. Catastrophe naturelle, crash informatique et même apocalypse, le World Arctic Archive utilise le stockage analogique pour protéger la culture humaine contre tous les fléaux.

 

Un première bunker rempli de graines

Le Global seed Vault a vocation à protéger les graines qui forment la base de l’alimentation humaine des éventuels catastrophes naturelles et déchainements climatiques. Il entretient ainsi un système de sécurité alimentaire qui permettrait de relancer les cultures pour nourrir la planète si une telle tragédie venait à se produire.

Depuis 2015, plus de 900 000 types de graines issues des quatre coins du monde (Inde, Maroc, Etats-Unis, Biélorussie, Royaume-Uni…) ont été transférées dans le bunker polaire. Ce dernier a déjà fait la preuve de son utilité après avoir envoyé des échantillons de blé et d’orge à une banque génétique d’Alep dévastée par le conflit syrien.

Credit : Frode Ramone, Wikimedia Commons

 

Un nouvelle section chargée de conserver des données fondamentales

Situé au coeur du désert polaire de l’archipel norvégien de Svalbard, le World Arctic Archive a été construit sur une ancienne mine de charbon, fermée suite à la construction du Global Seed Vault. Les pays du monde entier sont invités à y envoyer leurs données les plus fondamentales afin de préserver leur culture en cas de cataclysme, ou simplement sauvegarder des informations importantes si un crash informatique de grande envergure survenait.

Géré par la société norvégienne Piql, le World Arctic Archive conserve les données grâce à un système de stockage analogique, une technique beaucoup plus sûre que le stockage digital, explique la compagnie. Tous les États peuvent télécharger leurs contenus audiovisuels et numériques sur les serveurs de Piql. Ils seront ensuite placés dans une boîte sécurisée à l’intérieur du bunker. Les données seront disponibles en ligne tant qu’internet fonctionnera.

Credit : Sprok, Wikimedia Commons

 

Une technologie pérenne à l’épreuve de tout

Le stockage se présente ici sous forme de films analogiques photosensibles composés de plusieurs couches. Une fois les données numériques des États transformées et sauvegardées sur ce support, elles peuvent être préservées sur une période de 500 à 1 000 ans. D’après Katrine Loen Thomsen qui travaille pour Piql, c’est un peu comme convertir les informations en QR codes qui sont ensuite placés sur le film.

Le film analogique est conçu pour résister à l’usure et pourrait bien détrôner le numérique à l’avenir dans la sauvegarde des données. Le stockage analogique met les données à l’abri sous haute sécurité et sur le long terme. Surtout, il permet de traduire et de comprendre les données sans système d’exploitation ni codec, ce qui constitue une garantie de taille dans un monde connecté où les données numériques peuvent être perdues, piratées et où la possibilité d’un black-out informatique n’est pas à exclure.

Credit : Autopilot, Wikimedia Commons

 

Un premier usage à court terme

Au-delà des catastrophes naturelles et informatiques, les États peuvent utiliser le stockage analogique du World Arctic Archive pour mettre des données confidentielles en sécurité.

Le Mexique et le Brésil ont déjà confié des documents de haute importance (Constitution brésilienne, archives datant de la période Inca) à la société Piql pour préserver leurs données dans le bunker au milieu du désert polaire.

Qui sait, si un drame survenait, peut-être que le Global Seed Vault et le World Artic Archive permettraient d’établir les prémisses d’un nouveau monde.

Credit : Landbruks- og matdepartemen, Flickr

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