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La méta-analyse de 63 études révèle de fortes différences intellectuelles entre croyants et athées

Parue dans Personality and Social Psychological Review en 2013, une vaste méta-analyse reprenant 63 études vient de montrer qu’intelligence et croyance religieuse seraient corrélées négativement.

Une « sagesse » éloignée des dieux dès l’Antiquité

Dans Bellérophon, d’Euripide, le héros s’exclame : « On affirme que dans le ciel il y a des dieux ! Il n’y en a pas, non, il n’y en a pas. Cessez de répéter sottement cette vieillerie. Ne me croyez pas sur parole, voyez de vos propres yeux. Je prétends, moi, que les tyrans font périr les Hommes par milliers, qu’ils les dépouillent de leurs biens, qu’au mépris de la foi jurée, ils détruisent les cités et que, malgré cela, ils sont plus heureux que ceux qui adorent chaque jour tranquillement les immortels ».

Dès l’Antiquité, les croyants passent donc déjà pour désuets, et notre héros pourrait très bien répéter cette réplique de nos jours.

Une étude qui regroupe 63 études préalables

Aujourd’hui, la science s’en mêle et une méta-analyse intitulée The Relation Between Intelligence and Religiosity réalisée par les chercheurs Miron Zuckerman, Jordan Silberman et Judith A. Hall s’est penchée sur 63 études pour déterminer comment intelligence et croyances religieuses étaient corrélées.

En 1998 dans Nature, un article soulignait déjà que seuls 7 % des membres de l’académie des Sciences croyaient en Dieu. Edward Dutton, chercheur à l’institut de Recherche sociale d’Ulster (Royaume-Uni), et Dimitri van der Linden, du département de psychologie de l’université de Rotterdam (Pays-Bas), veulent comprendre pourquoi. Bien sûr, on pense immédiatement que l’existence de Dieu ne pouvant être prouvée scientifiquement, il est plus rationnel d’être athée. Pourtant, ce n’est pas l’explication retenue par les chercheurs.

Dépasser l’instinct religieux par l’intelligence

Les chercheurs répondent à leur problématique dans une étude en liant religion et instinct. La religion ferait partie de l’évolution et compterait donc parmi les instincts de l’homme, tout comme celui qui lui permet de survivre dans la savane africaine, selon le psychologue Satoshi Kanazawa, de la London School of Economics. Ainsi, tout comme l’intelligence permettrait de surmonter des problèmes rares dans la savane que l’instinct ne suffit pas à gérer, elle permettrait aussi de dépasser l’instinct religieux.

Edward Dutton et Dimitri van der Linder définissent ainsi l’intelligence, mesurée en QI : « L’intelligence — dans la résolution rationnelle des problèmes — peut être comprise comme le fait de surmonter son instinct, d’être intellectuellement curieux et donc ouvert à des possibilités non instinctives ». Dans la même optique, l’intelligence permettrait de dépasser son stress : « Si la religion est en effet un domaine évolué (un instinct), alors elle sera augmentée dans des moments de stress, quand les gens sont enclins à agir instinctivement. L’intelligence nous permet de faire une pause et de raisonner à travers la situation et les conséquences possibles de nos actions ».

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