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Chassez l’ennui avec Bored to Death, la série humouristique d’HBO inspirée des films noirs

Décidément, HBO regorge de petits bijoux télévisuels. Cachés derrière le Goliath Game of Thrones, des petites créations bien plus modestes se révèlent remarquables sur les cases horaires de la chaîne. C’est le cas de Bored to Death, une série à la croisée des genres diffusée en 2011. Mêlant poésie, humour et drame, elle nous entraine dans le monde étonnant de son héros sans jamais nous lasser. Lumière sur cette petite pépite du petit écran.


Bienvenue à Brooklyn. Oubliez la vision réaliste exposée dans les reportages et retrouvez l’idée que l’on se fait de ce quartier en étudiant films et romans de détectives. C’est dans cet univers un brin cliché que vit Jonathan Ames, un écrivain dans la trentaine en panne d’inspiration. La peur de la page blanche est, pour lui, devenue un quotidien malgré les quelques coups de pouce qu’il aime à se donner (vin, bière et marijuana) Ames ne voit pas le bout du tunnel.

Fatigué de son quotidien monotone, il va se lancer dans une toute nouvelle aventure, inventée de toutes pièces. Dans cette nouvelle vie, Jonathan Ames est détective et se mêle de ce qui ne le regarde pas à l’image des héros de ses auteurs préférés. S’inspirant des créations de Raymond Chandler, il tente de se transformer en l’alter ego vivant du personnage de Philip Marlowe.

Ce n’est pas la première fois qu’un écrivain devient détective dans une œuvre de fiction mais c’est certainement la première fois qu’un homme empoté, si peu charismatique et perdu cherche le bonheur dans un cliché de film noir. En effet, loin de se contenter de mener l’enquête, Ames s’essaie à tous les éléments qui caractérisaient un détective dans les années 50 : c’est le regard au loin et dans un imperméable sombre qu’il se promène dans les ruelles de sa ville pour se donner un genre et c’est aussi pour les mêmes raisons que ce non-fumeur s’allume une cigarette à la lumière d’un lampadaire avant de connaître la plus grosse quinte de toux de sa vie.
bored-to-deathUn peu loser mais toujours touchant, le personnage est fui de tous petit à petit. Seuls restent ses amis, dont on ne comprend pas la présence ou les points communs, toujours prêts à l’encourager dans ses délires. Ces derniers, au nombre de deux, sont aussi étranges que naturels : entre rêve d’enfant et vie d’adulte, Ray Hueston (Zach Galifianakis) tente de mêler sa vie d’auteur de comic books avec celle de papa et Georges Christopher (Ted Danson) essaie simplement de profiter au mieux de sa fortune, sans vieillir si possible.

Bored to Death, c’est avant tout une création indépendante : on y retrouve quelques-unes des plus grandes figures du cinéma indé, catapultées sur le petit écrans et emmenant avec elles l’univers si spécial de cette sphère artistique. La série regorge d’éléments propres au genre à commencer par son héros, Jason Schwartzman, petit chouchou de Wes Anderson aussi apparu dans Scott Pilgrim et H2G2 : Le Guide du voyageur galactique. A lui seul, il incarne aussi bien le héros que l’ambiance de la série : intellectuel assumé et nonchalant, il tente de rester jeune le plus longtemps possible, un rôle qui lui va à merveille.
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Derrière cette série touchante de trois saisons, on retrouve Jonathan Ames, un écrivain américain, créateur de Blunt Talk, qui saura satisfaire les fans de Woody Allen grâce à une réalisation soignée et un concept très simple, celui de l’ennui. La série fut, dès ses premiers épisodes, applaudie mais 3 saisons suffirent à essouffler l’audience et les idées, conduisant la création a être annulée par HBO au profit d’autres séries, dont Veep.

Bored to Death fait partie de ces séries qu’on qualifie d’OVNI du petit écran. Entre cinéma indépendant et comédie hilarante, cette création d’HBO a de quoi surprendre et charmer dès le premier épisode. Nous ne saurions que trop vous conseiller d’y jeter un œil tant son casting et la chaîne qui l’accueille sont gage de qualité. A voir absolument !

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